Environnement

29 juillet 2014 12:39; Act: 29.07.2014 15:50 Print

Consommer en Suisse, c'est polluer à l'étranger

On consomme mieux en Suisse, mais pas encore de manière supportable pour la nature. L'impact de la consommation helvétique est important pour les pays exportateurs.

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Le café est l'un des éléments d'étude. (Photo: Reuters)

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Telle est la conclusion de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) sur la base d'une étude, commandée pour la première fois, sur l'évolution de l'impact pendant tout le cycle des produits et dans tous les domaines environnementaux importants. Il y apparaît que la Suisse exporte de plus en plus l'impact environnemental.

Les résultats montrent que l'impact en Suisse a nettement baissé entre 1996 et 2011, cette baisse étant cependant en grande partie annulée par la hausse de l'impact à l'étranger, écrit mardi l'OFEV dans un communiqué. Ce dernier était alors encore de 56%; il a passé à 76%.

L'exemple du café

L'OFEN explique cette évolution par le fait que la Suisse est une petite économie ouverte de plus en plus tributaire de l'importation. Et de donner comme exemple le café, dont la chaîne de production commence dans les plantations et passe par la récolte, la torréfaction et le transport, sans compter la production de machines à café, la consommation d'électricité et d'eau ou l'élimination des déchets.

La tasse de café bue en Suisse a donc un impact environnemental dans des endroits très différents, pour la plupart à l'étranger, résume l'OFEV. S'il est clair que l'impact est plus grand à l'étranger, il est plus difficile de définir si la somme de tous les impacts, en Suisse et à l'étranger, est globalement en hausse ou en baisse. Cela dépend du domaine environnemental considéré, explique l'OFEV.

Consommation plus efficace

Globalement par exemple, l'impact sur la pollution atmosphérique a diminué alors que celui sur les émissions à effet de serre a augmenté. Estimer l'impact global dépend donc de la pondération des différents domaines. Selon la méthode utilisée dans l'étude présentée mardi, il est légèrement en baisse. D'autres aboutissent à la conclusion inverse, note l'OFEV.

Quelle que soit la méthode, il apparaît en revanche clairement que l'impact sur l'environnement a progressé moins vite que l'économie ces 15 dernières années. Ce qui signifie que l'efficacité dans l'utilisation des ressources s'est améliorée, se réjouit l'OFEV.

Loin du niveau supportable

La Suisse est toutefois encore loin d'atteindre un niveau de consommation des ressources supportable pour la nature, nuance-t-il aussitôt. Selon l'OFEV, l'impact tant en Suisse qu'à l'étranger doit encore être abaissé de manière durable et sensible, écrit-il.

L'étude doit justement servir de base à la politique de la Confédération visant à atteindre ces objectifs, précise l'OFEV dans son communiqué. Les domaines environnementaux analysés sont les émissions de gaz à effet de serre (empreinte carbone), la consommation d'eau, la pollution atmosphérique (poussières fines), l'utilisation des sols (influence sur la biodiversité), l'azote et la consommation d'énergie primaire.

(ats)