Prêtre tamoul à Berne

12 septembre 2019 20:27; Act: 13.09.2019 20:57 Print

Accusé d'abus sexuels «pour éloigner un démon»

À Berne, le fondateur d'une église libre est accusé d'avoir abusé de plusieurs fidèles, dont certaines étaient mineures au moment des faits. Il aurait également détourné des fonds.

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D'anciens fidèles d'une église libre tamoule à Berne ont accusé le pasteur en exercice d'abus sexuel. (Photo: Capture d'écran SRF Rundschau)

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Le prêtre d'une église libre tamoule basée à Berne est accusé d'avoir abusé sexuellement de plusieurs fidèles, dont certaines étaient mineures au moment des faits. Plusieurs femmes ont ainsi témoigné anonymement à la télévision suisse alémanique SRF. L'accusé aurait agi en prétextant lutter contre «le démon de la luxure» qui possédait ses fidèles.

L'homme aurait ainsi persuadé ses victimes qu'un démon se trouvait au niveau de leur entrejambe. «Il disait que l'esprit m'habitait et qu'il allait tenter de m'exorciser», raconte une victime présumée. Elle poursuit: «Il avait demandé à l'une d'entre nous de toucher les parties intimes de l'autre, puis nous touchait les mains et priait à voix haute».

«La plus haute forme d'amour»

Une autre témoin affirme avoir eu des relations sexuelles complètes à plusieurs reprises avec le pasteur, lequel était, selon la victime, amoureux d'elle. Et l'âge de la femme, mineure à l'époque, n'aurait pas dérangé l'accusé – bien au contraire. «Il m'a toujours dit que c'était la plus haute forme d'amour et qu'il n'y avait rien de mal», raconte-t-elle.

Enfin, une troisième victime présumée témoigne d'une nuit qu'elle a passée chez l'accusé, pour des «raisons familiales», alors qu'elle avait treize ans. Parce qu'elle était prise de cauchemars, le prêtre l'aurait invitée dans son lit, avant de lui glisser à l'oreille qu'il allait «lui changer les idées». «Ensuite, il m'a touché les seins, les parties intimes et la vulve», raconte-t-elle. «Je le sens encore aujourd'hui.»

Plusieurs pays concernés

Abusant de son pouvoir, l'homme aurait constamment justifié ses actions au travers de la Bible. L'église libre tamoule, dont il est le fondateur, est active dans cinq pays en Europe et compte 25 succursales au total. Le prêtre voyageait d'ailleurs fréquemment dans ses différentes paroisses, séjournant chez des connaissances. Là encore, il aurait commis des abus sexuels.

Outre les accusations d'abus sexuels, d'anciens fidèles de l'église libre soupçonnent le prêtre de s'être enrichi sur leur dos. En effet, chacun devait verser un dixième de son salaire à l'église, permettant ainsi d'accumuler jusqu'à 70'000 euros (env. 76'000 fr.) en une année, rien qu'en Allemagne. L'accusé se défend cependant de s'être servi dans les caisses: «Je n'ai pas pris un centime», a-t-il déclaré.

De plus, le pasteur a depuis peu des problèmes avec les services sociaux de sa commune de résidence, Köniz (BE). Car bien qu'il travaille officiellement à plein-temps en tant que pasteur, le sexagénaire touche l'aide sociale. La commune a donc déposé plainte pour faux dans les titres et abus d'aide sociale.

Confronté par une journaliste de la SRF aux faits qui lui sont reprochés , le sexagénaire a répondu: «Qu'allez vous penser? Je suis le pasteur. Amenez-moi ceux qui disent cela, ainsi je pourrai prier pour eux et les exorciser». Selon lui, ces accusations relèvent d'un complot d'anciens fidèles et de femmes possédées par des démons.

(rc/lph)