Thurgovie

29 janvier 2014 08:06; Act: 29.01.2014 09:56 Print

De plus en plus de pédophiles font une thérapie

Une vie sans abuser d'enfants: c'est ce que recherchent la trentaine de personnes actuellement suivies par l'institut forensique de Suisse orientale. Et la demande augmente.

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Un homme sur cent a des tendances pédophiles, selon les experts. Diverses études internationales ont par ailleurs démontré qu'entre 20 et 30% des enfants et adolescents interrogés affirment avoir été abusés sexuellement au moins une fois dans leur vie. «Tous les pédophiles ne passent pas à l'acte. Une vie sans délit n'est pas une illusion», souligne néanmoins Monika Egli-Alge de l'institut forensique de Suisse orientale (Forio), basé à Frauenfeld (TG).

Le Forio, qui dispose du premier centre de thérapie pour pédophiles en Suisse, accueille les hommes qui souhaitent apprendre à résister à leurs pulsions. Et la demande est grande. Le nombre de patients a passé de vingt à trente entre septembre dernier et janvier 2014. «Ces personnes ne peuvent pas être guéries mais leurs tendances peuvent être contrôlées pour éviter qu'elles commettent des crimes», explique Monika Egli-Alge. L'institut a élaboré une sorte de stratégie pour empêcher le passage à l'acte ou la récidive. «Pour de nombreuses personnes, les piscines sont un lieu critique parce qu'on y voit beaucoup d'enfants vêtus uniquement d'un maillot de bain», précise Monika Egli-Alge. Demander de se faire interdire l'accès à la piscine fait partie des démarches possibles. «Si nous remarquons qu'une personne ne souhaite pas réellement changer, alors nous arrêtons la thérapie», explique l'experte. Le Forio peut alerter les autorités, à condition toutefois que ce soient elles qui aient envoyé la personne concernée à l'institut.

Les motivations des participants sont variées: certains n'ont jamais passé à l'acte et suivent la thérapie de manière volontaire. Ces personnes sont souvent désespérées. D'autres ont déjà commis des délits et sont là sur demande de la police ou de la justice. «On ignore encore comment une tendance pédophile se développe mais personne ne choisit de devenir un pédophile», affirme Monika Egli-Alge. De manière générale, les personnes concernées remarquent assez rapidement que quelque chose ne tourne pas rond chez elles. Le plus jeune participant vient d'avoir 18 ans, le plus âgé en a 70.

A l'avenir, le Forio devrait pouvoir accueillir encore davantage de patients. Monika Egli-Alge voudrait pouvoir proposer aux pédophiles une première rencontre gratuite. Mais, pour l'instant l'institut manque d'argent.