Action politique en Suisse

09 octobre 2019 15:28; Act: 09.10.2019 16:52 Print

«Une femme aurait pu être violée ici»

Des affiches, des rubans de signalisation et même des marquages de cadavres au sol, se multiplient en Suisse. Leur but? Sensibiliser à la violence faite aux femmes.

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Dans une zone piétonne à Genève, une bande rouge et blanche empêche les gens de traverser. A Delémont, dans le Jura, la silhouette d'une personne a été dessinée à la craie sur le sol. La «scène de crime» est également marquée avec du ruban adhésif. A Liestal (Bâle-Campagne), une pancarte trône sur un poteau et informe les habitants qu'une affaire criminelle fictive a eu lieu sur place: «Une femme aurait pu être battue, harcelée sexuellement ou violée ici hier soir. Il ne s'est rien passé. Mais de tels cas sont une triste réalité.»

L'initiative a été imaginée par les jeunes socialistes suisses. Dans un communiqué, le groupe explique qu'il souhaite «attirer l'attention sur les actes de violence à l'égard des femmes» en les portant sur la place publique, alors qu'ils ont la plupart du temps lieu dans la sphère privée, ce qui les rend invisibles. Selon eux, les violences sexistes sont largement minimisées en Suisse et ailleurs.

Action décentralisée dans dix cantons

Le parti a choisi plusieurs cantons pour y placer pancartes ou scènes de crime fictives, dont Genève et le Jura. «C'est une très bonne mesure qui attire l'attention sur un sujet et des chiffres qui, autrement, seraient étouffés», résume Jasmine Bosshard, vice-présidente des Jeunes Socialistes à Bâle. «Toutes les trois semaines, une femme meurt en Suisse des suites de la violence de son partenaire ou de son ex-partenaire. Alors qu'une femme sur cinq a, en Suisse, subi des violences sexuelles dans sa vie.»

(jd/vsm)