Vagues de migrants

24 février 2011 18:05; Act: 24.02.2011 18:18 Print

Des mesures prises d'ici deux semaines

Pour faire face à un afflux de migrants, la Confédération va évaluer au cours des deux prochaines semaines tous les scénarios et élaborer des mesures concrètes.

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L'opération «Hermes» doit protéger la frontière italienne contre un afflux de réfugiés. (Photo: Keystone/AP)

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La première mesure prise devrait être la surveillance de la frontière qui8 sera renforcée à Genève et au Tessin.

Les différentes autorités qui ont participé jeudi à la première séance du comité «Procédure d'asile et hébergement» s'accordent à dire qu'il faut s'attendre à une hausse du nombre de migrants venant du Maghreb. Cependant, la situation politique étant très incertaine, il n'est pas possible d'avancer des chiffres, selon le directeur de l'Office fédéral des migrations (ODM) Alard du Bois-Reymond.

Les semaines à venir doivent permettre de clarifier la situation en examinant tous les scénarios et leur impact sur la Suisse. L'ODM souligne que l'on peut se permettre ce temps de réflexion car la vague de migrants ne devrait pas arriver avant plusieurs semaines.

A l'heure actuelle, les structures pour traiter les demandes d'asile permettent de traiter 15'000 cas par an, soit 1'300 par mois. Les cinq centres d'enregistrement et de procédure de la Confédération pourraient, avec l'aide des cantons, parvenir à traiter 1'800 cas par mois, et ainsi faire face à une hausse de 500 requérants par mois.

En plus des capacités d'accueil, il est crucial de mettre l'accent sur un traitement rapide des dossiers, a indiqué Roger Schneeberger, secrétaire général de la Conférence des directeurs cantonaux de justice et police. Il s'agit notamment de refuser sans délai les demandes des migrants «qui viennent pour des raisons économiques, et ce afin d'envoyer un signal clair», a-t-il indiqué.

Les personnes s'étant vues signifier un refus devront ensuite quitter la Suisse le plus rapidement possible. Ce renvoi pourrait cependant poser problème dans le cas de la Libye, a reconnu Roger Schneeberger.

Pas d'alarmisme

La situation n'est pas critique pour l'heure en Suisse, a rappelé le responsable cantonal. En plus de l'éloignement géographique de la Libye, l'hiver rend le voyage difficile pour les migrants. L'expérience montre aussi que l'arrivée en Suisse intervient plusieurs semaines après l'événement déclencheur.

Par ailleurs, indique Alard du Bois-Reymond, les migrants cherchent souvent à s'établir dans des pays où ils peuvent retrouver des membres de leur famille ou des connaissances. La Suisse n'ayant pas accueilli une immigration nord-africaine très importante jusqu'ici, elle est peu susceptible d'attirer une proportion importante des personnes qui quittent aujourd'hui les pays arabes.

Pour ce qui est de la situation sur le terrain, le directeur de l'ODM estime que l'Italie est débordée par le nombre de requérants. La communauté internationale doit par conséquent apporter son soutien à Rome, a-t-il ajouté.

Aide de la Suisse à l'étranger

La Suisse a déjà envoyé deux spécialistes des gardes-frontières pour aider l'agence européenne Frontex à surveiller la frontière sud de l'Italie. Ils se sont rendus jeudi en Sicile. Un troisième homme se tient à disposition et est prêt à partir sur demande.

Cette participation de la Suisse à la surveillance des frontières extérieures de l'UE, qui découle de l'accord de Schengen, est une première, a indiqué le Corps des gardes frontières dans un communiqué.

Le comité «Procédure d'asile et hébergement» rassemble l'Office fédéral des migrations, la Conférence des des directeurs cantonaux de justice et police, la Conférence des directeurs cantonaux des affaires sociales, le Département fédéral des affaires étrangères, le Département fédéral de la Défense, ainsi que le Corps des gardes- frontières.

(ats)