Politique fédérale

30 mars 2019 12:16; Act: 30.03.2019 13:42 Print

Climat: l'UDC ne veut pas de réglementations

Plusieurs poids lourds de l'UDC suisse ont tiré à boulets rouges samedi sur le projet d'accord-cadre avec l'Union européenne (UE), lors de l'assemblée des délégués à Amriswil (TG).

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Albert Rösti, ce 30 mars 2019 à Amriswil (TG). (Photo: Keystone)

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«L'UDC dit non à cet accord», a lancé le président de l'UDC suisse Albert Rösti. «Il s'agit d'un contrat de soumission que la Suisse ne peut et ne doit jamais signer», qui signifierait «la fin de la voie bilatérale». Albert Rösti a aussi vertement critiqué les autres partis gouvernementaux, notamment le PLR qu'il accuse d'avoir vendu son soutien «comme un morceau de pain».

Le conseiller national zurichois Roger Köppel a lui déclaré qu'il était illusoire de penser que l'UE voulait des relations d'égal à égal avec la Suisse. «L'UE veut nous commander et nous dicter. Nous devons simplement obéir et fermer la bouche.»

Menaces agitées

La conseillère nationale grisonne Magdalena Martullo-Blocher a égrené les menaces qui planent selon elle sur le pays si cet accord était ratifié: obligation de se plier au droit européen, extension «massive» de la libre circulation, incapacité pour la Suisse de décider elle-même des mesures de protection des salaires, routes et trains bondés ou encore pénurie de logements.

Le conseiller fédéral UDC et président en exercice Ueli Maurer a rappelé que le texte n'avait pas été ratifié, «ce qui montre que le gouvernement n'aime pas ce traité pour le moment». Il juge improbable qu'une signature intervienne cette année. En cas d'accord du Conseil fédéral et du parlement, la route serait encore longue et un éventuel référendum serait possible en mai 2022, selon lui.

L'autre conseiller fédéral «maison» Guy Parmelin, qui se présentait pour la première fois devant les délégués dans son nouveau costume de ministre de l'Economie, s'est lui gardé de s'aventurer sur ce terrain. Sans évoquer le projet d'accord, il a rappelé que les entreprises avaient besoin de bonnes conditions cadres.

Les délégués ont adopté à l'unanimité treize mesures concernant - de près ou de loin - l'accord. Parmi ces mesures, l'opposition à la clause dite guillotine (liant différents accords ainsi qu'au fonds de cohésion, ou encore l'affirmation du soutien aux accords bilatéraux à condition qu'ils soient conclus «avec l'assentiment et dans l'intérêt des deux parties».

Partis divisés

Le Conseil fédéral a mis en consultation le projet en décembre dernier. Le document doit permettre de poursuivre la voie bilatérale et de garantir l'accès de l'économie helvétique au marché européen. Mais les opposants craignent qu'il n'implique une trop grande perte de souveraineté. Autre gros point d'achoppement: les mesures d'accompagnement et la protection des salaires.

La consultation se termine ces prochains jours et un premier point doit être fait ce printemps encore. Jusqu'ici, le consensus n'est de loin pas encore établi. Les Vert'libéraux et le PLR se sont déclarés favorables, mais les autres partis expriment des réserves. Les syndicats sont contre, les patrons et les milieux économiques pour, tandis que les cantons exigent des clarifications.

La commission de politique extérieure du National a elle estimé mardi que l'accord correspondait dans une large mesure aux intérêts de la Suisse. Mais que des solutions «créatives» devaient être élaborées pour qu'il soit accepté par une majorité. Dans une prise de position adoptée par 16 voix contre 9, elle donne dans ce cadre un délai d'un an au Conseil fédéral pour conclure un accord avec l'UE.

Voulu par Bruxelles

Voulu par Bruxelles pour garantir une meilleure harmonisation des droits suisse et européen, l'accord ne chapeautera pas les quelque 120 accords bilatéraux, mais juste les accords d'accès à venir et existants (libre circulation, produits agricoles, transport aérien, transports terrestres, reconnaissance mutuelle en matière d?évaluation de la conformité).

La Suisse disposera de délais suffisants pour reprendre chaque développement du droit européen, avec la possibilité d'un référendum. Une reprise automatique est exclue.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • danger le 30.03.2019 14:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    souveraineté d'abord

    Je ne suis pas toujours d'accord avec l'UDC, mais là il y va de notre souveraineté.

  • Phil Ausophe le 30.03.2019 12:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    L'Histoire se répète

    La classe moyenne se fait taxer à tous les contours, c'est un fait. Plumée jusqu'à l'os elle doit se mettre un gilet jaune pour ne pas mourir de froid. A qui la faute?

  • Karesz le 30.03.2019 14:26 Report dénoncer ce commentaire

    Lire les petit caractères avant signer

    Avant signe que ce soit il faut clarifier comment annuler l'accord si le people change d'avis pour une raison ou autre. Regarder comment les anglais sont embourber avec le Brexit.

Les derniers commentaires

  • Abra Kadabrandt le 31.03.2019 15:23 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    On est cuits!

    Plus on fait de règlements et plus il faut de fonctionnaires pour les appliquer et de juristes pour les compliquer et en vivre: c'est le seul truc qui diminue le chômage en Suisse, légiférer sur tout et n'importe quoi, nommer ensuite des fonctionnaires et fabriquer des juristes, et surtout plumer le monde pour les nourrir. Simplifiez la règlementation et le chômage explosera et la famine reviendra en Suisse.

  • Sanstête le 31.03.2019 13:41 Report dénoncer ce commentaire

    Abe

    Prétendre ne pas voter udc mais être contre l'eu est un argument un peu spécieux. C'est pas nouveau ce genre de récupération. A part cela, le programme de l'udc est très clair, pas de social, l'avs à l'avis de chacun (susucre). Et rien au sujet des impôts qui vont être résolus dans leur sens et les caisses maladie. C'est la nouvelle forme de socialisme pour un club très défini. De plus ce qui n'est pas dit est que les émigrés seront refoulés en suisse par l'eu. Normal vu que la suisse ne fait pas partie de l'eu. Et on payera plus pour le social que l'udc refuse...

  • Mouton Noir le 31.03.2019 13:13 Report dénoncer ce commentaire

    Programme

    Contre l'avs, contre le social minimum, contre l'eu, pour les armes, pour la baisse des impôts pour les entreprises, tous les millionnaires et milliardaires qui prônent l'udc sont au bénéfice d'accords fiscaux. C'est la juste répartition que soutient ce parti. Pour voter en faveur de ce système, vous êtes tous millionnaires et n'aurez jamais de problème de travail. Alors on coupe l'assurance chômage

  • ACB le 30.03.2019 20:15 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    SVP Vielen Dank

    si on avait pas l'UDC , on serait déjà au SMIC français et pas seulement

    • Turêves le 30.03.2019 21:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @ACB

      Mais on y est déjà après le paiement de nos charges gigantesques et notre pouvoir d achat ridicule avec nos prix surfaits. Au final, on est au même stade qu un smicard....et l UDC ne fait rien pour améliorer les choses.

    • Luc le 31.03.2019 14:05 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @ACB

      Non

    • Jean le 31.03.2019 18:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Turêves

      L'udc fait tout pour que chacun paye le moins d'impôts et de taxes, alors votez juste

  • Denis le 30.03.2019 19:12 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Passion triste

    UDC = passion triste ! Rien d'autre à dire

    • Vizirette le 31.03.2019 10:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Denis

      Alors épargné nous stp et ne dit rien!