Suisse

11 mars 2019 10:06; Act: 11.03.2019 12:01 Print

Asloca: «Il s'agit d'un chantage inacceptable»

par Christine Talos - L'initiative «Davantage de logements abordables» sera débattue aux États lundi. Elle devrait être rejetée au profit d'un crédit de 250 millions. Le président de l'Asloca, Carlo Sommaruga, est fâché.

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L'initiative de l'ASLOCA a été déposée à Berne en octobre 2016. (Photo: Keystone)

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Le Conseil des États empoigne ce lundi l'initiative pour des logements abordables. Lancée par l'Association suisse des locataires (Asloca), elle demande qu'au moins 10% des nouveaux logements soient déclarés d'utilité publique. Pour y parvenir, cantons et communes pourraient faire valoir un droit de préemption, notamment sur les immeubles appartenant à la Confédération ou à des entreprises qui lui sont liées, comme les CFF ou La Poste.

Mais c'est mal parti pour l'initiative. Car la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des États a choisi de suivre par 9 voix contre 0 le National, qui a décidé en décembre dernier de rejeter l'initiative et d'opter pour le contre-projet du Conseil fédéral. Celui-ci a en effet proposé un crédit-cadre de 250 millions de francs qui alimenterait sur dix ans le fonds de roulement en faveur du logement d'utilité publique, aujourd'hui épuisé. Ce qui permettrait la construction de 1500 logements par an, soit la moyenne annuelle enregistrée depuis 2004.

Une condition qui passe mal

Mais tant le Conseil fédéral que la droite du National ont assorti une condition à ce crédit: pour qu'il entre en vigueur, l'initiative devra soit être retirée, soit rejetée par le peuple. «Les deux mesures ne peuvent pas être cumulées», avait résumé le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD). «Si l'initiative est acceptée, le fonds de roulement ne sera plus adéquat. L'un est dirigiste, l'autre est incitatif.»

Pour le conseiller national (PS/GE) et président de l'Asloca Carlo Sommaruga, il s'agit là d'un «chantage démocratique inacceptable. Le peuple ne peut pas s'exprimer librement s'il veut ou non augmenter la production de logements d'utilité publique. Car on lui signifie que s'il dit oui, on coupera les moyens pour le faire», explique-t-il.

Un coup d'épaule «scandaleux»

Selon lui, avec ce texte, le Parlement n'est pas dans le schéma habituel où on élabore un contre-projet indirect à une initiative et que les deux objets sont soumis ensuite au peuple. «Là, on remplit une obligation, puisque le renouvellement du fonds de roulement, à sec, allait de toute manière se poser, et on le lie à notre texte. C'est, comme l'avait reconnu de manière scandaleuse le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann, un «coup d'épaule» contre notre initiative», tempête le Genevois. Pour lui, c'est clair: la majorité bourgeoise du Parlement fait traîner les choses afin que le texte ne soit pas utilisé pour la campagne des fédérales, car il ne sera pas voté avant février 2020.

Mais même si le Conseil des États suit la ligne du National et du Conseil fédéral, comme cela risque d'être le cas, l'association maintiendra son initiative. «Il s'agit de deux choses totalement différentes. Nous demandons une hausse du nombre de logements abordables. Le fonds de roulement ne donne pas d'objectifs et ne définit aucune stratégie», précise le président de l'Asloca.

N'y a-t-il pas un risque dès lors que le fonds ne soit plus renouvelé du tout, au détriment in fine des locataires? Carlo Sommaruga ne le croit pas: «Je vois mal le Conseil fédéral et la future majorité du Parlement ne pas revenir sur cette position. Si le peuple approuve notre initiative, la question de son financement reviendra de toute manière sur la table.»

(nxp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Patrick le 11.03.2019 11:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Normal

    C'est normal combien de politiciens sont locataires !! Peux d'après moi c'est pas eux qui vont nous défendre !!!

  • L'Albert le 11.03.2019 11:22 Report dénoncer ce commentaire

    Un pays de locataires pour toujours

    Quand on considère : le prix exorbitant du terrain du à sa rareté, des normes techniques et des procédures de demande de permis de construire contraignantes, ainsi que 20 % de fonds propres à amener, faites vos calculs comme vous voulez, si vous n'êtes pas en mesure de payer un loyer à 4'000 .- vous ne pourrez jamais devenir propriétaire dans ce pays. Les milieux immobiliers ont encore de beaux jours devant eux.

  • et encore du fric le 11.03.2019 11:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    du fric

    c est pourtant pas compliqué! !! mais ils veulent toujours du fric

Les derniers commentaires

  • marcellina le 05.04.2019 08:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    loi du plus fort

    Et même si tu as terrain et que tu n'est pas très riche certaines communes font tout pour essayer de te prendre ton terrain pour pas grand chose comme changer de zone sans avertissement.

  • marre le 11.03.2019 17:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    tous propriétaires

    Vous vous plaignez tous des propriétaires, mais à chaque votations pour que chacun puisse être propriétaire, vous votez contre ! En clair, vous voulez être logé gratuitement sans aucune contrainte !

  • il y en a marre le 11.03.2019 16:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    mieux vaut être locataire que propriétaire

    si on est propriétaire de notre propre logement on paye des impôts comme si on le louer ça revient au même que si on était locataire et d'être locataire on a moins de problèmes je sais de quoi je parle je procède mon propre logement c'est tout non gros fonctionnaire qui s'en met plein les poches

    • Bernard le 12.03.2019 11:56 Report dénoncer ce commentaire

      @il y en marre

      En même temps, si vous êtes propriétaire, c'est bien normal de payer des impôts sur la fortune et le revenu de cette dernière. Votre propriété vous rapporte au moins ce que vous ne dépensez pas en loyer. Ce qu'on peut reproché, 1) c'est les taux de capitalisation parfois excessif des cantons et communes. Comme par exemple l'impôt sur la fortune qui est plus élevé que le rendement d'un compte bancaire et 2) une partie des impôts du par les retraité devrait être imputé à un rachat de leur propriété ( avantages sur le plan de l'aménagement du territoire sans mettre le couteau sous leur gorge)

  • dede le 11.03.2019 15:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    aie

    vous ne comprenez rien... toutes nos caisses de retraite et les banques ont investis des milliards dans l'immobilier ! les loups ne se mangent pas entre eux ! vous n'imaginez pas toutes les tetes qui tomberaient si les prix de l'immobilier chuteraient...

  • Claude52 le 11.03.2019 15:22 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Amicalement

    Se chantage venant de Feller ne m'étonne pas,à la limite l'extrême droite,un véritable ami des locataires.

    • Jean Luc le 11.03.2019 19:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Claude52

      Ce chantage....