Bienne

02 juillet 2018 11:46; Act: 02.07.2018 13:57 Print

Elle est jugée pour traite d'êtres humains

Une Thaïlandaise a fait venir en Suisse 88 personnes, les contraignant à la prostitution. Son procès s'est ouvert ce lundi.

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La suspecte est accusée d'avoir forcé femmes et transsexuels à vendre leur corps afin de s'acquitter de «leurs dettes de voyage». (Photo: Keystone)

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Le Tribunal régional à Bienne juge depuis lundi l'une des plus grandes affaires de traite d'êtres humains en Suisse. Une ressortissante thaïlandaise est accusée d'avoir fait venir 88 personnes de son pays, les contraignant à la prostitution.

Ces femmes et transsexuels ont dû vendre leur corps afin de s'acquitter de «leurs dettes de voyage» dans des établissements dans les cantons de Berne, de Soleure, de Lucerne, de Bâle-Ville, de Thurgovie, de St-Gall et de Zurich. Les poursuites pénales contre les maisons closes sont de la responsabilité des autorités cantonales compétentes.

Outre l'accusation de traite d'êtres humains par métier, cette femme âgée 58 ans doit répondre d'encouragement à la prostitution et de blanchiment d'argent entre début 2009 et octobre 2014. Selon le Ministère public bernois, l'accusée a tiré profit de la situation des victimes issues de milieux défavorisés. Elle leur promettait du travail en Suisse, s'occupait des visas et prenait en charge les coûts du voyage.

Victimes complètement isolées

Une fois arrivées en Suisse, les victimes devaient se livrer à la prostitution pour s'acquitter de dettes allant jusqu'à 30'000 francs. Elles n'avaient pas d'alternative à la prostitution, vivaient complètement isolées et dépendaient totalement de l'accusée.

Après l'ouverture du procès lundi, le public sera exclu des audiences pour protéger les victimes. Le verdict est attendu le 11 juillet. Plusieurs cas semblables ont été rendus publics ces dernières années. Rien que dans le canton de Berne, une vingtaine de procédures ont été clôturées, a annoncé récemment le gouvernement cantonal.

Selon lui, les cantons de Berne et Zurich jouent un rôle de premier plan dans la lutte contre la traite d'êtres humains. Malgré ces efforts, les experts estiment qu'il y a toujours un nombre élevé de cas non signalés.

(nxp/ats)