ONU

06 février 2019 14:19; Act: 06.02.2019 14:34 Print

L'appel à l'aide des victimes de mines à Genève

Des victimes des mines en Afghanistan sont venues lancer un appel à Genève pour demander de l'aide à long terme, que ce soit pour la réhabilitation physique ou la formation.

storybild

Les victimes de mine en Afghanistan peinent à subvenir à leur besoin. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Les victimes de mines veulent davantage d'assistance pour retrouver une existence à long terme. Plusieurs d'entre elles, affectées en Afghanistan, sont venues lancer cet appel à Genève. L'ONU veut démarrer dès 2019 le déminage des engins improvisés (IED) dans ce pays.

Des millions de francs ont été investis pour les interventions médicales immédiates auprès des victimes. «Il y a un énorme décalage» entre cette situation et «ce qui se passe pour les survivants de mines antipersonnel après», a déclaré mercredi devant la presse le photographe britannique Giles Duley, président de la Fondation «Héritage de la guerre».

Ce dernier, qui a perdu une jambe et un bras en 2011 en Afghanistan, a pu recommencer à travailler après un an d'hospitalisation et douze interventions suivies de six mois de réhabilitation. Tous n'ont pas cette chance, dit-il après avoir évalué l'impact de la guerre dans de nombreux pays depuis dix ans pour son institution ou notamment pour Médecins Sans Frontières (MSF).

En Afghanistan, 2 à 3% du 1,5 milliard de dollars dépensé en 29 ans par le Service de la lutte antimines de l'ONU (UNMAS) ont été consacrés à l'assistance aux deux tiers des 30'000 victimes qui ne sont pas décédées. Le reste couvre la prévention et le déminage.

Données et indemnités

Face aux conditions économiques difficiles, notamment pour les quelque 3% d'Afghans atteints de handicap, les pays doivent aider le gouvernement afghan à garantir des prestations et l'accès à la santé aux victimes de mines, insiste la médecin Maphekay Sediqi.

Elle oeuvre elle-même dans un centre de réhabilitation à Kaboul alors qu'elle a perdu ses deux jambes dans une explosion. L'UNMAS collabore de son côté avec les autorités pour établir un système national d'identification, la numérisation de données sur les personnes handicapées et leur ajout au plan d'indemnités du gouvernement.

Le médecin qui a sauvé M. Duley admet pour sa part qu'il faut encore davantage d'indications pour savoir exactement l'étendue de l'aide dont a besoin une victime à long terme. Selon le photographe britannique, l'assistance passe notamment par des centres qui existent dans certains pays et apportent une réhabilitation physique mais aussi la formation à un nouveau métier pour les victimes.

Centaines de milliers d'engins

Plus largement, l'ONU veut démarrer d'ici fin 2019 le déminage des engins improvisés utilisés par les talibans qui démentent recourir à de telles armes, a expliqué le chef de l'UNMAS en Afghanistan Patrick Fruchet. Les mines antipersonnel et les restes explosifs de guerre sont responsables d'environ 50% du total des victimes en Afghanistan, une centaine par mois, soit près de trois fois plus qu'en 2012.

Jusqu'à présent, l'ONU a retiré plus de 730'000 mines antipersonnel et 18 millions de fragments. Mais il en resterait des centaines de milliers. Difficulté supplémentaire: le gouvernement contrôle moins de 60% du territoire. Mais les talibans reconnaissent l'importance du travail de l'UNMAS.

Le gouvernement afghan est censé pouvoir déclarer le pays libéré des mines en 2023. L'ONU s'attend à ce «qu'il demandera une nouvelle extension» de ce délai, admet M. Fruchet. Et d'appeler les Etats membres à soutenir l'approche des autorités. Les directeurs nationaux de l'action contre les mines sont réunis cette semaine à Genève.

(nxp/ats)