Santé

16 mai 2019 13:10; Act: 16.05.2019 14:19 Print

Assura: 40% des assurés ne coûtent pas un sou

La caisse maladie estime que les Suisses sont bons élèves en matière de santé. Une bonne partie de ses clients ne dépassent jamais leur franchise.

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D'une façon générale, pas moins de 87% des Suisses jugent «bon» le système de santé helvétique. (Photo: Keystone)

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Contrairement à certaines idées reçues, les Suisses se montrent dans l'ensemble responsables en matière de santé, estime le directeur de la caisse maladie Assura, Ruedi Bodenmann. Ainsi par exemple, environ 40% parmi le million de clients que compte Assura ne présentent aucune facture médicale dans l'année, ou alors ont des frais inférieurs au montant de leur franchise.

Écarts parfois abyssaux

Le patron d'Assura évalue, à l'inverse, entre 10 et 15% la proportion d'assurés qui coûtent plus qu'ils ne «rapportent». Le problème est constitué par les écarts parfois abyssaux entre les patients souffrants (et forcément coûteux) et la grande majorité en bonne santé. Ainsi, environ 70% de l'ensemble des coûts de l'assurance maladie sont occasionnés lors deux dernières années de vie des patients, a précisé le patron d'Assura jeudi en marge de la présentation des chiffres annuels de la caisse. Ce constat pose des questions éthiques.

D'une façon générale, pas moins de 87% des Suisses jugent «bon» le système de santé helvétique, un taux qualifié d'impressionnant par M. Bodenmann, citant une étude de l'institut GfS. D'importants potentiels d'amélioration subsistent néanmoins, qui permettraient de réduire les coûts sans entraver la qualité des soins, selon lui.

Interventions et médicaments

Ainsi, il a été prouvé que la sûreté des actes médicaux augmentait avec le nombre d'interventions. Plus un chirurgien et un hôpital sont entraînés, meilleurs sont les soins prodigués. Zurich est pour l'instant le seul canton à avoir fixé un nombre minimal d'interventions par établissement et par chirurgien pour certaines interventions. Un tel principe pourrait être étendu, selon l'idée que la spécialisation favorise la compétence, plaide M. Bodenmann.

Les regroupements d'hôpitaux et la concentration des soins favorisent généralement la réduction des coûts, du moins pour certaines interventions planifiables bien à l'avance. Pour les soins aigus en revanche, l'élément de proximité reste essentiel.

Un gros effort peut aussi être fait du côté des médicaments génériques, en moyenne deux fois moins souvent prescrits en Suisse qu'en Allemagne, a expliqué le directeur d'Assura. En outre, ces copies sont généralement deux fois plus chères en Suisse qu'ailleurs en Europe. Assura plaide pour un système de prix de référence pour les génériques, qui pourrait entraîner des économies de 400 à 800 millions de francs par an.

(nxp/ats)