Suisse

08 juillet 2014 18:41; Act: 08.07.2014 21:20 Print

Berne prête à soutenir l'Italie sur l'immigration

L'accueil des migrants qui traversent la Méditerranée a été au coeur de la réunion informelle du Conseil Justice et Affaires intérieures de l'Union européenne, mardi, à Milan.

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L'Italie fait face à une importante arrivée de migrants depuis des mois. (Photo: Reuters/Handout)

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L'accueil des migrants qui traversent la Méditerranée a été au coeur de la réunion informelle des ministres européens de l'Intérieur mardi à Milan. Si les Européens refusent de modifier les règles pour l'asile, plusieurs Etats membres et la Suisse sont prêts à soutenir l'Italie dans ses efforts.

Depuis janvier 2014, quelque 70 000 réfugiés ont gagné les côtes italiennes. Les autres Etats doivent se montrer solidaires, a indiqué à l'ats la cheffe du Département fédéral de justice et police (DFJP) Simonetta Sommaruga, qui participait à la réunion.

La Suisse est prête avec d'autres Etats à soutenir l'Italie, notamment pour l'accueil et l'enregistrement des réfugiés qui arrivent. Mme Sommaruga a également assuré le ministre italien de l'Intérieur Angelo Alfano de cette disponibilité.

Devant le plénum du Conseil, la conseillère fédérale a souligné que le fait que tous les réfugiés qui arrivent ne puissent pas être enregistrés mine le fonctionnement du système Dublin. Il pose également un risque pour la sécurité de l'Europe entière, puisque des personnes entrent dans l'espace Schengen sans que leur identité n'ait été vérifiée.

Mme Sommaruga a rappelé que la coopération avec les États tiers, notamment avec la Libye, était une priorité pour la Suisse. «Nous ne pouvons pas tolérer que des criminels profitent de la détresse humaine et jouent avec la vie de migrants», a-t-elle souligné.

Refus problématique

Mardi, la Commission européenne a déploré le refus européen de modifier les règles pour l'asile, ce qui alimente les filières clandestines. «Pour le moment, les réfugiés ont une toute petite voie d'accès à l'Union européenne, c'est la réinstallation. Il n'y a rien d'autre», a souligné la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström.

«Les pays voisins de la Syrie accueillent 3 millions de réfugiés, et moins de 100'000 ont été réinstallés dans les 28 pays de l'UE. Ce n'est pas beaucoup», a-t-elle par ailleurs déploré.

Règles très strictes

Les règles en matière d'asile sont très strictes dans l'UE. La demande est traitée par le pays d'entrée et la prise des empreintes digitales à l'arrivée vise à empêcher l'ouverture d'un dossier dans un autre pays. Nombre de réfugiés sont contraints de passer par les filières clandestines pour contourner ces règles et gagner le pays européen de leur choix.

Confrontés à un afflux massif, les pays d'arrivée comme l'Italie ont le sentiment d'être abandonnés par leurs partenaires européens. Les pays du nord affirment avoir eux aussi leur part de migrants et accusent les pays d'entrée de ne pas contrôler leurs frontières.

Sauvetage «incitatif»

En un peu plus de huit mois, 73'686 personnes ont été sauvées, soit une moyenne de 270 par jour, par les unités de la marine italienne engagées dans l'opération Mare Nostrum lancée en octobre dernier, quelques jours après la mort de 366 migrants noyés au large de l'île de Lampedusa.

Mais l'opération est également critiquée pour «son effet incitatif». «Les passeurs savent que les embarcations seront récupérées et on est en train de faire leur fortune», a confié un responsable européen.

(ats/afp)