Conseil fédéral

16 décembre 2011 13:37; Act: 16.12.2011 17:42 Print

Berset à l'intérieur, Burkhalter au DFAE

Alain Berset (PS) reprend le Département fédéral de l'intérieur, laissé par Didier Burkhalter (PLR) qui prendra la tête des Affaires étrangères (DFAE).

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Alain Berset s'est consacré à plein temps à la politique depuis son élection au Conseil des Etats en 2003. La politique lui en a été reconnaissante en faisant de lui, à 39 ans, un des plus jeunes conseillers fédéraux de Suisse et le quatrième conseiller fédéral fribourgeois de l'histoire. Certains le disent pressé et ambitieux. Son apparence véhicule d'autres messages: posé, le verbe ferme et aisé, toujours élégant, ayant adopté l'uniforme du notable, costume sombre et chemise blanche, M. Berset n'a jamais l'air stressé, toujours affable. A Berne, il s'est très vite imposé comme poids lourd dans son groupe et comme Romand écouté aux Etats. Sa connaissance des dossiers économiques en a fait un orateur incontournable depuis que la crise financière a éclaté, démontrant au passage que le PS peut avoir un discours rigoureux et technique sur la question. En outre, il ne collectionne pas les mandats. Il a quelques activités associatives: il préside par exemple la fondation fribourgeoise dédiée aux personnes handicapées «Les Buissonnets», ainsi que la branche romande de l'Association suisse des locataires (Asloca). Ici avec son épouse Muriel Zehnder Berset. Pianiste à ses heures, M. Berset habite toujours la maison familiale à Belfaux. Il est marié et père de trois enfants. Il savoure sa victoire en enlaçant son grand-père François... ... et sa grand-mère Angélique. Derrière l'élection d'Alain Berset se cache le désaveu du premier parti de Suisse. Le renouvellement du Conseil fédéral est un échec cinglant pour l'UDC. L'UDC n'a réussi à déloger aucun ministre en poste et n'a pas perturbé l'élection du socialiste Alain Berset, seul nouveau venu au gouvernement. Une question reste ouverte: son passage dans l'opposition. Micheline Calmy-Rey a quitté la présidence de la Confédération qu'elle aura occupée deux fois. Mais ce sont ses neuf ans passés aux affaires étrangères qu'elle a avant tout évoqués en prenant congé mercredi du Parlement. Très émue, la gorge nouée, elle avait auparavant écouté l'hommage rendu par ses collègues. L'un des enjeux de l'élection était de savoir si l'UDC allait parvenir à reconquérir un deuxième siège. Le Vaudois Pierre-Yves Maillard est arrivé sous les crépitements des flashs, avant de se rendre dans la salle des pas perdus. Il est l'un des socialistes candidat à la succession de Calmy-Rey... ... avec le Fribourgeois Alain Berset Doris Leuthard a été confortablement réélue avec 216 voix. Puis Eveline Widmer-Schlumpf (ici à droite) a récolté 131 voix. Ueli Maurer l'a suivi avec 159 voix. Réélection également confortable pour Didier Burkhalter. Le Neuchâtelois obtient 194 voix. L'UDC mise désormais tout sur son candidat Jean-François Rime et retire la candidature de Hansjörg Walter. Par la suite, Simonetta Sommaruga a été réélue avec 179 voix... ... tout comme Johann Schneider-Ammann (ici suivi de Chancelière de la Confédération Corina Casanova) avec 159 voix. Trois Romands sont en lice pour succéder à Micheline Calmy-Rey: Jean-François Rimne (UDC/FR), Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et Alain Berset (PS/FR). Ce dernier est arrivé en tête du premier tour avec 114 voix contre 59 pour ses adversaires du jour. Alain Berset a été élu au Conseil fédéral au deuxième tour de la succession de Micheline Calmy-Rey. Le conseiller aux Etats socialiste fribourgeois a obtenu 126 voix, alors que la majorité absolue était fixée à 123 voix. Il est le nouveau membre du Conseil fédéral. Le conseiller fédéral réélu Ueli Maurer a déclaré que l'UDC se remettra de la perte d'un deuxième siège mais que «ce n'est pas un bon jour pour la Suisse». L'élection du Zurichois a été accueillie par une standing ovation... ...tandis que celle d'Eveline Widmer-Schlumpf a été reçue par des sifflets des partisans UDC.

Sur ce sujet
Une faute?

Le libéral-radical Didier Burkhalter reprendra en janvier les rênes de la diplomatie suisse. Après deux ans en poste, il laisse un ministère des affaires sociales en chantier au nouvel élu socialiste Alain Berset. Celui-ci hérite d'un dicastère crucial mais risque de devoir batailler avec ses camarades.

Cette nouvelle répartition a été décidée à l'unanimité et dans un très bonne atmosphère, lors d'une courte séance, s'est contenté de préciser vendredi le vice-chancelier André Simonazzi. Les deux ministres ne sont pas venus devant la presse.

Par voie de communiqué, Alain Berset s'est dit «très satisfait» et a affirmé «se réjouir de ces nouveaux défis intéressants». Il fera un premier bilan après ces 100 jours. Didier Burkhalter préfère lui se concentrer d'abord sur les dossiers.

Selon son porte-parole, il a souhaité changer de dicastère par intérêt pour un département appelé à prendre de l'importance et pour l'aide au développement. La perte de la recherche et de la formation au profit du Département de l'économie n'y serait pour rien.

Dossier européen à régler

Le style polissé du Neuchâtelois devrait tout à fait convenir aux salons feutrés de la diplomatie. Il n'en devra pas moins retrousser ses manches pour sortir le dossier européen de l'impasse. Plusieurs projets d'accords restent sur le balan. Si à Berne, on évoque un nouveau paquet général, l'Union européenne (UE) tient à régler d'abord les questions institutionnelles et souhaite une reprise automatique du droit communautaire.

