Emploi

15 mai 2019 16:49; Act: 15.05.2019 19:10 Print

Berne incite les sociétés à recruter les seniors

Le Conseil fédéral a annoncé, mercredi, une série de mesures censées stimuler les entreprises à employer plus de personnes âgées.

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Berne souhaite introduire une prestation transitoire couvrant les besoins vitaux des chômeurs de plus de 60 ans en fin de droit et satisfaisant à certains critères. (Photo: Keystone)

Une faute?

Les entreprises devraient recourir d'abord à la main-d'oeuvre en Suisse pour couvrir leurs besoins en travailleurs qualifiés. Le Conseil fédéral a adopté mercredi une série de mesures pour les y encourager, mais aussi une rente-pont pour les chômeurs âgés.

«C'est une question d'honnêteté», a commenté devant la presse la ministre de justice et police Karin Keller-Sutter. Malgré des centaines de postulations, il est dans certains cas quasi impossible pour une personne qui arrive en fin de droit à 60 ans et demi de retrouver un emploi, a renchéri le ministre des affaires sociales Alain Berset.

Pour éviter que de tels chômeurs se retrouvent à l'aide sociale, le gouvernement souhaite introduire une prestation transitoire couvrant les besoins vitaux pour un groupe ciblé de personnes en fin de droit à plus de 60 ans. Le chômeur ne pourrait pas y accéder s'il n'a pas cotisé au minimum durant vingt ans aux assurances sociales et a dépassé les 100'000 francs de fortune.

La rente ne pourrait excéder 58'350 francs pour une personne seule (87'525 francs pour les couples). Quelque 1600 personnes y auraient eu droit l'an dernier pour un coût de 95 millions. Le Département de l'intérieur va préparer un projet à mettre en consultation avant l'été.

Pour la libre-circulation

Cette mesure n'est pas le seul moyen de sauver la libre circulation des personnes, a précisé Mme Keller-Sutter. Mais les citoyens de plus de 50 ans peu qualifiés ont voté plus que la moyenne pour l'initiative de l'UDC contre l'immigration en 2014. Il faut éviter qu'ils aient le sentiment de se faire évincer du marché du travail par l'immigration d'autant que la concurrence va s'intensifier avec l'évolution démographique.

Le Conseil fédéral s'est aussi réjoui que le résultat soit le fruit d'un compromis entre les partenaires sociaux. Ces derniers ont à nouveau serré les rangs en faveur du bien commun, une normalisation de bon augure pour le dossier européen, se sont félicités les deux ministres. Le gouvernement doit aussi finaliser d'ici l'été son message appelant au rejet de l'initiative de l'UDC contre la libre circulation.

Bilan dès 40 ans

Une partie des autres mesures annoncées doivent éviter aux personnes d'un certain âge d'être évincées du marché de l'emploi. Dès 40 ans, elles devraient pouvoir accéder gratuitement à un bilan professionnel, une évaluation de potentiel et un conseil de carrière. Après un projet pilote en 2020, les cantons devraient mettre en oeuvre la mesure entre 2021 et 2024.

Les formations et les perfectionnements devraient par ailleurs pouvoir être validés plus facilement qu'aujourd?hui. Le Conseil fédéral entend en outre lancer un programme d'impulsion, avec une offre de conseil renforcée, pour réintégrer sur le marché du travail des demandeurs d'emploi âgés difficiles à placer.

Enfin, un accès facilité à des mesures de formation ou d?emploi est prévu pour les chômeurs en fin de droit de plus 60 ans. Impossible actuellement d'en bénéficier une fois le droit aux indemnités échu. Cette mesure devrait coûter 21 millions sur la période 2020 à 2022.

Intégrer les étrangers

Le gouvernement souhaite aussi limiter le recours à l'immigration en améliorant l'intégration professionnelle des étrangers déjà sur place. Le préapprentissage d'intégration, qui a permis à 700 jeunes réfugiés et personnes admises à titre provisoire une préparation ciblée à l'apprentissage, sera ouvert aux jeunes étrangers arrivés tardivement en Suisse en dehors du domaine de l'asile.

L'offre sera prolongée de deux ans jusqu'en 2023/2024 et étendue aux métiers des soins et des technologies de l'information et de la communication. Quelque 1500 places seront proposées au lieu de 1000.

Le Conseil fédéral va enfin lancer un projet pilote de soutien financier pour les réfugiés et les requérants d'asile admis à titre provisoire qui sont difficiles à placer sur le marché de l'emploi. Le but visé est que l'employé décroche un contrat de travail de longue durée. La Confédération veut contribuer au programme à hauteur de 11,4 millions de francs sur trois ans.

