Déchets nucléaires

08 octobre 2012 12:24; Act: 08.10.2012 18:29 Print

Des voix s'élèvent pour demander des têtes

Après la publication d'un papier interne, des voix demandent des démissions à la tête de la Nagra, car la confiance serait rompue. Le document mentionne deux sites pour stocker les déchets radioactifs, alors qu'officiellement six sont à l'étude.

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Après la publication d'un papier interne, des voix s'élèvent pour exiger des démissions à la tête de la Nagra. Une rencontre avec l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) doit avoir lieu cette semaine encore. Le document mentionne deux sites pour stocker les déchets radioactifs, alors qu'officiellement six sont à l'étude.

L'affaire entraînera vraisemblablement des mesures, a dit Marianne Zünd, porte-parole de l'OFEN, interrogée par l'ats. Mais auparavant, l'office veut donner aux responsables de la Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra) l'occasion de s'expliquer.

Cette semaine encore

L'entretien doit se dérouler cette semaine encore. Aucune date n'a pour l'instant été fixée. Outre le président de la direction, Thomas Ernst, sont aussi invités les deux autres membres, Markus Fritschi et Piet Zuidema.

L'OFEN ne reproche pas seulement à la Nagra d'avoir utilisé des noms concrets d'emplacement au lieu d'indicateurs neutres. Le fait que la Nagra décide pour quels scénarios elle va établir des prévisions financières ne correspond pas non plus à la procédure prévue, a précisé Mme Zünd. Quant à savoir si la confiance est encore intacte pour que la Nagra s'occupe de la recherche de sites, l'OFEN s'est abstenu de répondre.

Le processus doit rester ouvert aux différents résultats possibles. La décision de restreindre le nombre de régions à moins de six relève exclusivement de la compétence du Conseil fédéral, relève la porte-parole. La Nagra doit présenter au gouvernement d'ici 2014 des propositions pour au moins deux sites pour chacune des deux catégories de déchets nucléaires.

L'OFEN se dit satisfait de pouvoir aussi entendre l'avis d'observateurs critiques tels que Walter Wildi. Le professeur de géologie l'avait informé en septembre du papier controversé de la Nagra, dévoilé par la «SonntagsZeitung».

Démissions demandées

Lundi sur les ondes de la radio alémanique DRS, Walter Wildi a réclamé la démission de la direction de la Nagra. Critique vis-à-vis de l'énergie nucléaire, il avait démissionné en août du comité consultatif «Gestion des déchets», en reprochant à la société une «culture de la sécurité irresponsable».

Le géologue et expert en énergie nucléaire Marcos Buser va encore plus loin. Il faut suspendre la procédure afin que les circonstances puissent être éclaircies, dit-il dans une interview publiée par le «Tages-Anzeiger» et le «Bund». Et d'ajouter qu'il faudra aussi des têtes «nouvelles, dignes de confiance».

M. Buser avait démissionné en juin de la Commission de sécurité nucléaire (CSN) en dénonçant des connivences entre l'Inspection fédérale pour la sûreté nucléaire (IFSN) et la Nagra, sous le couvert de l'Office fédéral de l'énergie (OFEN).

La Nagra regrette les remous

La Nagra va devoir dépenser beaucoup d'énergie pour pouvoir s'expliquer sur ce papier interne, a déclaré lundi à l'ats Pankraz Freitag. Le président du conseil d'administration de la Nagra et conseiller aux Etats (PLR/GL) regrette les remous autour du document de la société.

N'étant pas au courant de ce document avant qu'il ne deviennent public, il ne se sent pas menacé sur le plan personnel. Il admet cependant que le travail avec les régions deviendra difficile. La Nagra, comprenant leur «irritation», va présenter publiquement tous les faits, espérant ainsi calmer les esprits et pouvoir reprendre son travail avec les régions.

Régions mécontentes

Celles-ci, justement, tiennent la communication de la Nagra pour extrêmement maladroite. La confiance dans la procédure pour la sélection des sites est «légèrement ébranlée, et c'est rien de le dire», a déclaré Jürg Grau, président de la conférence régionale de Zurich nord-est.

Techniquement, le géologue Marcos Buser est toutefois d'accord avec la Nagra, qui privilégie deux sites: le nord-est de Zurich (Weinland) stockerait les déchets hautement radioactifs et le Bözberg (AG) ceux qui sont moyennement à faiblement radioactifs. Selon les connaissances actuelles, le Weinland est le meilleur emplacement, relève M. Buser dans l'interview.

(ats)