Bruno Zuppiger

01 décembre 2011 21:28; Act: 01.12.2011 21:30 Print

Apprécié pour son sens du dialogue

Les chances de Bruno Zuppiger d'entrer au Conseil fédéral le 14 décembre prochain ne sont pas mauvaises.

Une faute?

Le conseiller national zurichois de 59 ans suit la ligne dure de l'UDC tout en prenant parfois ses libertés. Ses adversaires politiques le trouvent agréable et ouvert au consensus.

Le nom de Bruno Zuppiger a surgi à plusieurs reprises lors de précédentes élections au gouvernement. Le Zurichois figurait alors parmi les favoris désignés par les autres partis pour son aptitude au compromis.

Dans une interview, le président du PDC Christophe Darbellay le décrit comme un politicien «solide», «bourgeois» et «qui ne provoque pas». L'homme entretient de bonnes relations avec le PLR et le PDC. Reste à savoir si l'Assemblée fédérale est disposée à élire un deuxième ministre issu du même canton et de la même commune qu'Ueli Maurer.

Recalé en 2008

Jusqu'à présent, l'UDC s'était, elle, plutôt méfiée de son candidat. Les stratèges du parti ont souvent considéré le citoyen de Hinwil comme un électron trop libre à leur goût.

Désigné en 2008 par la section de son district dans la course à la succession de Samuel Schmid, il a ensuite été recalé. L'UDC zurichoise et le groupe parlementaire aux Chambres lui ont préféré Christoph Blocher et Ueli Maurer.

Emancipé et chef de l'USAM

Il y a quelques jours, c'est pourtant justement le stratège Christoph Blocher, flanqué du président du parti Toni Brunner, qui a incité Bruno Zuppiger a faire acte de candidature. Choix tactique ou marque d'une confiance retrouvée, sa désignation ressemble à une réhabilitation interne de circonstance.

Les idéologues du parti n'ont, en effet, jamais apprécié l'engagement de leur nouveau poulain en faveur de la libre circulation des personnes. Le principal intéressé invoque la volonté de ne pas compromettre les intérêts des PME qu'il défend en tant que président de l'Union suisses des arts et métiers (USAM).

S'il soutient l'initiative de l'UDC «contre l'immigration de masse», pas question donc pour lui de mettre pour autant en danger l'accord de libre circulation avec l'UE. «Au pire, il me faudra défendre une position majoritaire, à la manière d'un conseiller fédéral, et faire passer celle du parti au second plan», déclarait Bruno Zuppiger en août dernier dans une interview.

Lorsqu'il s'est déclaré candidat en début de semaine, il a réaffirmé qu'il assume pleinement la ligne de son parti. «Mais je suis capable de réfléchir moi-même à la décision la plus juste», a-t- il ajouté en signe d'émancipation.

Finances et défense

Conseiller national depuis 12 ans, Bruno Zuppiger s'est fait un nom en temps que spécialiste des finances et de la défense. Il siège dans les deux commissions concernées par ces thèmes. Considéré comme un grand adepte des mesures d'économies, il s'engage pour une réduction des dépenses de l'Etat et en faveur de baisses d'impôts.

Ce patron d'une société de conseil aux entreprises siège au National depuis 1999. Avant cela, il a fait partie du parlement zurichois durant 8 ans. Né à St-Gall, Bruno Zuppiger a grandi dans le canton de Zoug. Enseignant de formation, il est marié et père de cinq enfants issus de deux mariages différents.

(ats)