Suisse

18 avril 2019 11:45; Act: 18.04.2019 11:45 Print

Assurances sociales: un registre de détectives?

Alain Berset veut que soient enregistrés tous ceux qui surveilleront les assurés. La droite est critique. Elle estime que cela menacera le travail des détectives.

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La mise en application de la loi votée par les Suisses en novembre ne va pas sans heurts. (Photo: Keystone)

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Le 25 novembre dernier, les citoyens ont approuvé à près de 65% la surveillance des assurés par des détectives privés et le Conseil fédéral a soumis la semaine dernière son projet d'ordonnance à la commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS) du National. Un projet qui sème la discorde, selon le «Tages-Anzeiger» jeudi. Les membres de droite de la CSSS accuseraient Alain Berset de compliquer inutilement le travail des détectives. Le ministre de l'Intérieur souhaite que ces derniers soient inscrits dans un registre public.

Pour la droite, le risque est que les noms des détectives soient dès lors facilement connus. «Leur travail pourrait être perturbé», estime la conseillère nationale PDC Ruth Humbel. Même si ce registre n'était pas accessible au grand public, les assurés ou leurs avocats pourraient en exiger l'accès en se référant au principe de l'accès public, estime-t-elle.

A gauche, on ne comprend pas ces arguments. Pour la conseillère nationale socialiste Silvia Schenker, qui était opposée aux détectives privés en novembre, il ne fait aucune doute que ceux-ci doivent avoir un permis pour pouvoir exercer dans les assurances sociales et donc être enregistrés par les autorités. Et elle s'en prend à la droite qu'elle accuse d'attacher plus d'importance à la vie privée des détectives qu'à celle des assurés.

Une adresse professionnelle suffira

Selon le «Tages-Anzeiger», Alain Berset et le directeur de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS) Jürg Brechbühl auraient balayé les critiques en expliquant que les détectives ne seront pas obligés de donner leur adresse privée. Ils pourront fournir leur adresse professionnelle.

Autre point litigieux: les qualifications requises des détectives pour surveiller les assurés. L'ordonnance exige en effet qu'ils aient suivi une formation policière ou une formation équivalente en matière d'observation sur le terrain. Des prérequis exigés aussi bien pour les détectives externes que les collaborateurs concernés dans les assurances sociales. C'est sur ce point que la majorité de la commission achoppe. Elle voudrait que cette exigence ne s'applique qu'aux externes. Si des employés ont déjà effectué des surveillances, ils doivent pouvoir continuer de le faire sans preuve de qualifications.

Du coup, l'UDC accuse Alain Berset de se servir de cette ordonnance pour «affaiblir une loi approuvée par le peuple». Une critique à laquelle n'adhère toutefois pas la PDC Ruth Humbel ou encore le PLR Joachim Eder, président de la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats, qui considère même que les accusations de l'UDC sont sans fondement.

(nxp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Reltih le 18.04.2019 12:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il serait plus judicieux

    Que ces détectives surveillent les politiciens, leurs résultats devrais être édifiants..........

  • MikeeGee le 18.04.2019 12:29 Report dénoncer ce commentaire

    Et eux alors ?

    Je propose qu'on engage également des détectives pour surveiller le travail des conseillers fédéraux :()

  • Laurence T le 18.04.2019 12:16 Report dénoncer ce commentaire

    Lolo

    Ben moi j'espère juste qu'un max de profiteurs seront goalés!!

Les derniers commentaires

  • Belphégor le 20.04.2019 20:55 Report dénoncer ce commentaire

    Pratiques malsaines

    Big Brother contrôle, exploite, lamine toutes velléité de révolte, même justifiée. Non content de cela il faut encore qu'il repousse toujours plus loin l'exploitation humaine, sans garde fou étatique. Cette société à des pratiques malsaines, et trop peu s'en indigne.

  • Jean-Pierre M. La Tour-de-Peilz le 20.04.2019 19:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    A l'autre but de la lorgnette !

    Je connais, non pas une mais deux personnes, le dos complètement fracassé, les genoux complément rongé par l'arthrose... qui ne trouvent plus de job (à cause du fardeau médical) qui sont au chômage et que l'on "emmerde" administrativement... et que l' AI (qui est pourtant faite pour ça) refuse de prendre en charge ! Tout ça à cause de médecins-conseils complètement pourri et qui sont payés par l'AI, qui sont juge et partie pour faire des rapports médicaux mensongés et abérants.

  • Bachi-bouzouk le 19.04.2019 07:00 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Le travail ne paie plus

    Pourquoi les gens vont au social, pourquoi il ne se réintègre pas, pourquoi le travail les a pousser la ??? Au lieu de chercher à banaliser ceux qui touchent une misère ont ferait mieux de comprendre les causes en amont. Le travail a l'heure actuel est plus considérer comme de l'esclavagiste moderne que comme un lieu où l'ont vient avec plaisir. Ont nous a bourrer le crâne de chose dés notre enfance qui font de nous de bon petits moutons, mais certains ont bien compris le manège. Travailler et avoir du temps pour soit c'est ce qui réglera pas mal de problèmes.

  • jlc le 18.04.2019 22:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    il faut faire en sorte que...

    Que ça coûte un saladier aux assureurs, fichiers super sécurisés et chers , personnel obligé des suivre des formations longues et chers , payer tous les ans des AUDITS de contrôle chers et surtout, à la moindre erreur, poursuite au pénal pour tous les membres du CA... Faut leur pourrir la vie aux copains politiciens du CA !

  • Un $ui$$e tri$te le 18.04.2019 21:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La phrase qui fait

    trop marrer les politiques et leurs amis lobbyistes: "Vous allez nous le payer !"

    • Levalesco.vs@gmail.com le 20.04.2019 06:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      Berset au travail

      Mettre Berset sur les enquêtes enfin un travail à sa portée reste à savoir si il est capable