Bâle-OSCE

03 décembre 2014 21:44; Act: 03.12.2014 22:04 Print

Burkhalter veut évoquer l'Ukraine «plus librement»

Le Conseil ministériel de Bâle ne sera pas «business as usual», a déclaré mercredi Didier Burkhalter, qui s'attend à passer «beaucoup de temps» à échanger sur la crise ukrainienne.

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Le président de la Confédération conclut son année à la tête de l'OSCE. (Photo: Keystone/Filip Singer)

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«Beaucoup de temps sera consacré à des discussions informelles et des rencontres entre ministres» lors du Conseil ministériel de Bâle jeudi et vendredi, a dit mercredi Didier Burkhalter devant la presse. Ces entrevues devraient permettre de «parler plus directement, plus librement«de l'Ukraine, a-t-il souligné.

Le Conseil ne sera pas «business as usual», a affirmé le président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a qualifié le cessez-le-feu annoncé la veille à Donetsk et Lougansk de «bonne nouvelle, mais il faut que cela tienne». Didier Burkhalter a salué quoi qu'il en soit le fait que des officiers russes et ukrainiens se soient parlés directement pour définir la ligne de front.

Rencontres bilatérales prévues

Mercredi soir, Didier Burkhalter devait avoir une discussion bilatérale avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry à son arrivée à Bâle. De source diplomatique russe, citée par l'agence Tass, ce dernier parlera ensuite dans le courant de la semaine avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, également présent.

Les relations entre Moscou et Washington sont au plus bas en raison du conflit séparatiste dans l'Est de l'Ukraine et d'autres pommes de discorde comme le conflit syrien ou le commerce bilatéral.

Trois priorités

Lors du point presse de mercredi, M. Burkhalter a aussi dévoilé ses trois priorités quant au Conseil des ministres, où sont attendus jeudi et vendredi quelque 1200 représentants des 57 Etats membres de l'OSCE.

Il désire un engagement fort pour l'accord de Minsk conclu en septembre, une amélioration, à moyen terme, des capacités de l'organisation et le lancement d'un panel de personnalités de haut niveau.

Cent recommandations

Parallèlement au Conseil ministériel, les organisations de la société civile organisent chaque année une conférence de deux jours. A la conférence de presse de clôture mercredi en fin d'après-midi, Yuri Dzhibladze, représentant de la Civic Solidarity Platform, a transmis solennellement la «Déclaration de Bâle» à Didier Burkhalter, dont il a salué le soutien.

Le document, qui synthétise «une année de travail» des organisations civiles, a été adopté par près de 120 de ses représentants réunis depuis mardi dans la cité rhénane.

Intolérance organisée

Il comporte une centaine de recommandations pour l«année à venir avec un accent sur la montée des discriminations et de l'intolérance, a souligné M. Dzhibladze.

Autre représentante de cette plate-forme de la société civile, Isabella Kisic a détaillé les aggravations dans les manifestations d'intolérance: «la discrimination, le racisme et l'intolérance ont pris des formes plus organisées. Certains Etats ont adopté des lois discriminatoires. Et il y a une acceptation grandissante de l'intolérance et un manque de réponses claires», a-t-elle déploré.

Une barre placée «très haut»

Didier Burkhalter a reçu le texte de plus 80 pages en remerciant les participants pour leur importante contribution. Il a enfin offert le soutien de la Suisse à la Serbie - prochaine présidente de l'OSCE - dans la mise en place des recommandations. «Nous allons continuer le travail au-delà de notre présidence», a-t-il déclaré.

«Vous avez placé la barre très haut», a réagi Dejan Sahovic, chef de la Task Force pour la présidence serbe de l'OSCE. «Nous allons continuer où la Suisse s'arrête. J'espère que vous nous soutiendrez pour sauter aussi haut», a-t-il dit en riant à M. Burkhalter.

(ats)