Harcèlement de rue

27 août 2019 14:10; Act: 27.08.2019 14:11 Print

Après Lausanne, Fribourg luttera contre les «relous»

par Frédéric Nejad Toulami - Une campagne de sensibilisation et une étude sont menées en ville. Avant de proposer des mesures d'action.

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(Photo: Istock)

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L’Exécutif de la capitale fribourgeoise a donné suite à un postulat accepté par le Législatif communal. Il a mandaté la Haute École de travail social pour mener une étude sur le harcèlement de rue et a lancé une campagne de sensibilisation. La population de plus de 14 ans en est la cible. Une partie des écoles est d’ailleurs invitée à y participer.

Le phénomène du harcèlement sexuel n’est pas nouveau, mais il souffre d’une banalisation, selon le professeur Emmanuel Fridez. Souvent les «auteurs ne sont pas conscients de la gravité de leurs actes, soit des sifflements et autres insultes proférées dans l’espace public», a-t-il déclaré hier. Les résultats du sondage seront discutés début 2020, avant l’annonce de mesures éventuelles d’amélioration vers la mi-2020.

Une chargée de mission a été engagée

À Lausanne, un sondage réalisé en 2016 avait déjà révélé des statistiques élevées de cas de harcèlement sur des femmes. La Ville vient de recruter une chargée de mission harcèlement de rue et incivilités. «Elle entrera en fonction dès la semaine prochaine et recueillera notamment les signalements de cas», précise le conseiller municipal Pierre-Antoine Hildbrand. Elle est engagée pour 2 ans, soit la durée de test d’un nouvel outil informatique qui doit permettre, dès la fin octobre, aux victimes et aux témoins de signaler en ligne des cas de harcèlement de rue.

Policiers enfin formés

Quant aux policiers municipaux, des sessions de formation sur cette problématique et comment réagir de manière appropriée (vis-à-vis des victimes par exemple) vont démarrer pour eux cette année encore. «Elles se déploieront de manière échelonnée sur les prochaines années, avec en principe deux sessions prévues en 2020, explique Pierre-Antoine Hildbrand. Cette formation pourra ensuite être adaptée et transposée à d’autres acteurs de la sécurité au sens large, tel le personnel des transports publics, ou celui des clubs de nuit notamment.» L'état-major de la police lausannoise a, lui, déjà été instruit sur le thème du harcèlement de rue en juin passé.

Du côté de Genève, Un crédit de 193'000 fr. a été voté par le Législatif de la Ville le 26 février 2019. Soit la première tranche d’un plan d’action devisé à 853'000 fr. qui doit se déployer jusqu’en 2021. Il prévoit des espaces de sensibilisation dans quatre lieux de fête. Dès cet automne, les agents de police municipaux bénéficieront d’une formation spécifique. Et une récolte de données sur les pratiques urbaines sera organisée en partenariat avec l’Université. Il est aussi prévu, à terme, de repenser l'aménagement urbain afin de le rendre plus adapté aux femmes.

Au niveau cantonal genevois, une motion déposée en 2017 par la Verte Sarah Klopmann demandait à l'Etat des fonds pour lutter contre le harcèlement de rue.

(FNT/JEF/ats)