Travail

22 mai 2019 14:20; Act: 22.05.2019 14:29 Print

Cadres féminins: la Suisse peut mieux faire

Peu de femmes cadres, moins bien payées que les hommes et faible proportion de diplômées du supérieur: l'Organisation internationale du travail dresse un portrait sévère de la Suisse.

storybild

Le monde du travail reste encore très défavorable aux femmes en Suisse.

Sur ce sujet
Une faute?

Plus de 60% des entreprises dans le monde attentives à la diversité entre hommes et femmes dans des postes à responsabilités étendent leurs bénéfices. La Suisse fait partie des mauvais élèves sur le décalage salarial, dit un rapport de l'OIT publié mercredi à Genève.

En Europe et en Asie centrale, seuls l'Italie, le Kazakhstan et Israël paient encore moins bien les femmes cadres par rapport à leurs homologues masculins. Sur l'ensemble des employés, la Suisse est la troisième plus mauvaise, derrière l'Autriche et Israël, affirme l'Organisation internationale du travail (OIT) après un sondage auprès de 13'000 entreprises de 70 pays au total.

Elle arrive aussi en milieu de liste, à la 21e place, pour la part de femmes parmi les cadres, environ un tiers. Elle est également l'un des pays où le pourcentage de femmes diplômées du supérieur par rapport aux hommes est le plus bas.

Dans le monde, malgré les engagements des entreprises, les avancées pour davantage de femmes aux postes à responsabilités sont «partagées», a expliqué devant la presse une responsable de l'OIT. Le nombre de patronnes n'a pas vraiment augmenté récemment et s'établit toujours à moins d'un quart.

Certains pays font mieux, d'autres ont vu la situation se détériorer. Autre donnée, les femmes dirigent plutôt des PME. Elles constituent 26% des chefs de ces entreprises.

Loi suisse votée

En Suisse, pour les entreprises cotées d'au moins 250 employés, la loi prévoit désormais des quotas de 30% de femmes dans les conseils d'administration et de 20% des cadres. Elle a été votée après les indications rassemblées pour le rapport de l'OIT.

Or, celui-ci précise que les effets bénéfiques de la diversité sont observés dès qu'au moins 30% de femmes comme dirigeantes ou hautes responsables oeuvrent dans une entreprise. Près de 60% des sociétés n'atteignent pas cette part.

Pour autant, l'OIT ne recommande pas formellement des quotas. La culture d'entreprise est cruciale plutôt que d'imposer un dispositif, estime la responsable de l'organisation. Certes, la part a augmenté en Norvège mais les mêmes femmes se retrouvaient souvent dans les conseils d'administration.

Les intérêts pour les entreprises qui affichent une politique de diversité, près de trois quarts de celles interrogées, sont importants, montre le rapport. Près de trois quarts de ces sociétés observent une extension de leurs résultats de 5 à 20%. La majorité atteignent une augmentation de 10 à 15%.

Elles ont 9% de possibilités supplémentaires d'améliorer leur succès par rapport aux autres sociétés. Près de 58% des personnes interrogées admettent que les initiatives pour davantage de diversité entre hommes et femmes y contribuent.

Femmes peu nombreuses dans les conseils d'administration

Le même nombre considère qu'il est plus facile d'attirer des collaborateurs de qualité. Quasiment autant ajoutent que la marque de l'entreprise a été renforcée.

Plus de la moitié disent être plus innovantes. Et autre indication, selon des chiffres sur près de 30 ans jusqu'en 2017 auprès de plus de 185 pays, l'augmentation du taux d'activité des femmes, partout sauf en Asie/Pacifique, et la croissance du Produit intérieur brut (PIB) sont liées.

Les bénéfices sont aussi plus importants en cas de parité au conseil d'administration, avec 20% de possibilités supplémentaires de les étendre, et si celui-ci est piloté par une femme. Mais moins d'un tiers des entreprises honorent le seuil minimal d'un tiers de femmes à ces fonctions. Environ une société sur huit n'en rassemble même aucune dans son organe de surveillance.

