Zurich

14 mars 2019 13:44; Act: 14.03.2019 14:00 Print

Prof tyrannique: l'EPFZ fait son mea culpa

Outre l'attitude d'une professeure de l'ancien Institut d'astronomie, l'EPFZ a été confrontée à des reproches de mobbing contre le corps enseignant.

storybild

Le président de l'EPFZ, Joël Mesot, a reconnu les torts de son institution. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

L'EPFZ exige le licenciement d'une professeure de l'ancien Institut d'astronomie, accusée d'avoir tyrannisé des doctorants durant dix ans. Une série de mesures sera prise afin d'éviter le recours à de telles décisions «extrêmes» à l'avenir.

L'Ecole polytechnique zurichoise (EPFZ) vient de demander au Conseil des EPF la révocation de la professeure concernée, a communiqué jeudi l'institution. Cette décision a été prise en dépit du fait que la commission chargée de statuer sur ce cas a conclu qu'un licenciement n'était pas entièrement justifié du point de vue juridique.

La commission rappelle notamment que l'enseignante n'a été avertie que tardivement et qu'elle n'a pu, de ce fait, adapter son comportement. Elle note cependant que les reproches contenus dans le rapport d'enquête administrative, dont les conclusions ont été rendues en octobre dernier, sont en grande partie exacts.

Comportement «inacceptable»

Ainsi, le comportement de la professeure est jugé «inacceptable» compte tenu de la forte dépendance des doctorants. En outre, elle ne manifeste «aucun regret permettant de conclure qu'elle a compris que son comportement était incorrect». La commission estime donc qu'elle doit être étroitement supervisée et qu'elle ne devrait plus être autorisée à encadrer des doctorants, un délai minimal d'interdiction de deux ans s'imposant en tout état de cause.

L'EPFZ avait déjà annoncé en octobre dernier avoir lancé le processus de licenciement, suite aux résultats de l'enquête administrative concluant à un «comportement grave et déloyal sur une longue période». Une autre enquête, ouverte pour soupçon de comportement fautif dans le domaine de la recherche, n'a elle pas mis au jour de comportement répréhensible.

C'est la «NZZ am Sonntag» qui avait rendu l'affaire publique en octobre 2017, parlant de «mobbing». Suite à ces révélations, l'Institut d'astronomie de l'EPFZ a été dissous. La professeure et son mari, qui l'avaient créé et le dirigeaient ensemble, avaient été mis en congé sabbatique.

Autres affaires

D'autres affaires ont ensuite secoué l'EPFZ. En mai 2018, l'école a été confrontée à de nouveaux reproches de mobbing contre des professeurs et professeures. Fin janvier, on apprenait qu'un professeur avait enfreint le code de conduite de l'école et qu'il n'avait pas maintenu une limite adéquate entre ses relations personnelles et professionnelles, sans plus de détails.

Lors d'une conférence de presse organisée jeudi à Zurich, le président de l'EPFZ, Joël Mesot, a dit regretter que l'école ait connu dans le passé des cas d'abus de pouvoir. «Au nom de l'EPFZ, je tiens à m'excuser auprès de tous ceux qui ont subi un traitement répréhensible de la part de leurs supérieurs», a-t-il déclaré.

Erreurs commises

Joël Mesot a souligné qu'il ne fallait pas réduire ces cas à de simples abus de la part de certains professeurs. L'EPFZ a aussi commis des erreurs en tant qu'institution. Face à des informations concrètes, les mécanismes d'escalade n'ont pas toujours fonctionné de façon optimale.

C'est pourquoi les structures et les processus vont être adaptés. Une priorité absolue est accordée aux mesures qui s'imposent dans les domaines de la prévention et de l'encadrement ainsi qu'au traitement concret des situations de conflit. L'encadrement des doctorants bénéficiera d'une attention particulière. Ils devront être pris en charge dorénavant par au moins deux personnes.

