Nouveau règlement

23 septembre 2013 07:48; Act: 23.09.2013 16:09 Print

A Berne, les policiers jouent aux gardes-chasse

par Christoph Albrecht /ofu - Les gardes-faune ne s'occupent plus des animaux écrasés par les automobilistes parce que le canton de Berne doit faire des économies. Cette tâche incombe désormais aux policiers.

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A Berne, jusqu'à présent, c'est le garde-chasse qu'on appelait lorsqu'un animal se faisait écraser par une voiture. C'est lui qui devait se charger d'euthanasier la bête avec un coup de fusil si elle était trop blessée. Les viandes étaient ensuite revendue à des restaurateurs locaux. Mais cette manière de faire a été modifiée par les autorités. Depuis un mois, les agents de police sont appelés à jouer aux garde-faune.

Avec ce changement, le canton de Berne souhaite économiser les quelques 5000 heures supplémentaires effectuées, chaque année, surtout le soir ou durant la nuit, par les trente-trois gardes-chasse, rapporte la radio SRF. Autre nouveauté: les animaux écrasés ne peuvent plus être vendus aux restaurants de la région. Il sont directement amenés au centre d'élimination de cadavres d'animaux. Une décision incompréhensible pour les restaurateurs. «On gaspille de la viande comestible», s'énerve Ralph Beck de l'établissement Löwen à Zimmerwald. Selon lui, ce nouveau règlement n'est pas éthique.

Les bouchers et les établissements seront donc forcés à payer plus cher leur gibier. «Depuis un mois, les demandes ont augmenté de 15%», se réjouit Micha Hofer, spécialisé dans la vente de viande issue de la chasse.

Dans le canton de Neuchâtel, la police ainsi que les gardes-chasse interviennent lorsqu'un animal est écrasé. «Souvent, les gens appellent d'abord la police qui contacte ensuite le service de chasse. Mais les deux sont autorisés à intervenir et à abattre la bête s'il le faut», affirme Jean-Marc Weber, responsable de la section faune. A Neuchâtel, les conducteurs ont la possibilité de racheter l'animal qu'ils ont écrasé. Mais selon Jean-Marc Weber, ces cas sont assez rares. Les bêtes ne peuvent en revanche pas être rachetées par des bouchers ou des restaurants: «Dans la plupart des cas, les animaux sont tellement amochés qu'il n'y a pas grand chose à récupérer.»

Du côté du canton de Vaud, ce sont également les policiers et les gardes-chasse qui interviennent. «La police est souvent la première à arriver sur place pour faire un constat. Ensuite, ce sont soit les agents, soit les gardes-chasse qui s'occupent des bêtes. Seuls, ces derniers n'arriveraient plus à suivre. Rien que l'année passée, 830 chevreuils ont été écrasés sur les routes», explique le chef opérationnel des gardes-faune permanents, Laurent Cavallini.