Suisse

04 avril 2019 01:35; Act: 04.04.2019 11:16 Print

Une hanche coûte son poste au chef de l'armée

Le chef de l'armée Philippe Rebord jette l'éponge pour des problèmes de santé. Il restera en poste jusqu'à la fin de l'année.

Philippe Rebord était à la tête de l'armée depuis deux ans. (Photo d'archives)
Une faute?

Le chef de l'armée suisse Philippe Rebord a remis sa démission, a indiqué jeudi un porte-parole du DDPS à Keystone-ATS, confirmant des informations de journaux des groupes de presse Tamedia et CH Media.

Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) a donné quelques détails lors de la conférence de presse qu'il a dû organiser au pied levé jeudi matin à Berne.

Philippe Rebord s'en va en raison de douleurs permanentes à la hanche après une thrombose qui n'a pas été détectée à temps durant ses vacances en janvier. Il reste en poste jusqu'à la fin de l'année, a-t-il déclaré lors de la conférence de presse.

«J'ai mal tout le temps», a expliqué le chef de l'armée, précisant qu'il avait des difficultés à rester debout. Une opération est prévue fin décembre. «Je me connais, je pourrais tenir» jusque-là, a affirmé le Valaisan tout en précisant qu'il avait discuté du cas avec son médecin.

Peut-être un civil?

Il a précisé que c'est bien lui qui avait demandé à être déchargé de sa fonction et Viola Amherd l'a chaudement remercié pour le travail effectué. Evoquant une confiance mutuelle, elle a dit apprécier son style de conduite très humain. Mais la priorité va à la santé.

La Valaisanne a informé le Conseil fédéral de la mise sur pied d'une commission de sélection pour trouver un successeur. Le profil du candidat idéal sera défini ensuite. Les critères ne seront pas politiques mais factuels, a précisé la conseillère fédérale.

Une période de passage de témoin avec Philippe Rebord devrait commencer dès l'automne. Selon la conseillère fédérale, il n'y a pas de grade requis pour devenir chef de l'armée. Même un civil pourrait théoriquement occuper le poste.

Mais en principe, c'est vers un commandant de corps que le gouvernement se tourne. S'il s'agit d'une personne qui ne vient pas de la direction de l'armée, la période de rodage est plus longue, a commenté Philippe Rebord.

Militaire depuis 1985

Agé de 61 ans, Philippe Rebord est le chef de l'armée suisse depuis le 1er janvier 2017. Son contrat a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2020, au-delà de l'âge de sa retraite, pour assurer la mise en oeuvre du développement de l'armée.

Originaire de Bovernier (VS) et de Lausanne (VD), le commandant de corps est marié et père de deux filles adultes. Il a étudié l'histoire, la géographie et le français à l'université de Lausanne, dont il est licencié ès lettres.

Il est entré le 1er janvier 1985 dans le corps des instructeurs de l'infanterie, au sein duquel il a assumé différentes fonctions d'instructeur d'unité et de commandant d'école. Après un séjour d'études au collège interarmées de défense à Paris, Philippe Rebord a été nommé chef d'état-major auprès des écoles d'état-major général.

Le 1er janvier 2009, le Conseil fédéral l'a nommé commandant de la brigade d'infanterie 2 et promu au grade de brigadier, avant de l'appeler cinq ans plus tard, au 1er janvier 2014, à la tête de la formation supérieure des cadres de l'armée et de l'Etat-major de l'instruction opérative. Il a succédé au 1er janvier 2017 au Zurichois André Blattmann à la tête de l'armée suisse.

Réforme DEVA

Dès son arrivée à son poste, il a repris plusieurs gros chantiers, comme la réforme de l'armée (DEVA), le programme d'armement BODLUV 2020 ou l'acquisition de nouveaux avions de combat.

La réforme (DEVA) a été lancée en 2018. Elle prévoit d'améliorer la disponibilité des troupes. Huit mille soldats entièrement équipés doivent pouvoir être déployés dans un délai de 1 à 3 jours, 35'000 en dix jours, en cas de catastrophe et attaques terroristes.

Avec la réforme, les effectifs doivent être réduits de 200'000 à 100'000 militaires (avec un effectif réel de 140'000). L'école de recrues continue de durer 18 semaines. Il n'y en a plus trois mais deux par an.

Avions de combat

Les procédures de renouvellement des moyens de défense sol-air de longue portée et de la flotte d'avions de combat sont quant à elles en cours d'évaluation. La facture totale se monte à 8 milliards de francs.

Deux systèmes de défense sol-air de longue portée sont encore dans la course. Le consortium français Eurosam et la société américaine Raytheon ont transmis leurs offres. Un deuxième appel d'offres aura lieu dans le courant de l'hiver prochain. Quant aux nouveaux avions de combat, cinq appareils sont évalués pour remplacer les Tiger et les F/A-18: le Gripen E suédois (Saab), le Rafale français (Dassault), l'Eurofighter européen (Airbus), ainsi que les Super Hornet de Boeing et le F-35A de Lockheed-Martin américains.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • marcValais le 04.04.2019 08:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aie aie

    Dommage car c est un de chez nous avec de nombreuses qualités. Mais la santé est la seule chose que l on ne maîtrise pas toujours et qui influence notre vie. Meilleurs voeux et merci. Pour sa succession j espère que la valaisanne Viola va trouver un bon ...mais je ne vois pas d autre valaisan !!!!

  • suisse le 04.04.2019 08:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    controler les infos

    a bon 62 ans ??? cool pour lui , j espère que sa santé va malgré tout s améliorer !;!

  • Siriam11 le 04.04.2019 09:32 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Sage décision

    Sage décision et du courage aussi ...

Les derniers commentaires

  • un mec qui casque le 04.04.2019 15:58 Report dénoncer ce commentaire

    Mon bon Monsieur

    Moi aussi j'ai mal quotidiennement et en ouvrant mon dossier médical, le médecin de l'armée a décidé que l'armée n'est pas pour moi et il avait raison. Pourtant depuis, je dois macquitter d'une taxe équivalente au prix de mes vacances d'été que je ne prends du coup pas. Je n'ai pas choisi d'être malade et pourtant on me le fait payer. Alors je vous invite dès maintenant à lâcher 3% de votre salaire pour l'armée, histoire que vous sachiez à quel point l'armée est discriminante. Cette taxe est ridicule pour les cas comme moi et dieu sait que je ne suis pas le seul.

  • Vive l'armée . le 04.04.2019 15:33 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Tout le monde se remplace.

    Il peut être remplacé par une femme = égalité . Si elle ne s'en sort pas , elle retourne en cuisine peler les patates avec ses collègues masculins.

  • Candide le 04.04.2019 13:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Armée

    Le pauvre homme dit qu'il a dû rester longtemps debout dans sa vie, et les vendeuses, les coiffeuses, et bien d'autres métiers qui ont des salaires de misère, on en parle M. le chef de l'armée suisse ??? Et dire, qu'en cas de guerre, c'est ce genre de bonhomme qui devrait nous amener au combat!

  • MG le 04.04.2019 13:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Genevois

    La santé n'a pas de prix.

  • saway le 04.04.2019 12:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    faible

    petit soldat....un peux de motivation hein!