Jenisch en Suisse

16 septembre 2014 19:40; Act: 16.09.2014 19:52 Print

Aide fédérale sous condition à la faîtière

L'Office fédéral de la culture (OFC) est prêt, sous condition, à donner un coup de pouce financier à la «coopérative de la roue de la grand-route», la faîtière des Yéniches de Suisse, en difficulté financière.

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06.05 Les autorités communales de Bienne et de Berne ont proposé une solution provisoire pour les Jenisch. Les villes entendent donner au canton de Berne un peu de temps pour lui permettre de résoudre le problème lancinant du manque d'aires de séjour et de transit pour les gens du voyage. 28.04 Un accord a été trouvé lundi entre les Jenich et les Villes de Bienne et de Nidau (BE). Les gens du voyage suisses pourront utiliser le terrain de l'ancien site de l'Expo.02 durant dix jours 27.04 Une quinzaine de caravanes ont migré de Nidau à Porrentruy (JU) dimanche. 25.04 Après avoir passé la nuit à Kirchberg (BE), les Jenich se sont installés vendredi à Nidau, près de Bienne, où ils attendent une réponse des autorités communales. Peu avant 16h00 jeudi 24.04.2014, la police a exigé via un appel au mégaphone le départ des gens du voyage présents sur le site avant de les évacuer un à un. La police a donné dix minutes aux protestataires pour plier bagage, jeudi après-midi vers 15h40. Les forces de l'ordre ont commencé à évacuer les gens du voyage un à un en après les avoir encerclés. La communauté jenisch espérait encore il y a peu de trouver une solution avec le canton. Les autorités bernoises et les représentants des gens du voyage s'étaient activés en coulisses en début d'après-midi afin de trouver une place de stationnement alternative. En vain. La police cantonale a commencé à évacuer le campement de protestation des gens du voyage à la «Petite Allmend» à Berne, jeudi tôt le matin (24 avril 2014). L'évacuation est menée par l'inspectorat de la police municipale de la capitale fédérale. L'ambiance était encore décontractée quelques heures auparavant. Des gens du voyage ont installé mardi un campement de protestation à Berne afin de dénoncer le manque d'aires d'accueil mises à leur disposition en Suisse. Le directeur municipal de la sécurité, Reto Nause (à droite), s'est mercredi au campement pour négocier avec les gens du voyage. Près de 80 véhicules occupent la place depuis mardi Roman Waser, un des occupants, a été blessé à la tête lors de premières tentatives d'évacuation, mercredi après-midi.

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Une faute?

Tout d'abord, l'OFC réclame la démission du président et de l'ensemble du conseil d'administration de l'organisation. Les rapports de confiance sont rompus et un nouveau départ est nécessaire, a indiqué mardi à l'ats la responsable du dossier à l'OFC Fiona Wigger, confirmant une information de «20 Minuten.ch». La direction de l'organisation a besoin de structures et de responsabilités claires, a-t-elle précisé.

Si la coopérative respecte les conditions posées par l'OFC, ce dernier lui versera 40'000 francs en guise d'avance sur les prochaines subventions. La coopérative avait demandé le double à la Confédération.

C'est le magazine «Beobachter» qui a rendu l'affaire publique à la mi-juillet. Selon lui, le président de la coopérative se serait largement servi dans la caisse, mettant son organisation au bord du gouffre financier.

Retrait refusé

Le président et les membres de droit du conseil d'administration refusent cependant de se retirer, comme l'a dit à l'ats mardi le président Daniel Huber. Ils vont désormais rechercher d'autres sources de financement.

La coopérative étant subventionnée par la Confédération, à raison de 264'800 francs pour 2014, l'Office fédéral de la culture a tout de suite examiné ces reproches. L'OFC avait été informé le 20 juin de la mauvaise santé financière de l'organisation dans le cadre d'un examen semestriel.

Le «Beobachter», se basant sur des relevés internes, rapporte que le président, Daniel Huber, se serait versé 100'000 francs pendant le premier semestre. L'argent restant ne lui permettrait de ne tourner que jusqu'à fin août.

Ce reproche est faux, a tranché Daniel Huber. L'organisation est en train de régler à l'interne ce qui a pu conduire aux problèmes financiers, a-t-il encore indiqué. Les conclusions seront d'ailleurs rendues publiques. «Il s'agit probablement d'une faute de calcul», a-t-il avancé.

Un trou de 120'000 francs

Grâce aux livres de comptes détaillés que l'Office a obtenus, il dispose de davantage d'informations. Mais avant d'en dire plus et de décider d'éventuelles mesures, il souhaite étudier les documents.

Selon l'OFC, la «coopérative de la roue de la grand-route» souffrait à la fin du 1er semestre d'un manque de financement de 120'000 francs. Et de mettre le doigt sur des hausses de salaires et des avances que les liquidités de l'organisation ne permettaient pas.

Près de 40 ans

Le mouvement des gens du voyage suisses, fondé en novembre dernier, se distancie de la coopérative, sans mentionner les reproches faits au président. L'association craint que les Yéniches «soient à nouveau diffamés» suite à cette affaire.

La «coopérative de la roue de la grand-route» a été fondée en 1975. D'après son site internet, elle est reconnue depuis 1985 par la Confédération comme organisation faîtière et subventionnée en tant que telle.

(ats)