Processus de nomination participatif

En cas de doute sur les capacités à encadrer, des informations complémentaires ou des références peuvent désormais être demandées. De plus, le corps intermédiaire et les étudiants participeront davantage au processus de nomination, par le biais d'enquêtes par panel.

Pour améliorer la gestion des conflits, l'effectif du bureau de médiation est passé de deux à trois personnes. Le traitement des signalements et des plaintes sera restructuré et accéléré jusqu'à l'été 2019. La gestion des cas sera progressivement confiée à une équipe spécialisée.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • une honte le 14.03.2019 15:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    scandale

    A quand le grand ménage au CHUV ??

  • Mister Mask le 14.03.2019 15:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Révolution universitaire enfin ?

    Malheureusement il n'y a pas qu'à l'EPFZ mais aussi à la HEIG-VD des problèmes avec la capacité des profs à encadrer. J'en dirait pas plus...

  • P. Seule le 14.03.2019 21:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Encore plus grave

    Tout le monde se souvient peut être de votre article suivant. https://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/-L-EPFL-savait-que--a-se-terminerait-par-un-drame--31326384 Malheureusement le problème est plus grave qu'on le pense. L'EPFL connaît aussi les mêmes problèmes encore plus importants, l'unil a aussi des problèmes. Malheureusement c'est souvent caché.

Les derniers commentaires

  • Jules Schmitt le 15.03.2019 11:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Comme dans Dallas

    Monde académique, ton univers impitoyable!

  • JE le 14.03.2019 22:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    Et à l'uni de Fribourg en pédagogie spécialisée?

  • sonia le 14.03.2019 22:22 Report dénoncer ce commentaire

    epfz mobing

    caméra vidéo sonore plus simple efpz ou ailleurs en général profs élèves étudiants: tous à la même

  • P. Seule le 14.03.2019 21:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Encore plus grave

    Tout le monde se souvient peut être de votre article suivant. https://www.20min.ch/ro/news/vaud/story/-L-EPFL-savait-que--a-se-terminerait-par-un-drame--31326384 Malheureusement le problème est plus grave qu'on le pense. L'EPFL connaît aussi les mêmes problèmes encore plus importants, l'unil a aussi des problèmes. Malheureusement c'est souvent caché.

    • Etudiant le 14.03.2019 23:57 Report dénoncer ce commentaire

      Tout leur est permis !

      C'est pareil dans les écoles secondaires, en tout cas sur Vaud, les enseignants maltraitent moralement et psychologiquement des élèves, toute la Direction et le personnel de ces écoles le sait mais la DGEO et les autorités ne font rien du tout, un élève peut crever, ils s'en fichent complétement, c'est l'impunité totale pour le personnel dans ces établissements publiques.

    • Pas beau le 15.03.2019 01:13 Report dénoncer ce commentaire

      Ancien élève

      Dans le primaire c'est pareil. Les enfants c'est pas important. Enseignants qui maltraitent moralement et psychologiquement et physiquement. Tous le monde se planque à la DGEO.

  • jlc le 14.03.2019 20:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    je dis simplement

    Ne suivez pas l'exemple américain, là-bas c'est l'effondrement académique, des tonnes de médiocres avec des diplômes à la pèle et une idéologie creuse ... 2+2=2 ....... Ceux qui on vu le petit court-métrage sur le Web auront compris !

    • Marylin le 14.03.2019 22:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @jlc

      Quel court-métrage, ça m'intéresse vraiment! Je suis toujours partante pour me faire une opinion par moi-même. Pouvez-vous s.v.p. indiquer le lien en question?

    • ... le 14.03.2019 22:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @jlc

      Allez dire aux diplômés du MIT, de Harvard, Princeton, etc. qu'ils sont... médiocres.... Je préfère de loin engager qqun qui est diplômé de ces universités que de nos HES...

    • Science le 14.03.2019 23:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @jlc

      Que vous voulez dire de 2+2=2? C'est faux ou juste? Pouvez-vous le démontrer? Dans quelle référence êtes-vous? Expliquez-vous svp? La relativité relativisée!!! Vous serez étonnés par la science