Swiss

28 juin 2011 10:49; Act: 28.06.2011 11:07 Print

Avion cloué au sol faute de pilote

La direction accuse le syndicat des pilotes d’être à l’origine du manque de personnel volant. Aeropers s’opposerait à l’engagement de pilotes externes. Le syndicat réfute ses accusations.

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Aeropers, le syndicat des pilotes, et Swiss s'affrontent sur la question du manque de pilotes chronique dans la compagnie d'aviation. (Photo: Keystone)

Une faute?

La compagnie aérienne Swiss a dû annuler le vol Zurich-São Paulo, samedi soir, n’ayant pas réussi à remplacer un pilote qui était tombé malade. 218 passagers ont été contraints de ce fait à passer la nuit dans un hôtel zurichois.

La planète regorge de pilotes qualifiés

Pour la direction, le manque de pilotes serait pourtant relativement simple à résoudre si le syndicat des pilotes Aeropers était prêt à mettre de l’eau dans son vin. «Grâce à l’engagement de pilotes externes, nous pourrions rapidement améliorer la situation sur le front du personnel», affirme Susanne Mühlemann, porte-parole de la compagnie. M.S.*, un ancien pilote de Swiss, est encore plus catégorique: «La planète regorge de centaines de pilotes hautement qualifiés, dont de nombreux Suisses de l’étranger, que la compagnie pourrait immédiatement engager comme commandants sur des vols long courrier. Mais malheureusement l’emprise d’Aeropers sur Swiss est considérable. Le syndicat dicte la politique du personnel».

Principe contesté

Selon Swiss, c’est le principe d’ancienneté, qui figure dans le contrat collectif de travail, qui serait à l’origine du blocage. Ce contrat stipule que tout pilote nouveau venu dans la compagnie, même s’il bénéficie d’une longue expérience professionnelle, doit commencer en bas de l’échelle salariale. «Cette pratique effraie de nombreux pilotes», constate Susanne Mühlemann dans «20 Minuten». «Aeropers décide de facto qui devient pilote chez Swiss en se servant du principe d’ancienneté. Pour maintenir sa position dominante, le syndicat refuse que l’on engage des pilotes externes», renchérit M.S.

Garantir un maximum de sécurité

Pour Aeropers, au contraire, ce principe garantit un niveau de sécurité élevé. «Grâce à lui, les pilotes n’ont pas besoin de jouer des coudes pour faire carrière. Un passager préfère monter à bord d’un avion où la qualité du pilote est garantie à 100%, même si cela implique qu’il reste de temps à autre cloué au sol», estime Thomas Steffen, membre du comité d’Aeropers.

Cette semaine, la direction de Swiss et Aeropers vont tenter de trouver des solutions au problème du manque de pilotes. Le syndicat a déjà annoncé qu’il était d’accord de faire quelques concessions en matière d’engagement de pilotes externes.

*Nom connu de la rédaction

(rga)