Tessin

20 janvier 2020 17:00; Act: 20.01.2020 17:53 Print

5G: Lugano estime avoir été dupé par Swisscom

Le gouvernement tessinois considère que l'opérateur de téléphonie national a converti dans son dos une centaine d'installations de 3G en 5G.

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Une antenne 5G. (Photo: Keystone)

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Les opérateurs de téléphonie sont dans le viseur des autorités tessinoises. Ce dernières reprochent à Swisscom et à ses concurrents de ne pas tout mettre en oeuvre pour apporter la preuve que le déploiement des antennes 5G est sans danger pour la santé publique.

«Nous ne pouvons pas nous empêcher de constater de la part de Swisscom et des autres opérateurs un manque d'intérêt pour rendre la transition vers la nouvelle technologie plus acceptable et compréhensible, y compris aux plus sceptiques», a écrit l'exécutif tessinois dans une lettre dont le «Corriere del Ticino» a publié plusieurs extraits.

Le quotidien luganais rappelle lundi sur son site internet qu'au vu des polémiques relatives au déploiement de la technologie 5G, les autorités cantonales ont mis sur pied un groupe de travail mixte. Le Département cantonal du territoire fustige le géant bleu pour avoir porté atteinte à sa crédibilité, en décidant unilatéralement de convertir «près d'une centaine» d'installations 3G en 5G, dans la mesure où «il avait toujours été affirmé que l'adaptation à la nouvelle technologie serait subordonné à la demande d'un permis de construire».

L'exécutif cantonal demande donc à Swisscom d'effectuer «au plus vite» les mesures de test des nouvelles installations 5G dont la radiation calculée ou précédemment mesurée est supérieure à 80% de la valeur limite définie par l'ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant (Orni).

Les licences 5G sont entrées en vigueur en février. Sunrise, Swisscom et Salt ont acquis des fréquences pour 380 millions de francs. Sunrise affirme disposer du plus gros réseau suisse, avec plus de 300 villes et de 80% de la population couverts. Quant à Swisscom, il a annoncé en décembre en couvrir 90%.

Moratoires

Parallèlement, la 5G s'est inscrite à l'ordre du jour de tous les législatifs romands depuis le printemps 2019. Tour à tour, les cantons de Genève, de Vaud et du Jura ont décrété un moratoire. Fribourg a décidé de soumettre l'implantation d'antennes à l'octroi d'un permis de construire. L'idée a été reprise par les députés neuchâtelois, qui ont approuvé début novembre une recommandation allant en ce sens.

Très attendu, le rapport du groupe de travail mis sur pied par la Confédération pour faire le point sur la téléphonie mobile a été rendu public fin novembre. Les experts ne sont pas parvenus à se mettre d'accord et n'ont formulé aucune recommandation sur une modification des valeurs limites.

Pétition et initiative

Une pétition réclamant un moratoire sur le développement de la 5G a été remise le 18 octobre au Département fédéral de l'environnement et de la communication. Près de 40'000 personnes ont signé le texte.

Des opposants à la 5G ont lancé une initiative populaire quatre jours plus tard. Le texte demande notamment que les valeurs limites, fixées par l'ordonnance sur la protection contre le rayonnement non ionisant, ne soient pas relevées, pas même en raison de nouvelles méthodes de mesure.

(nxp/ats)