Présidentielle française

23 avril 2017 22:01; Act: 23.04.2017 22:08 Print

Christian Lüscher «déçu» de la défaite de Fillon

Les politiciens suisses réagissaient dimanche soir au résultat du premier tour de l'élection présidentielle française.

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«Je crains pour la France avec ce duel Macron-Le Pen», a déclaré l'avocat genevois. (Dimanche 23 avril 2017) (Photo: Keystone/Archives)

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Le premier tour de l'élection présidentielle française ouvre une période de «grande incertitude» pour la France, estime le conseiller national Christian Lüscher (PLR/GE). Les citoyens français déçus pourraient quitter l'Hexagone en direction de Genève.

«Une grande incertitude»

«Je crains pour la France avec ce duel Macron-Le Pen», a affirmé dimanche soir à l'ats M. Christian Lüscher. «Je vois une grande incertitude pour l'avenir dans l'Hexagone avec pour corollaire l'immobilier genevois qui pourrait flamber», avec un exode de citoyens français déçus en direction de la Suisse.

«Quant à Emmanuel Macron, c'est à lui de se dévoiler maintenant car durant la campagne il était partout et nulle part à la fois, ni à droite ni à gauche. A coup sûr, nous devrions assister à l'avènement d'une VIe République», a encore indiqué l'avocat genevois, qui se dit «déçu pour François Fillon».

Besoin de centrisme

Pour le conseiller national Dominique de Buman (PDC/FR), «ce premier tour a démontré un besoin inné de centrisme en France» avec le bon score obtenu par Emmanuel Macron. «J'observe également que les primaires autant à gauche qu'à droite ont permis aux candidats les plus typés de chaque camp de l'emporter», ce qui expliquerait en partie l'effondrement du PS et des Républicains.

«Avec l'avènement des réseaux sociaux et des nouvelles technologies, les électeurs ne pardonnent plus le moindre écart aux candidats et nous assistons depuis quelque temps déjà à la révolte des peuples», analyse encore le démocrate-chrétien fribourgeois, pour qui l'avènement d'une VIe République ne fait là aussi guère de doute.

«Pauvre France»

A gauche, la cinglante défaite de Benoît Hamon (loin derrière le quatuor de tête) n'étonne guère le conseiller aux Etats Didier Berberat (PS/NE). Selon lui, «ce résultat était prévisible».

«Le PS s'est complètement effondré. Il paie le prix de ses propres divisions et du bilan négatif du président François Hollande». Selon M. Berberat, un tiers des électeurs de François Fillon devraient reporter leurs voix sur Marine Le Pen lors du second tour. Pour le Parti ouvrier et populaire (POP) vaudois, qui s'est fendu d'un communiqué dimanche, le résultat de Jean-Luc Mélenchon (France insoumise) est «brillant». «Il montre que les idées d'une gauche combative représentent la vision d'une grande partie de la société, que ce soit en France, en Suisse ou ailleurs».

«Pauvre France», s'exclame pour sa part la conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE) qui voit mal comment Emmanuel Macron pourrait par exemple gouverner «sans majorité parlementaire».

(nxp/ats)