Fribourg

11 avril 2017 16:17; Act: 11.04.2017 16:39 Print

Après 25 ans en Suisse, un Afghan est renvoyé

Un délinquant de 27 ans, arrivé en Suisse à deux ans, devra retourner dans son pays après diverses condamnations.

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(Photo d'illustration) (Photo: Keystone)

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Un Afghan de 27 ans se voit ordonner un renvoi en Afghanistan, alors qu'il vit en Suisse depuis l'âge de deux ans et qu'il ne connaît pas son pays d'origine. Après avoir multiplié les violences physiques et les condamnations en justice, il présente toujours un risque de récidive.

Le Service fribourgeois de la population et des migrants (SPoMi) a révoqué son permis d'établissement en 2015. Cet homme a déposé un recours, que le Tribunal cantonal fribourgeois a rejeté, comme l'a relevé mardi La Liberté.

L'intéressé est arrivé en Suisse fin 1992 avec ses parents et ses frères et soeurs, lit-on dans cette décision des juges cantonaux rendue le 6 mars dernier. La famille a obtenu l'asile et s'est établie dans le canton de Fribourg.

Violences répétées

Lorsqu'il était encore mineur, le jeune Afghan a fait l'objet de trois condamnations pénales, notamment pour des violences physiques. Celles-ci se sont poursuivies à l'âge adulte. Il a été condamné en 2010 à trois ans de prison ferme.

Juste une année après sa libération, il a commis de nouvelles violences à plusieurs reprises. Le Tribunal de la Sarine l'a condamné en 2014 à deux ans de prison ferme. Il a aussi ordonné un traitement institutionnel en milieu fermé.

Les juges cantonaux constatent un risque sérieux de récidive vu la nature des infractions, leur nombre, le bref intervalle entre elles et l'escalade dans les violences, le pronostic du psychiatre, ainsi que l'agressivité de cet homme en détention. Celui-ci a été transféré trois fois pour cause de menaces ou de bagarres.

La loi prévoit qu'un réfugié peut être renvoyé même après de nombreuses années en Suisse, s'il compromet la sûreté ou porte gravement atteinte à l'ordre public. C'est le cas de cet homme, et l'intérêt public à son éloignement est manifestement prépondérant par rapport à son intérêt privé à rester ici, concluent les juges.

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Dans son argumentaire, le recourant a expliqué qu'il n'a aucune relation avec son pays d'origine, dont il ne connaît pas la langue ni les coutumes. Il a aussi mis en avant la situation générale en Afghanistan, ainsi que son appartenance à une minorité ethnique.

Sur ce point, c'est le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) qui tranchera quand il examinera les modalités de renvoi. Le Tribunal cantonal souligne qu'en 2015, le SEM a estimé qu'il n'y avait pas de raison de penser que cet homme pourrait être soumis à un traitement inhumain en cas de retour en Afghanistan, au vu de l'ancienneté des événements qui avaient conduit à octroyer l'asile à son père.

(nxp/ats)