Fédérales

20 octobre 2019 17:20; Act: 21.10.2019 00:08 Print

La vague verte bouleverse les équilibres au National

Avec une force électorale bondissant de 5,9% à 13%, les Verts vont détrôner le PDC comme quatrième force politique du pays.

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La vague verte historique de dimanche bouleverse les équilibres au National. Selon les projections de la SSR, Verts et Vert'libéraux ont convaincu plus d'un électeur sur cinq. Tous les partis gouvernementaux perdent des sièges, mais le camp rose-vert sera plus fort.

Pour la présidente du Parti écologiste Regula Rytz, c'est un véritable «tremblement de terre». Le parti pourrait rafler 17 sièges de plus et en détenir 28 à la Chambre du peuple, une poussée jamais vue depuis un siècle, plus forte que les 15 sièges empochés par l'UDC en 1999 et qui place le parti à un niveau historique.

Avec une force électorale bondissant de 5,9% à 13%, les Verts vont détrôner le PDC comme quatrième force politique du pays. Les Vert'libéraux font plus que doubler leurs mandats de sept à seize et en détiendront enfin plusieurs au lieu d'un seul côté romand avec une force électorale record pour eux de 7,6% ( 3%).

A priori favorables à des mesures en faveur du climat, gauche, PVL et Parti évangélique auront toujours besoin de quatorze voix issues du PDC et du PLR pour obtenir une majorité sur le sujet au National. L'objectif devrait donc être facile à atteindre, même s'il faudra convaincre le Conseil des Etats où le camp rose-vert restera nettement minoritaire et les Vert'libéraux absents.

Plancher historique pour le PS

La gauche a beau se renforcer nettement au total, le PS fait partiellement les frais de la vague verte. Avec 38 sièges (-5), le parti tombe à son plus bas niveau depuis 1919 au National et il pourrait perdre plusieurs sièges au Conseil des Etats. Les socialistes n'ont pas réussi à convaincre les électeurs de leur sensibilité écologique.

Avec seulement une douzaine de sièges d'écart, les Verts ne pourront plus être considérés comme des «petits frères» par le PS. Les deux partis totalisent 68 sièges avec l'extrême-gauche. Ils devront continuer à composer avec les partis du centre s'ils veulent casser la majorité bourgeoise au Parlement.

PDC faiseur de rois

Surtout grâce à la victoire des Vert'libéraux, le centre-droit sort son épingle jeu. Donné perdant pas les sondages, le PDC conserverait une force électorale stable (11,4%), mais pourrait perdre trois mandats au National. Il gardera néanmoins son rôle de faiseur de majorité, aussi pour le camp conservateur.

L'actuelle majorité UDC/PLR de 101 voix tombe en effet au National. Les deux partis ne détiennent plus que 83 voix à eux deux. D'abord donné gagnant dans les sondages, le PLR régresse de 1,1 point à 15,3% et doit céder 4 sièges. Il devra prouver que son récent revirement écologique est durable.

L'UDC reçoit une claque et perd 11 sièges, soit 3,6% des électeurs. Mais avec 25,8% de voix, le parti caracole toujours en tête des partis suisses et reste plus fort qu'en 1999. L'ultradomination du thème climatique, l'absence de vague de réfugiés en Suisse et le blocage de l'accord-cadre avec l'UE l'ont empêché de mobiliser les électeurs sur son cheval de bataille migratoire.

Vague violette

L'influence de la rue a été particulièrement forte. Outre les défenseurs du climat, quelque 500'000 femmes ont manifesté en faveur de l'égalité. Résultat: un record de candidatures féminines et une vague violette au Parlement. La part de femmes pourrait passer de 32% à 40% au National avec plus de 78 élues. Au Conseil des Etats, elles pourraient passer de six à dix.

La pression de la rue n'a pas dopé la participation qui devrait avoisiner les 45%. Le thème climatique n'a semble-t-il pas mobilisé les électeurs de droite ou alors en faveur des Vert'libéraux. La généralisation des campagnes numériques n'a pas non plus poussé davantage d'électeurs aux urnes.

(nxp/ats)