Les tâches familiales constituent toujours un obstacle et une culture d'entreprise établie sur les hommes ne favorise pas non plus la diversité. L'organisation souhaite des politiques plus favorables comme la diminution des écarts de rémunération entre hommes et femmes, de la flexibilité et des congés paternité. Selon la responsable de l'OIT, les entreprises modifient leur attitude parce qu'elles veulent refléter davantage leurs marchés et la société plus large.

(nxp/ats)

Les commentaires les plus populaires

  • Dom le 22.05.2019 15:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Soyons directs svp

    Arrêtons le blabla et passons directement à l'objectif voulu par ces faux constats: la destruction de la cellule familiale et la reproduction contrôlée. C'est en effet le dessein de ce qui ressemble à un rouleau compresseur qui tente d'influencer notre perception. L'égalité est un fantasme et n'existe nulle part dans la nature. Tel poste exige un âge maximum, où est l'égalité ? Ah oui, là c'est toléré car différent... Qui choisit sur quels points il doit y avoir égalité ? Laissons les hommes/femmes faire ce qu'ils veulent, à point c'est tout.

  • maxou le 22.05.2019 15:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    quand ça arrange

    j attend tjs de voir le même article mais parlant de poste comme éboueurs, mineurs ect.. Sans compter mesdames que il y a des lois qui sont de votre coter donc si vous contacter jamais l état poures amender a propos de ça les entreprise Continueront... Je dis ça je dis rien

  • D'ailleurs le 22.05.2019 16:26 Report dénoncer ce commentaire

    Tiens

    Cet article ayant piqué ma curiosité, je suis allé jeter un oeuil sur la 'Plateforme égalité salariale' de la confédération: Dixit la rubrique 'Ecarts de salaire", l'écart homme-femmes se monte à 18.3% (soit 7946.- vs 6491.- pour les salaires moyens). DE L'AVEU MÊME de cet office, 56% (!!!) de cet écart est JUSTIFIE (+ de compétences/ancienneté/niveau de formation). Donc si on fait le calcul, l'écart lié à la 'discrimination des méchants machos' ne se monte plus qu'a 18.3*44% = 8% (Soit 7946.- vs 7306.-).

Les derniers commentaires

  • Giulia le 24.05.2019 11:14 Report dénoncer ce commentaire

    Je l'ai échappée belle

    Chaque fois que je lis les commentaires 20 minutes, je me félicite d'avoir fait un bébé toute seule, de bosser à 100 % et de n'avoir aucun homme dans ma vie !

  • Femmes des années 80 le 23.05.2019 11:38 Report dénoncer ce commentaire

    Pas encore pour demain...

    Donc, nous sommes moins bien payées et on veut mettre notre retraite à 65 ans. Salaires égaux = Âge de la retraite égal.

  • Kim le 23.05.2019 08:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Force est de constater...

    Qu'en lisant les commentaires du 20 Minutes, le processus sera encore long tant les esprits réactionnaires sont puissants en Suisse. Pauvres femmes suisses, il est temps de faire valoir notre dû!

  • valentin le 22.05.2019 17:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la neutralité la dedans ?

    j'aimerais bien voir ces statistiques et d'où elles viennent, échantillon etc car ça m'a l'air quand même bien tiré par les cheveux pour faire passer un message...de plus si les femmes étaient réellement moins bien payé pour des compétences similaires, on engagerait que des femmes, les CEO sont souvent assez content de payer moins de charge salariale (surtout si au final ça ne change rien à la productivité (c'est magique ça augmente même!), ambiance de travail...)

  • Jacko le 22.05.2019 17:19 Report dénoncer ce commentaire

    Et les autres métiers?

    Et qu'en est-il des métiers comme plombier, éboueur, électricien, par exemple? Étrangement on n'entend aucune femme se plaindre de n'être pas représentées dans ces corps de métier

    • Mais oui ! le 24.05.2019 11:09 Report dénoncer ce commentaire

      @Jacko

      Et quand est-il des métiers comme coiffeuse, assistante en soins ou en maternel, nettoyeuse, caissières, voire même prostituées. On n'entant pas beaucoup d'hommes se plaindre d'y être sous-représentés !