Suisse

06 décembre 2018 12:42; Act: 06.12.2018 14:29 Print

Avions de combat: le peuple ne peut être ignoré

Inquiets d'un nouveau refus après la votation sur les Grippen, certains conservateurs ne veulent soumettre qu'une question de principe au peuple.

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Le Parlement fédéral a prolongé l'utilisation des F/A 18 jusqu'en 2030, en attendant l'achat de nouveaux avions de combat. Il a ainsi libéré 450 millions de francs. (Lundi 25 septembre 2017) Cet appareil avait été retenu par les Forces aériennes suisses pour remplacer les F-5 Tiger et épauler les F/A-18. Le programme avait toutefois été rejeté dans les urnes par le peuple suisse le 16 mai 2014. (Mardi 5 septembre 2017) C'est le successeur du F/A-18 qui équipe les Forces aériennes suisses depuis 1996. Malgré son appellation et son apparence, il s'agit d'un appareil entièrement nouveau, embarquant notamment deux nouveaux réacteurs plus puissants. (Mardi 5 septembre 2017) Cet avion a fait la preuve de ses capacités en Libye. Il faisait déjà partie de la première sélection qui avait vu le Gripen suédois retenu. Les experts avaient reconnu son excellence mais son prix avait été jugé trop élevé. (Mardi 5 septembre 2017) Développé par plusieurs pays réunis dans le consortium Eurofighter, cet appareil équipe déjà plusieurs forces armées européennes, dont les pays voisins que sont l'Autriche, l'Allemagne et l'Italie. (Mardi 5 septembre 2017) C'est également un avion de combat multrôle. Cet avion furtif de dernière génération fait partie des plus modernes actuellement en service. Il est également célèbre outre-Atlantique pour le retard de son programme de développement et l'envolée budgétaire qui en a découlé. Il a été développé et financé par une dizaine de pays de l'OTAN. (Mardi 5 septembre 2017)

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Le Parlement veut soumettre au peuple la question de l'acquisition des avions de combat. Après le National, le Conseil des Etats a adopté par 22 voix contre 18 une motion du groupe bourgeois-démocrate en ce sens.

Le texte exige que le peuple suisse puisse se prononcer rapidement sur l'achat de nouveaux avions de combat. La question devrait être tranchée indépendamment du type d'avion, de la quantité et du coût du matériel, et s'effectuer dans le cadre du budget de l'armée.

S'ils ne contestent pas la nécessité de remplacer les avions actuels, les sénateurs se sont toutefois écharpés sur la voie à emprunter. Pour la majorité, l'adoption du texte renforce la démarche du Conseil fédéral.

Les acquisitions d'armement ne sont pas soumises à référendum. Toutefois, vu l'ampleur du renouvellement des moyens de protection, le gouvernement a choisi la voie d'un arrêté de planification soumis à référendum. Le projet mis en consultation porte sur 8 milliards et intègre la défense sol-air. Le Conseil fédéral doit bientôt décider s'il maintient le cap, après les critiques émises de tout bord.

Question rhétorique

Inquiets d'un nouveau refus après la votation sur les Grippen, les conservateurs ont poussé pour ne soumettre qu'une question de principe au peuple et le plus rapidement possible, soit avant les discussions sur l'acquisition elle-même au Parlement. Ils entendent ainsi éviter un débat de fond sur le nombre ou le prix de nouveaux avions.

Une position vivement critiquée. «Il faut solliciter le peuple au bon moment. Les Chambres doivent d'abord donner un visage à ces avions. Demander au peuple de voter sans savoir sur quoi, c'est aller un peu vite», a tenté de faire valoir Claude Hêche (PS/JU).

Et le Jurassien d'ajouter que la question posée est rhétorique. «Demander à quelqu'un de voter pour une armée opérationnelle dotée d'avions de combat modernes, c'est comme demander à quelqu'un s'il souhaite une voiture qui roule.»

Initiative populaire possible

D'autres sénateurs ont argumenté qu'un rejet de la motion pourrait être interprété comme une opposition à la votation populaire. Et les projets du Conseil fédéral pourraient être combattu par une initiative populaire, ce qui retarderait le processus d'acquisition et provoquant des surcoûts.

Un référendum sur une question de principe maintenant n'empêcherait pas une initiative populaire plus tard, une fois les types d'avions et leurs coûts définis, a fait remarquer le ministre de l'armée. Guy Parmelin a cependant jugé la possibilité faible.

Crainte d'un référendum financier

Pour Hans Wicki (PLR/NW), l'acceptation de la motion mène sur la voie du référendum financier. Pourquoi ne devrions-nous soumettre que les avions au peuple et pas l'artillerie par exemple, a-t-il lancé, appelant à rejeter le texte.

Un argument balayé par le conseiller fédéral. Ni le nombre d'avion, ni le prix, ni encore les détails des équipements ne seront soumis au vote, a souligné Guy Parmelin. «Il ne s'agit donc pas d'un référendum financier. Le Parlement garde toutes ses compétences.»

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Guy P. le 06.12.2018 13:07 Report dénoncer ce commentaire

    L'armée passe après

    Le peuple votera non ! Il demande avant tout des primes maladie plus basse et une retraite décente...

  • frank le 06.12.2018 13:11 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    De qui se moque-t-on ?

    D'abord il faut trouver une solution durable pour nos aînés ensuite on discutera de ces jouets du père Noël Parmesan.

  • Kevin le 06.12.2018 13:10 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Gaspillage

    Plutôt que de mettre 8mia dans des avions et autres jouets inutiles, pourquoi ne pas les verser simplement dans la caisse AVS?

Les derniers commentaires

  • S-U 57 le 07.12.2018 13:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    action

    discutons av Poutine il ns ferais une superbe action 2 pour le prix d 1 .. ils serais telmen heureux que la Suisse lui en près 20

  • PUNICHER le 07.12.2018 13:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Russie

    la suisse doi acheté des sukhoï à la Russie..

  • ... le 07.12.2018 12:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pilatus

    Pilatus fabrique des bons avions (a en croire les civils africain) et en plus sa crée des emplois en suisse

  • Léo Pard le 07.12.2018 12:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Des aveugles au volant

    Le parlement d'élus doit voter le budget stabilisé sur plusieurs années de la sécurité du pays et aux militaires compétents si cela existe encore de décider avec l'exécutif. Si nécessaire, c'est à l'exécutif de payer des consultants indépendants qui justifient et défendent leurs choix rationnels. Les ignares choix politiques parlementaires avec commissions incompétentes sont ruineux inefficaces et corrompus. Il n'a qu'à voir l'équipement actuel et pléthorique du soldat lambda: déjà mort...

  • Michou le 07.12.2018 12:00 Report dénoncer ce commentaire

    Des avions pour qui ?

    Il ne faut pas des avions, il faut une escadrille de pirate anti-pirate informatique, un service de renseignement interne efficace.