Ce bouquet s'ajoute à l'obligation de réserver temporairement l'annonce de certains postes vacants aux offices de placement et aux mesures pour concilier vie professionnelle et vie privée. Une initiative pour lutter contre la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée avait aussi été lancée sous l'égide de l'ancien ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann. Celle-ci est restée «pour le moins assez vague», a critiqué Mme Keller-Sutter.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Amateur le 15.05.2019 19:20 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Réalité

    16 ans dans plusieurs banques et doit prendre un boulot de plongeur à 3'300 chf brut à 53 ans !! Merci les politiciens dans votre confort et sans précarité ! Sachez que les licenciements commencent à 50 ans et que je dois rembourser une dette (je n'en avait pas avant) créé par l'hospice général de plus de 20'ooo Chf, car je détiens un pseudo bien immobilier de 30'000 donné par mes parents, fruit de leurs années de dur labeur, que je ne peux vendre ! J'ai payé des impôts à hauteur de 2700 par mois et remarque que l'aide pour les suisses né dans ce pays sont lamentables !! Un Suisse désabusé !

  • Daniele le 15.05.2019 17:59 Report dénoncer ce commentaire

    La minute fou rire

    Les patrons doivent bien rigoler. Le contrat précaire devient la norme (contrat temporaire, contrat à temps partiel,...) en Suisse. C'était impensable il y a encore 10-15ans en arrière. Et est arrivé la fameuse libre circulation des personnes. Que du bonheur pour les patrons.

  • sophie le 15.05.2019 18:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Séniors et RI

    C est le moment d y penser à ces séniors ! Juste avant la votation du 26 mai. Maintenant à voir si les patrons vont jouer le jeu! j en doute fortement !

Les derniers commentaires

  • Ex fonctionaire OIT dans la rue le 16.05.2019 10:10 Report dénoncer ce commentaire

    4700 sfr au chomâge 6500 sfr de charges

    Dame 56 ans parlant 7 langues archi diplomée monde de la science et licenciée du groupe Elvetino a 58ans, elle poussait les chariots,perte de la maison familliale , isolée etc a Genéve comme bien d autres employés des ex monopoles qui habitaient des quartiers gentrifiés aux loyers qui ont explosés pas de posssibilité d aller travailler a Zurich salaire trop bas refusée par de nombreuses régies immobilières d des histoires comme cela il y en a a la pelle ...

  • Dom le 16.05.2019 09:59 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Honte pour un pays riche

    Complètement à côté de la plaque ou grand footage de g.....Comme par hasard, on voudrait nous faire passer la pilule de travailler encore plus ! Tout le système est à revoir et pas des mesurettes pour nous endormir ! Après arrêtons de voter pour ces partis bourgeois qui s'en foutent complètement du bon peuple suisse ou autochtones qui doit juste payer ses impôts, subir et se faire enfumer !!! Les jeunes peinent à trouver un job ou en stage à longue durée et les seniors peinent à trouver déjà à partir de 45 ans, 50 ans c'est déjà la galère et 55 ans on en parle même pas... on va où là ?!

  • P.A. le 16.05.2019 09:38 Report dénoncer ce commentaire

    @Motivation

    Donc, ces partis qui veulent soi-disant du social, ne proposent des solutions d'aide que pour contrer une initiative de l'UDC ? cela pourrait être drôle si ce n'était pas si triste...

  • Monster le 16.05.2019 07:51 Report dénoncer ce commentaire

    L'économie marche très bien

    Du bla-bla, on joue à la chaise musicale, des milliers de jeunes attendent du travail, les salariés sont pressurisés, les pays étrangers exportent leurs chômeurs. Nen déplaise aux patronat et aux politiques, mais cest la redistribution du travail quil faut revoir. Travailler moins est une solution, plutôt que de systématiquement rejeter la charge sur les salariés. Les chiffres le prouvent léconomie marche très bien, le nombre de riches est en constante augmentation, il suffit juste de redistribuer un peu les richesse.

  • Pierre le 15.05.2019 23:59 Report dénoncer ce commentaire

    Révolté

    Que du vent et de belles paroles. Licencier fin juillet 2017 à 59 ans je vais me retrouver au social à partir du 1er août et ceci grâce à nos autorités grassement payés. En effet durant mon délai de résiliation, j'ai eu un contact positif avec une entreprise concurrente qui ma fait signé un contrat avec des conditions générales attractives. La société en question à demandé l'allocation d'insertion pour une durée de 3 mois à la caisse de chômage ( beco ) du canton de Berne et à ma grande surprise ces bouffons me l'on refusé. Quel gâchis !!!

    • P.A. le 16.05.2019 09:36 Report dénoncer ce commentaire

      @Pierre

      Donc l'entreprise qui vous trouvait intéressant, à préféré ne pas faire appel à vous juste parc qu'on lui refusait 3 mois d'allocations ? cette société vous aurait viré après la période d'essai sous un quelconque prétexte et recommencé avec un autre senior. Pas sûr que cela aurait été mieux pour vous.