Réforme du deuxième pilier

06 janvier 2020 12:51; Act: 07.01.2020 07:03 Print

Le PDC plaide pour un nouveau compromis

Le président du PDC, Gerhard Pfister, estime que les chances de succès de la réforme du deuxième pilier ne sont «pas très grandes».

storybild

Le président du PDC, Gerhard Pfister, n'est pas très optimiste pour le compromis trouvé dans la réforme du deuxième pilier. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Le compromis des partenaires sociaux pour la réforme du deuxième pilier bat de l'aile. Le président du PDC Gerhard Pfister estime que ses chances ne sont «pas très grandes». Selon le chef du PS Christian Levrat, un échec causerait des dégâts dans d'autres dossiers.

Les deux présidents de partis se sont exprimés sur la réforme de la prévoyance professionnelle lundi lors de la traditionnelle conférence de presse de l'Epiphanie de leur formation. Les syndicats et l'Union patronale avaient élaboré l'an passé une solution qui prévoit une réduction des pensions et diverses mesures compensatoires.

Voix critiques

Cette proposition est actuellement en consultation. L'Union suisse des arts et métiers (usam) s'est dite opposée dès le début et d'autres voix critiques s'y sont jointes depuis. Pour le président du PDC Gerhard Pfister, la solution des syndicats et de l'Union patronale est au moins aussi chère que la réforme des retraites qui a échoué en 2017. Il semble avoir déjà enterré ce compromis avec les partenaires sociaux: «Il appartient maintenant au Parlement, au PDC, de trouver une solution capable de réunir une majorité», a précisé Gerhard Pfister. Mais aucune proposition ne bénéficie actuellement d'un soutien aussi large.

Le président du PS Christian Levrat ne l'entend pas de cette oreille: il s'est dit très préoccupé par le fait que l'économie et les partis s'en prennent aux partenaires sociaux. Jusqu'ici, les forces politiques donnaient leur aval lorsque les partenaires sociaux trouvaient un accord, a-t-il rappelé.

Les décisions du Conseil des Etats sur la rente-pont ont marqué une première rupture avec cette tradition. Lors de la session d'hiver, la Chambre des cantons a nettement réduit le soutien aux chômeurs âgés prévu par le gouvernement. La rente-pont est également une solution élaborée par les partenaires sociaux.

Les partis «jouent avec le feu»

Le même scénario menace maintenant avec la prévoyance professionnelle, a averti Christian Levrat. Un principe de base de la démocratie de concordance est remis en question: «Les partis jouent avec le feu si les compromis ne sont plus soutenus».

Pour le président du PS, les conséquences vont au-delà de la rente-pont et de la prévoyance professionnelle. Actuellement, les partenaires sociaux sont appelés à trouver une solution dans le délicat dossier de l'accord-cadre avec l'UE. Un compromis est toutefois trop leur demander si en même temps on leur tire dans le dos, selon le Fribourgeois. Les partenaires sociaux n'ont alors plus guère envie de se mettre d'accord.

Ce dossier ne bougera de toute manière qu'après la votation sur l'initiative de résiliation de l'UDC. Selon un sondage publié ce week-end, 58% rejetteraient le texte. Il ne faut toutefois pas prendre ce scrutin à la légère, met en garde Christian Levrat: «Ne sous-estimons pas cette initiative!» Dans les sondages, celle sur l'immigration de masse était également rejetée dans un premier temps.

Deux initiatives

Le PDC et le PS se sont également penchés sur la politique de la santé. Selon Gerhard Pfister, le PDC a récolté 115'000 signatures pour son initiative en faveur d'un frein aux coûts de la santé. En décembre, le PS avait annoncé qu'il dispose de 117'000 paraphes pour son initiative pour plafonner les primes de l'assurance maladie.

Les deux textes offrent l'occasion de mener un débat public sur les coûts de la santé, estime Christian Levrat, qui ne croit pas que le Parlement trouve une solution à ces problèmes. L'influence des caisses maladie est trop forte.

Durant le week-end, Gerhard Pfister a par ailleurs annoncé dans la presse une nouvelle initiative pour abolir la pénalisation fiscale du mariage.

Contrairement à l'initiative précédente, celle-ci ne devrait pas contenir de définition du mariage. «Le peuple doit pouvoir s'exprimer encore une fois sur la préoccupation principale, l'abolition de la pénalité que représente le mariage au plan fiscal», a déclaré Gerhard Pfister. La nouvelle initiative devrait être lancée vers la fin de 2020.

Décisions de principe

Auparavant, la direction du parti veut élaborer une nouvelle stratégie. Le PDC n'a pas remporté les élections, il est seulement le parti gouvernemental qui y a le moins laissé de plumes, a rappelé Gerhard Pfister.

«Nous avons besoin de réformes», a-t-il ajouté. Cela comprend, entre autres, la discussion sur le «C» dans le nom du parti. Une analyse est en cours pour déterminer si et dans quelle mesure le PDC doit se détacher de ses racines catholiques.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Mendrisiotto le 06.01.2020 17:43 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ??????????

