Suisse

30 septembre 2018 22:52; Act: 01.10.2018 07:21 Print

Après leur suicide, difficile de désigner un coupable

Harcelées, deux jeunes se sont donné la mort. Pour la justice, leurs «bourreaux» ne sont pas directement responsables.

L'ado que l'on voit sur cette vidéo a été condamnée pour insulte et tentative de menace. En revanche, la justice a estimé que les agissements de la mineure n'ont pas poussé l'ado de Spreitenbach à se suicider.
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Plus de 2500 km séparent les deux ados, mais leur triste destin se ressemble étrangement: la première, une Argovienne de 13 ans, s’est donné la mort après avoir subi du mobbing via les réseaux sociaux. La deuxième, une Finlandaise de 14 ans, s’est elle aussi suicidée à l'été 2017 après qu’un Zurichois a publié des photos d’elle nue sur un site porno. D’un point de vue pénal, la première affaire a récemment été bouclée. La deuxième fera l’objet d’un procès à Uster (ZH) dans quelques semaines.

Dans les deux cas, la justice n’a pas pu établir de lien direct entre les actes commis, les «bourreaux» et le suicide des mineures. Si à première vue les liens de cause à effet semblent pourtant clairs, Léonore Dupanloup, porte-parole de Stop Suicide, rappelle que les situations sont bien plus complexes: «Il est très difficile de prouver avec certitude qu’un individu est responsable du suicide d’une personne.»

Le web, un facteur à risques

Quand quelqu’un décide de se donner la mort, les causes sont souvent multiples, ajoute-t-elle. «Il est donc très délicat de pointer une personne comme étant l’unique responsable des faits. Un événement peut devenir la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais c’est bien la multiplication des causes et problèmes qui amène les gens à se donner la mort.»

Pour finir, elle note que le web est un facteur à risques: «De nos jours, le harcèlement ne s’arrête plus à l’école mais continue à la maison via les smartphones.»

(ofu)