Détention

17 février 2011 10:54; Act: 17.02.2011 12:17 Print

Demande de renforts dans les prisons bernoises

Un expert a rendu son rapport sur les prisons bernoises, secouées par des diverses affaires ces derniers temps.

Une faute?

Après plusieurs affaires dénoncées dans les prisons bernoises en 2009, un expert externe s'est penché sur l'encadrement des établissements carcéraux du canton. Verdict: il faut renforcer les effectifs du personnel de sécurité. Mais globalement, la situation est jugée satisfaisante.

Le conseil d'Etat a pris connaissance du rapport, rendu public jeudi à Berne. Le directeur de la police et des affaires militaires du canton, Hans-Jürg Käser, s'est engagé à prendre pleinement compte des recommandations de l'expert indépendant, a-t-il indiqué devant les médias.

Ce rapport intervient alors que les établissements bernois avaient fait l'objet de critiques en 2009 après l'évasion d'un détenu du pénitencier de St-Jean, près du Landeron (NE), et des irrégularités présumées aux Etablissements de Witzwil, comme un trafic de drogue, des visites non contrôlées ou l'accès sans entraves à Internet.

Berne a alors mandaté Andreas Werren, ancien directeur de l'Office d'exécution des peines du canton de Zurich, pour dresser le bilan de la situation.

Erreurs d'appréciation

L'expert constate notamment que le personnel de sécurité est trop restreint dans chacun des quatre établissements liés au Concordat de la Suisse du Nord-Ouest et de la Suisse centrale ainsi que dans certaines prisons régionales. Il recommande un renforcement des effectifs pour garantir une intervention 24 heures sur 24.

Il met également le doigt sur des erreurs d'appréciation en matière d'assouplissement de l'exécution de peine. Prenant l'exemple du pénitencier de St-Jean, Andreas Werren relève que les cinq récidives graves qui s'y sont produites mettent en lumière un manque de collaboration avec des services spécialisés existants.

Lors d'une sortie, un condamné avait abusé d'une fillette à La Neuveville (BE), avant de regagner le pénitencier. Pour l'expert, il importe de mettre sur pied une structure impliquant tout l'Office afin que le plus de personnes impliquées dans ce type de décision puissent apprendre de cas problématiques.

Lacunes thérapeutiques

Andreas Werren relève en outre qu'à St-Jean, un établissement comportant un milieu ouvert, il est nécessaire de revoir l'encadrement thérapeutique et les mesures de sécurité au vu de la clientèle de cet établissement. Sur 79 détenus, 18 sont considérés comme dangereux, selon les données de fin 2009.

Concernant Witzwil, les efforts faits récemment tant en terme de sécurité que d'aménagements ont considérablement amélioré la sécurité, selon le rapport. Une professionnalisation du secteur de la sécurité doit encore être poursuivie.

Le conseiller d'Etat Käser a tenu à relativiser les problèmes montés en épingle en 2009. «Contrairement aux reproches formulés dans la presse, il n'existe pas de véritables dysfonctionnements ni à Witzwil ni à St-Jean», a-t-il déclaré.

Il prend cependant note des recommandations de l'expertise. «Des points doivent encore être améliorés concernant les services de sécurité et les prestations médicales et thérapeutiques», a-t-il ajouté. Concernant les allègements dans l'exécution des peines, il a annoncé qu'une analyse était en cours.

Le rapport Werren reconnaît lui aussi qu'une sécurité absolue n'est pas possible. Les recommandations préconisées visent à réduire le «risque résiduel», précise-t-il, la situation des prisons bernoises étant «garantie dans une large mesure».

(ats)