    Pas de compromis, ce 2 eme pilier n'appartient pas à l'état, mais aux citoyens qui ont payé en temps et en heure chaque mois pour leur futur,

  • Père Spikace le 06.01.2020 15:38 Report dénoncer ce commentaire

    Le contrat n'a pas été respecté

    II ème Pilier: beaucoup de promesses de l'époque de son introduction ne sont pas tenues en ce qui concerne les rentes. De plus, il rend les seniors, et pré-séniors aussi, trop chers sur le marché de l'emploi.

  • guizo le 06.01.2020 13:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il est où le fric?

    Selon les analystes d'UBS, la Banque nationale suisse (BNS) devrait avoir dégagé un bénéfice net de 50 milliards de francs en 2019.

Les derniers commentaires

  • joel le 07.01.2020 14:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ras le bol

    un conseil a tous, prenez votre 2 pilier et cassez-vous à l'étranger pour toujours , y'en n'a marre de ce pays.

  • Gerd Matlisberger le 07.01.2020 14:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    NON AUX ASSUREURS PRIVÉS

    Attention : ce deuxième pilier est obligatoire et imposé aux travailleurs depuis 1985 pour garantir entre 60 et 55% de leur rémunération avant la retraite. Où a passé ce fric ? Dans quels placements à risques ? Qui s'est enrichi sur le dos des employés ? Finalement, il n'y a aucun contrôle ! semblerait même que la situation soit très saine contrairement aux nouvelles alarmistes. NON, le problème est comme dans l'assurance maladie de base, ne jamais laisser aux assureurs privés le droit de gérer des dossiers relevant du domaine social. Tout est là et la Suisse au niveau coupeur rentes, non transparent et néoliberal est un clairement un des pires pays de la planète sous ces faux airs d'eldorado ! NON AUX ASSUREURS PRIVÉS DANS LE SOCIAL !

    • Pas de spéculation avec les retraites le 07.01.2020 17:26 Report dénoncer ce commentaire

      Vous rejeter ainsi tout le principe !

      Le 2ème pilier est fondé sur une base sur laquelle chaque entreprise du privé choisit la forme. Pour les grandes entreprises ou publique, une fondation propre qui devient ainsi propre assureur pour ses adhérents. Elle se réassure ou pas pour certains risques. Les petites ou moyennes entreprises qui n'ont pas de fondation propre adhèrent à une communautaire, qui peut aussi assurer elle même certains risque ou pas. Il n'existe pas d'adhésion directe à une assurance privée. Vos affirmations but recherché non garanti 50-60% du revenu. L'argent de la capitalisation est comptabilisé par la fondation

  • Liberté de parole le 07.01.2020 13:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Flash Back

    Puisque vous n'ouvrez pas les commentaires sur l'attaque terroriste au couteau en Allemagne, je me permets de prendre le clavier pour crier mon compréhension à ce sujet. l'Allemagne, c'est la méthode couée. Même en cas d'attaque terroriste avérée, ce n'est pas une attaque terroriste pour les autorités. C'est la même méthode que S. Sommaruga. De la désinformation et ma manipulation de la masse populaire pure et dure. Inacceptable tellement visible !

    • Oui pour tous le 07.01.2020 13:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Liberté de parole

      Il y a plusieurs articles fermés aux commentaires, dont un hier, concernant le canton de Vaud. D'habitude quand ça concerne ce canton et ses autorités de gauche... ce média ouvre les forums, non ?

    • Mendrisiotto le 07.01.2020 14:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Liberté de parole

      La méthode Couais, je vais bien tout va bien, je vais bien tout va bien, C'est ça ??????

    • Mayco le 07.01.2020 20:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Mendrisiotto

      Non, vous n'allez vraiment pas bien, mais on s'y habitue ...

    • Coua le 07.01.2020 20:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Mendrisiotto

      La méthode du Dr Couet..

  • Âne Rhylle le 07.01.2020 09:44 Report dénoncer ce commentaire

    Pour pme et indépendants

    Ce ne sont pas des compromis, des résolutions etc, qui vont améliorer quoique ce soit. Vu cette obligation de l'état et ce qui se passe dans la réalité, on voit bien la méconnaissance et les abus de toutes parts pour en faire un système vache à lait qui ne défend pas la personne qui a droit à sa retraite. Il suffit de soulever le problème des intérêts négatifs, des appartements à acheter, les interdits d'investissements et des mouvements monétaires, etc, qui empêche une rémunération augmentée des avoirs que l'on est obligé de payer. Un système concurrentiel serait le bienvenu venu.

    • Daniel Luder le 07.01.2020 18:14 Report dénoncer ce commentaire

      C'est bien une ânerie de dire que l'on

      pourrait donner plus d'intérêts, que l'on devrait favoriser l'achat d'appartement que l'on devra revendre à la retraite pour insuffisance de rente vieillesse ! Le système est concurrentiel, chaque entreprise choisit sa fondation, où il y a des représentants paritaires d'employés dans les conseils de fondations. Adressez vous à eux, ce sont eux qui décident du taux crédité et des placements de la fondation. Et si vous avez une boule de cristal faites vous élire au conseil de fondation et comme personne responsable spéculez avec l'argent des autres. Vous serez gratifié au prochain crash boursier

  • Vik Tim le 07.01.2020 08:17 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Juste du vol

    Le pillage de nos économies est en bonne voie...