Triegen (LU)

21 octobre 2010 23:18; Act: 21.10.2010 23:42 Print

Dépendre Jésus de la croix ne suffirait pas

par Daniela Gigor/Markus Fehlmann/jbm - La commune propose une croix au lieu d’un crucifix à l’école. Un parent d’élève trouve la mesure insuffisante. Il veut en appeler au Tribunal fédéral.

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Un prof de Triegen montre la croix en pierre qui était proposée. (Photo: MFE)

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Nouvel épisode dans l’affaire des crucifix placés dans deux classes de Triegen, dans le canton de Lucerne. Les autorités communales et scolaires veulent se conformer à la décision du Tribunal fédéral de 1990 qui dit qu’un crucifix va à l’encontre de la neutralité religieuse qui doit régner dans une salle de classe. Elle ont donc décidé d’orner les murs de celles-ci avec une croix de pierre, sans Jésus. David Schlesinger, le père de famille à la base de la réclamation qui avait lancé l’affaire, n’est pas du tout content de ce compromis: «Je ne veux pas qu’un symbole chrétien soit accroché sur les murs d’une école publique.» Pour lui, une croix, même sans le Christ, reste un symbole religieux. Devant cette situation, il veut soumettre le cas au Tribunal fédéral, avec l’appui de l’Association suisse des libres penseurs.

Reste qu’à Triegen, la colère et l’incompréhension croissent à l’encontre de cet Allemand qui s’est installé l’an dernier dans ce village de 849 âmes. «L’ambiance générale est pesante et mauvaise. C’est pas acceptable que cette personne vienne chez nous et impose le retrait des croix de nos écoles», déclare, irrité, Peter Birrer, du pub Prince. Même son de cloche auprès de Sandra Rodrigues, coiffeuse, qui pense: «Les gens sont très déçus qu’un seul individu puisse obliger à dépendre un crucifix.»