Emirats arabes unis

02 octobre 2011 15:20; Act: 02.10.2011 15:32 Print

Cinq opposants boycottent leur procès

Cinq militants pro-démocratie, poursuivis pour insulte aux dirigeants des Emirats arabes unis, ont boycotté dimanche une audience de leur procès. Ils ont dit douter de l'impartialité du tribunal.

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Le policier chargé d'amener les cinq prévenus a dit devant le tribunal que ces derniers lui avaient remis une lettre expliquant leur refus de comparaître, sans donner plus de détails.

Dans une lettre mise en ligne samedi, l'un des accusés, Nasser ben Ghaïth, a annoncé son intention de boycotter le procès, après avoir acquis avec ses camarades, la conviction qu'ils n'auraient pas de «jugement équitable».

L'audience a néanmoins eu lieu devant la Haute cour fédérale de justice à Abou Dhabi, en présence pour la première fois de journalistes et de représentants d'organisations de défense des droits de l'Homme, alors que quatre audiences précédentes avaient eu lieu à huis clos.

Accusation

A l'audience, l'un des avocats, Me Mohammed al-Roken, a dit que ses clients demandaient de pouvoir obtenir le dossier d'accusation, de produire des témoins et la fin des mauvais traitements en détention, ajoutant que les «droits fondamentaux (de ses clients) ont été violés». «Ils sont traités pire que des criminels», a-t-il dit.

Quatre ONG avaient appelé dans un communiqué dimanche à la libération des cinq militants, quatre émiratis et un apatride, détenus depuis près de six mois, qualifiant leur procès d'»injuste».

Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, le réseau Arabic Network for Human Rights Information (ANHRI) et Front Line Defenders ont dit que le procès a été «entaché par des irrégularités» et demandé «l'abandon de toutes les charges et la libération des activistes».

Les militants jugés depuis le 14 juin sont Ahmed Mansour, ingénieur et blogueur, membre du comité consultatif de la division Moyen-Orient de HRW et du réseau ANHRI, Nasser Ahmad ben Gaïth, professeur et partisan de la réforme politique, ainsi que les blogueurs militants Fahd Salem Dalak, Ahmed Abdel Khaleq Ahmed et Hassan Ali al-Khamis.


Critique évoquée

Arrêtés en avril, ils sont accusés d'avoir «commis des actes menaçant la sécurité de l'Etat et portant atteinte à l'ordre public», de s'être «opposés au système de gouvernement» et d'avoir «insulté le président, le vice-président et le prince héritier d'Abou Dhabi», accusations qu'ils ont rejetées en bloc.

Ahmed Mansour et Nasser ben Gaïth sont de plus accusés d'avoir utilisé un forum politique sur internet pour «conspirer contre la sécurité du pays en association avec des parties étrangères».

Plusieurs militants jugés sont signataires d'une pétition publiée en mars et réclamant des réformes politiques, en particulier l'élection au suffrage direct et l'élargissement des pouvoirs du Conseil national fédéral.

Aucune plainte concernant des menaces de mort contre ses clients n'a été enregistrée par les services du procureur général, selon Me'al-Roken. La prochaine audience a été fixée à dimanche prochain.

(ats)