Consommation

16 juin 2011 11:38; Act: 16.06.2011 11:48 Print

Étiqueter les denrées avec des couleurs

Une conseillère nationale thurgovienne exige que les denrées alimentaires soient dotées d’étiquettes en fonction de leur propension à rendre les consommateurs obèses.

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Trop de sucre? Trop de sel? Des étiquettes apposées aux aliments devraient directement répondre à ces questions des consommateurs dans les grandes surfaces, selon Edith Graf-Litscher. (Photo: Keystone)

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S’inspirant des couleurs des feux de la circulation, Edith Graf-Litscher, une conseillère nationale socialiste du canton de Thurgovie, vient de déposer une motion dans laquelle elle propose un système simple pour informer le consommateur du contenu en seul et en sucre d’un aliment. «Voilà une belle occasion pour la Suisse de faire œuvre de pionnière avant de reprendre telles quelles les directives européennes», remarque la Thurgovienne dans le «Tages-Anzeiger».

Edith Graf-Litscher avait fait une proposition similaire il y a trois ans et avait déjà évoqué la possibilité d’utiliser ces trois couleurs, mais d’une manière plus contraignante, ce qui avait provoqué la résistance des milieux économiques concernés. «Aujourd’hui, je suis plus coulante», admet-t-elle. «Ce qui m’importe c’est que le système soit eurocompatible et que le consommateur en profite», admet-elle.

Les réactions des milieux de la santé approuvent généralement cette idée mais avec des nuances. «Nous saluons toute les tentatives de ce genre. Catégoriser un produit en fonction de son contenu en sucre et en sel ne nous apprend pas grand-chose sur les qualités intrinsèques de l’aliment en question», estime Esther Infanger de la société suisse de nutrition. Infanger préfèrerait un label destiné uniquement aux denrées alimentaires particulièrement saines. Quant à Heinrich von Grüningen de la fondation Adipositas, il approuve la proposition d’Edith Graf-Litscher dans ses grandes lignes. Il relève cependant les dérives suivantes: «Aux Etats-Unis, le fast-food est étiqueté en fonction des calories. Résultat: ce sont avant tout des consommateurs des couches très modestes de la société qui achètent ces produits car ils pensent profiter à bas coût d’aliments riches en calories. C’est absurde».

(rga)