Berne

16 mai 2019 08:38; Act: 16.05.2019 10:19 Print

Accès de folie meurtrière ou crime prémédité?

Un trentenaire comparaît actuellement devant la justice bernoise pour le meurtre de sa femme, en février 2016, à Hasle bei Burgdorf (BE).

storybild
Une faute?

Le Tribunal régional Emmental-Oberaargau se penche depuis mardi sur une affaire qui avait fait les gros titres, surtout en Suisse alémanique, en 2016. Sur le banc des accusés: un Tunisien de 35 ans, accusé d'avoir tué son épouse, une Suissesse de 38 ans, au petit matin du 6 février, à Hasle bei Burdorf (BE).

Jusqu'à présent, le procès a révélé que les époux traversaient une crise au moment des faits. Avant le drame, la police avait déjà dû intervenir une fois pour violence conjugale. Et la veille du bain de sang, la future victime s'était confiée à un ami, qui lui avait suggéré de se rendre dans un centre d'accueil pour femmes pour chercher de l'aide.

Il s'est senti «perdu»

Interrogé mardi par la Cour, le prévenu est revenu sur les heures qui ont précédé le crime. Il a expliqué être sorti en boîte à Berne après s'être disputé avec son épouse. De retour à la maison, il n'aurait eu qu'une seule envie: se coucher. Or, à peine après avoir franchi la porte de leur domicile, ses yeux auraient croisé un couteau. Et comme sa femme le bombardait de reproches, il se serait soudainement senti «perdu».

Le Tunisien a précisé avoir subi une sorte de «flash». Tout ce dont il se souviendrait c'est d’avoir poursuivi son épouse dans la chambre à coucher, où elle était allée se réfugier, avant de la poignarder à plusieurs reprises. À ce jour, assure-t-il, il ne sait pas pourquoi il l'a tuée. «Ça s'est produit. J'étais une autre personne.» Avant d'appeler la police, il aurait pris sa femme dans ses bras et lui aurait dit: «Je t'aime.»

Verdict vendredi

Tout le procès tourne autour de la question suivante: le prévenu a-t-il agi sous l'effet d'un accès de folie meurtrière, comme le prétend la défense, ou peut-il être jugé totalement responsable de ses actes, comme l'atteste une expertise psychiatrique? Concrètement, l'accusé risque une condamnation pour meurtre, éventuellement assassinat.

Le verdict est attendu pour vendredi.

(ofu/ats)