Santé

18 juillet 2014 10:38; Act: 18.07.2014 10:59 Print

Depuis 2004, la Suisse est préparée à une pandémie

Contrairement à l'époque de la grippe espagnole, la Suisse est aujourd'hui préparée à une pandémie de grippe.

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Depuis 2004, elle dispose d'un plan de pandémie influenza qui a déjà été retravaillé trois fois.

En effet, en 2004, les autorités partaient du principe qu'il faut six mois à un virus pour faire le tour du monde. Or la grippe porcine H1N1 de 2009 n'a eu besoin que de six semaines pour se répandre sur tous les continents et se transformer en grippe saisonnière. Dès lors, elle a perdu son potentiel pandémique, une bonne partie de la population étant désormais immunisée.

Théoriquement, il faut s'attendre à une pandémie tous les trente ans, a expliqué à l'ats Patrick Mathys, chef de la section Gestion de crise et collaboration internationale à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Mais il peut très bien en survenir une demain, ou aucune pendant un siècle, note le spécialiste.

Trois conditions sont nécessaires: un nouveau virus - contre lequel personne n'est immunisé - provoquant une maladie grave et facilement transmissible d'humain à humain.

Avec la mobilité actuelle, le temps de préparation des autorités est très réduit, une question de semaines. Or jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible, il faut entre quatre et six mois. Et le vaccin est «l'arme centrale», souligne M. Mathys. Les virus peuvent toutefois muter, et il n'y a donc pas de protection vaccinale à 100%.

Dans le pire des cas, une résistance aux médicaments pourrait apparaître. «Nous serions alors dans une situation où l'on ne peut presque plus rien faire par rapport à la transmission du virus», si ce n'est imposer des mesures d'hygiène ou de quarantaine.

«La Suisse n'est pas une île, nous ne pouvons pas empêcher une pandémie mais faire ce qui est raisonnable pour nous y préparer», conclut M. Mathys.

Trois phases

Le plan suisse comporte trois phases pandémiques: situation normale, phase pandémique et phase post-pandémique. La collaboration entre la Confédération, les cantons et la population y est réglée, de même que les mesures concernant les soins médicaux et le stockage des produits thérapeutiques (antibiotiques, antiviraux, masques de protection).

Un groupe d'experts faisant partie de la la Commission fédérale pour la préparation et la gestion en cas de pandémie (CFP) ainsi que d'autres spécialistes sont responsables d'évaluer les risques et de conseiller la Confédération. Ces experts sont spécialisés dans la virologie, les maladies infectieuses, l'épidémiologie et la pédiatrie.

De plus, le plan règle les moyens d'intervention non médicaux tels que les comportements à observer, l'isolement, la quarantaine, les fermetures d'écoles et l'interdiction de manifestations.

(ats)