Suisse

22 mai 2019 15:19; Act: 22.05.2019 16:20 Print

Départ du chef de l'Office fédéral de l'informatique

En désaccord avec Ueli Maurer, Giovanni Conti quittera ses fonctions fin août, après huit années passées à la tête de l'OFIT.

storybild

Giovanni Conti quittera la tête de l'OFIT à la fin de l'été.

Une faute?

L'Office fédéral de l'informatique et de la télécommunication (OFIT) va perdre son chef Giovanni Conti. Suite à des divergences de vue avec Ueli Maurer sur l'évolution de l'office, le directeur en fonction depuis huit ans libère son poste.

Son contrat a été dissous pour fin août suivant l'accord conclu avec le chef du Département des finances. Pour ce dernier, la numérisation nécessite une réforme de l'informatique fédérale. Il faut définir de nouveaux modèles de structure et de processus afin de pouvoir fournir les prestations requises aux départements, aux offices fédéraux et aux clients externes.

En raison de divergences de vues concernant l'évolution de l'OFIT, le ministre des finances et Giovanni Conti ont convenu que ces tâches seraient confiées à une nouvelle direction, a annoncé le Conseil fédéral mercredi. Le Romand continuera à diriger l'office jusqu'à la mi-juin. Son poste sera repourvu selon la procédure de recrutement ordinaire.

Agé de 56 ans, Giovanni Conti avait été nommé par le Conseil fédéral en 2011. Le docteur en sciences techniques a contribué de manière déterminante aux progrès technologiques dont les clients de l'OFIT profitent à l'heure actuelle et à l'accroissement de l'efficacité, salue le gouvernement.

Grand et critiqué

L'office est l'un des cinq prestataires de services informatiques les plus importants de Suisse. Avec près de 1200 collaborateurs, il fournit pour plus de 450 millions de francs de prestations et n'a pas été épargné par les critiques ces dernières années.

Selon un audit du Contrôle des finances publié début avril, l'OFIT a des progrès à faire dans la fourniture de prestations. Le remplacement fréquent de responsables des projets et leurs connaissances techniques insuffisantes sont mal perçus par les clients. Il faut améliorer les outils d'aide et les directives de même que les contrôles de qualité des objets à livrer.

En mars, le Conseil fédéral a annoncé de son côté que la Confédération risquait de ne pas atteindre tous les objectifs de sa stratégie informatique quadriennale d'ici à fin 2019. La gestion de l'architecture et la planification intégrale n'ont pas pu avancer comme prévu, justifiait-il.

Critiques du Parlement

Les Chambres fédérales s'en sont mêlées. Début avril, la délégation des finances du Parlement déplorait le manque d'unité de vue du Conseil fédéral dans la gestion des projets informatiques. Les départements n'étaient pas tous convaincus de la nécessité d'une architecture globale demandée par Ueli Maurer.

La délégation verrait d'un bon oeil la création d'un poste de délégué à la transformation numérique. Selon elle, il devrait être doté de compétences transversales et de pouvoirs réglementaires nettement plus larges que l'actuelle Unité de pilotage informatique de la Confédération.

Les parlementaires ont aussi critiqué les délais et les risques liés au remplacement des logiciels soutenant l?administration fédérale en matière de finances, personnel, logistique et gestion immobilière. Après le scandale du projet INSIEME pour renouveler l'équipement de l'Administration des contributions, son successeur FISCAL-IT n'a pas encore permis de réaliser les économies d'exploitation prévues.

(nxp/ats)