Assemblée du PDC

26 mars 2011 12:14; Act: 26.03.2011 13:33 Print

Darbellay pour une Suisse sans nucléaire

La question n'est plus de savoir si on va sortir de l'atome, mais quand et comment, a déclaré le président du PDC samedi. De leur côté, les socialistes se déclarent également contre le nucléaire.

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Pour le président du PDC, Christophe Darbellay, la Suisse est «le pays le plus sûr au monde». (Photo: Keystone)

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L'énergie et la catastrophe nucléaire au Japon ont occupé une large place dans le discours du président du PDC Christophe Darbellay lors de l'assemblée du parti samedi à Wettingen (AG).

Il n'y a pas de date précise pour sortir du nucléaire, a expliqué le conseiller national valaisan devant ses troupes. Mais ce qui est sûr, c'est que la catastrophe dans la centrale de Fukushima a «brisé» les dogmes énergétiques: elle «a profondément et durablement ébranlé la politique suisse», selon lui.

Christophe Darbellay a salué la décision de la conseillère fédérale PDC Doris Leuthard de décréter un moratoire sur le nucléaire: «c'est une bénédiction». Plus personne ne croit aujourd'hui que le peuple suisse acceptera la construction d'une nouvelle centrale.

Pour le président du PDC, les centrales actuelles seront exploitées tant que la sécurité est garantie. Mais il faut rapidement développer les énergies alternatives sans émissions de CO2. Et dans ce sens, il réclame moins d'obstructions de la part de la gauche et des milieux écologistes contre les énergies hydrauliques et éoliennes, qui ont un grand potentiel, selon lui.

Christophe Darbellay exige en conséquence que l'on «remette au moins en question le droit de recours des associations environnementales». Il a également critiqué les entreprises électriques qui n'investissent pas assez dans la recherche et le développement.

La Suisse est sûre

L'autre point fort de son discours a été la sécurité. Ces dernières semaines, «le monde nous apparaît instable, dangereux et préoccupant», a constaté Christophe Darbellay. Or il estime que «la situation de la Suisse reste l'une des plus enviables sur le plan international»: c'est «le pays le plus sûr au monde».

Les événements au Japon et dans les pays arabes paraissent loin. Toutefois, «il est évident qu'ils produiront tôt ou tard des effets aussi chez nous», a déclaré le président du PDC.

Fin des jours-amendes

En matière de sécurité, Christophe Darbellay a évoqué quelques exigences du PDC: engagement de 3000 policiers et 300 gardes- frontière supplémentaires, fin des jours-amendes et rétablissement des courtes peines de prison.

Il souhaite une meilleure protection des enfants et des jeunes sur Internet. Le PDC dit aussi être «préoccupé par la situation du Tessin»: il demande un renforcement des frontières avec des gardes- frontière et l'appui «si nécessaire» de l'armée.

L'assemblée de Wettingen doit adopter une résolution «très concrète» sur la sécurité. Elle est intitulée «Bien se sentir chez soi, c'est se sentir en sécurité - la sécurité, facteur de succès».

Doris Leuthard veut un large débat sur le nucléaire

Doris Leuthard a mis en garde samedi devant l'assemblée du PDC des conclusions trop hâtives qui pourraient être tirées de l'accident nucléaire au Japon. Il n'empêche, le départ pour une refonte de l'approvisionnement énergétique de la Suisse a été donné, a-t-elle constaté.

«Les slogans faciles ne suffisent pas. Le problème est extrêmement complexe», a déclaré la conseillère fédérale à Wettingen (AG). Et d'assurer que toutes les parties doivent être intégrées dans le débat: les consommateurs, les producteurs d'électricité mais aussi les associations environnementales.

La cheffe du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) a rappelé que le Conseil fédéral veut diminuer le recours aux énergies fossiles productrices de CO2. La part des énergies renouvelables, actuellement de 5,4%, doit augmenter à 24% d'ici 2020.

«C'est un effort important», a commenté Doris Leuthard. Si la part de courant issu du vent, de l'eau et du soleil doit être augmentée, il s'agit aussi de réduire la dépendance à l'électricité. L'objectif d'une société à 2000 watts, alors qu'actuellement la consommation est de 5000 watts par habitant, est ambitieux et demandera du temps pour être atteint, a-t-elle averti.

La ministre demande donc au Parlement de discuter rapidement des faits et de déterminer comment et quand la sortie du nucléaire doit se faire. Elle a également appelé les cantons, en tant que propriétaires principaux des exploitants des centrales nucléaires, à soutenir la recherche et le développement d'autres énergies.

Les socialistes résolument contre le nucléaire

Les socialistes veulent une loi de sortie du nucléaire et un plan pour l'arrêt des cinq réacteurs atomiques suisses. La résolution acceptée à l'unanimité par le congrès réuni samedi à Zurich demande par ailleurs que la construction de nouvelles centrales soit interdite.

Il est nécessaire de forcer le développement des énergies renouvelables, souligne le texte. Il faut des conditions qui permettent de mieux encourager l'éolien, la biomasse, le photovoltaïque et l'hydraulique.

Le PS a lancé début 2010 l'initiative populaire «Cleantech: De nouveaux emplois grâce aux énergies renouvelables». Le texte demande qu'à partir de 2030, le courant vert couvre la moitié des besoins énergétiques en Suisse.

Le gros des investissements serait privé, mais les autorités doivent apporter leur soutien. Le texte demande aussi des prescriptions plus sévères pour la consommation d'énergie des nouveaux appareils, véhicules et installations.

Près de 94'000 signatures ont déjà été récoltées, a indiqué le parti samedi. Il espère pouvoir la déposer le plus rapidement possible.

(ats)