Suisse

12 novembre 2019 12:51; Act: 12.11.2019 16:36 Print

Départ de Levrat: une femme de combat, l'idéal

Alors que le Parti socialiste suisse va devoir trouver un successeur à Christian Levrat, la question d'une femme se pose.

Christian Levrat ne se représente pas à la tête du Parti socialiste suisse.
Une faute?

Un successeur idéal à Christian Levrat à la tête du PS? L'Argovien Cédric Wermuth, s'il était une femme, répond avec le sourire le politologue socialiste Nenad Stojanovic. Plus sérieusement, il estime qu'un profil du type de celui de l'ancienne présidente du PS Christiane Brunner pourrait faire l'affaire.

«Il serait dommage qu'après douze ans de présidence masculine il n'y ait pas une présidence féminine ou du moins un profil qui parle mieux à l'électorat féminin», dit-il à l'agence de presse Keystone-ATS. Et de citer quelques noms, pêle-mêle: la Vaudoise Ada Marra, la Tessinoise Marina Carrobio, la Zurichoise Mattea Meyer ou la Saint-Galloise Barbara Gysi.

«La pression va être forte pour élire une femme à la tête du parti», explique aussi le politologue bernois Michael Hermann. Pour lui, c'est la conseillère nationale bernoise Flavia Wasserfallen qui sort actuellement du lot. Elle a déjà dirigé le Secrétariat général du PS et contribué à fixer des perspectives d'avenir pour le parti.

Plus de chaleur humaine

Autre élément à prendre en compte, selon M. Hermann: la chaleur humaine. Le président sortant Christian Levrat est l'un des politiciens suisses les plus influents, un stratège, un joueur d'échecs, mais il lui manquait cette chaleur humaine dans sa communication, observe-t-il. Ce sera donc aussi un grand défi pour sa succession.

Pour M. Stojanovic, la question d'une présidence alémanique après celle d'un Romand n'a «pas forcément un rôle prépondérant» à jouer pour la succession de M. Levrat, un Fribourgeois. On peut très bien imaginer aussi de s'orienter vers une co-présidence, avance-t-il.

Un avis que ne partage pas M. Hermann. Il ne donne que très peu de chance à un tandem à la tête du PS. «Un grand et fort parti a besoin d'une personnalité qui puisse l'incarner (...) C'est pourquoi une voix forte et dominante finira probablement par l'emporter».

Clarification

Mais le PS va devoir «absolument garder un ancrage solide à gauche tout en conservant une aile plus à gauche, syndicale, et une aile centriste, plus libérale», souligne M. Stojanovic. Il faut un profil «combatif, militant, qui mise sur les questions de la justice et de l'égalité sociales, des primes maladies, de l'AVS, d'une fiscalité orientée vers les plus pauvres et de l'égalité homme-femme. Cela doit être l'axe principal, la priorité du parti», estime-t-il.

Le PS ne pourra pas faire l'impasse d'une analyse sur sa politique environnementale, son marketing politique sur cette thématique, alors qu'il est aussi fort voire plus fort que les Verts sur ce sujet. Après le succès des Verts aux élections fédérales, peut-être faudra-t-il répartir les tâches: l'environnement aux Verts et la justice et l'égalité sociales au PS, suggère en substance l'expert.

Autre chantier ouvert, selon lui: l'Union européenne (UE), avec une clarification nécessaire sur l'accord-cadre.

(nxp/ats)