D'âpres négociations sont à prévoir vu le refus suisse. Le Conseil fédéral préfère évoquer un droit de codécision et de participation qui s'appliquerait à l'ensemble des accords. La forme concrète reste ouverte. Le gouvernement dispose de rapports d'experts mais n'a rien voulu dévoiler.

Bastion neuchâtelois et socialiste

Avec l'arrivée de Didier Burkhalter au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), la Suisse renoue avec une longue tradition neuchâteloise. Le dernier chef de la diplomatie de ce canton a été René Felber, parti fin mars 1993. Le dernier radical, il y a 50 ans, était lui aussi neuchâtelois: Max Petitpierre, qui a laissé une empreinte durable, a quitté le dicastère en 1961.

Outre des interludes UDC (Friedrich Wahlen 1961-1965) et PDC (Flavio Cotti 1993-1999 puis Joseph Deiss jusqu'à fin 2002), le DFAE est un bastion socialiste. La ministre sortante Micheline Calmy-Rey (GE), Willy Spühler (ZH) et les Neuchâtelois Pierre Graber, Pierre Aubert et René Felber étaient membres du PS.

Retour du PS au DFI

Le Fribourgeois Alain Berset aurait tout aussi bien pu s'atteler à la tâche, avec sa maîtrise de cinq langues (français, allemand, anglais, espagnol, portugais). Celui qui a réussi le concours diplomatique mais s'est tourné vers une autre carrière et s'est spécialisé dans les finances et l'économie avait laissé entendre qu'il s'intéressait au DFAE.

Avec son arrivée au Département fédéral de l'intérieur (DFI), un dicastère clé retourne au PS. Depuis 1960, deux autres socialistes s'y sont illustrés. Le Bâlois Hans Peter Tschudi, généralement connu comme le père de l'AVS, l'a dirigé de 1960 à 1973.

Après un intermède démocrate-chrétien, la Genevoise Ruth Dreifuss a repris le flambeau de 1993 à fin 2002, avant que le radical Pascal Couchepin ravisse ce discatère. Faute d'avoir en deux ans réglé les grands dossiers, Didier Burkhalter a au moins pu pacifier le climat.

Quitte ou double

Les affaires sociales sont un morceau de choix pour les socialistes qui souhaitent y laisser leur empreinte, mais la tâche pourrait s'avérer ardue pour Alain Berset. Il devra rapidement affronter ses camarades devant les urnes.

Le PS a en effet lancé un référendum contre le projet de réseau de soins intégrés (Managed Care). Et une prochaine échéance en votation populaire devrait être l'initiative pour la caisse maladie unique, un autre cheval de bataille du PS.

Il reviendra également à Alain Berset de surveiller la mise en oeuvre de la délicate réforme du financement hospitalier. Le Fribourgeois devra aussi faire passer un nouveau durcissement concernant l'assurance invalidité (AI). La bataille au Parlement s'annonce rude au sujet de la suppression des échelons de rentes sur laquelle plane déjà des menaces de référendum.

Le Fribourgeois devra encore présenter l'an prochain un rapport sur l'avenir du 2e pilier. Le peuple ayant donné raison au PS en refusant d'accélérer la baisse du taux de conversion, d'autres pistes dont la mise à contribution des rentiers sont à l'étude, alors que les perspectives des marchés financiers sont mauvaises.

Après l'échec de la 11e révision de l'AVS au Parlement, ce sera finalement à Alain Berset de remettre l'ouvrage sur le métier, son prédécesseur libéral-radical n'ayant pas lancé de grande réforme pour assurer le financement à long terme.

(ats/ap)

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Les commentaires les plus populaires

  • didier cruche le 16.12.2011 16:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    felber bis ?

    si le nouveau est aussi bon que felber, le dfae va pas faire des etincelles...

  • La Manche le 16.12.2011 16:48 Report dénoncer ce commentaire

    La gauche ultra molle

    Rien à espérer de se digne représentant de la gauche caviar!

  • m'a tu vu..... le 17.12.2011 13:42 Report dénoncer ce commentaire

    IL EST TELLEMENT BEAU ET FORT

    Comme tout lui réussit: Il y a pas de raison qu'il arrivera pas à faire baisser les primes d'assurance maladie !!!

Les derniers commentaires

  • La Fouine le 17.12.2011 17:12 Report dénoncer ce commentaire

    Face à ses responsabilités? Mdr

    La gauche faire face à ses responsabilités? De tout temps elle a été irresponsable alors peut-être que demain ce sera: "Coupable mais PAS RESPONSABLE"

  • Adrien montard le 17.12.2011 14:06 Report dénoncer ce commentaire

    Enfin!!!

    Berset va enfin nous montrer ce que soit disant , il sait faire.. ce sera plus difficile que de serrer les mains, le matin en gare de Belfaux!!!

  • m'a tu vu..... le 17.12.2011 13:42 Report dénoncer ce commentaire

    IL EST TELLEMENT BEAU ET FORT

    Comme tout lui réussit: Il y a pas de raison qu'il arrivera pas à faire baisser les primes d'assurance maladie !!!

  • julien rapart le 17.12.2011 11:08 Report dénoncer ce commentaire

    petit salaire

    avec fr 440000.-- et tout le reste, vous croyez sincèrement qu'il ne va pas cracher dans la soupe. pauvre peuple dirigé par des technocrates cupides

  • FauxCils le 17.12.2011 09:26 Report dénoncer ce commentaire

    La voie de garage

    Ce département est dirigés par les compagnies d'assurances, Berset n'aura absolument rien à dire, même Burkhalter n'avait rien à dire, il est d'ailleurs très heureux de passer la patate chaude à Berset.