Jura bernois

03 novembre 2013 09:16; Act: 03.11.2013 20:32 Print

Des votations dangereuses pour l'avenir

Le vote communaliste pourrait se révéler négatif pour le Jura bernois en divisant encore plus la région.

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L'ancien militant séparatiste et membre du Groupe Bélier Victor Giordano recommande même de refuser le scrutin pour la création d'un nouveau canton, jugé «dangereux».

Le processus sur lequel les citoyens du Jura et du Jura bernois devront se prononcer le 24 novembre est «un mauvais projet qu'il faut rejeter, car il est dangereux pour l'avenir du Jura tout entier», affirme Victor Giordano, dans une interview au «Journal du Jura».

Le vote communaliste vise à refaire voter les communes du Jura bernois opposées au résultat sorti des urnes le 24 novembre, que ce soit en cas de «oui» ou de «non». Un mécanisme «dangereux»: des enclaves isolées pourraient apparaître, abolissant toute cohérence territoriale et créant «des difficultés administratives, politiques et sociales insurmontables», dénonce le député de la première heure.

«L«opposition dans le Jura bernois fait craindre un vote communaliste qui divise et affaiblisse la région», renchéri le président de l'UDC jurassienne Romain Schaer. Le vote risque donc de davantage détruire que de construire. «Et au final, il n«y aura que l«annexion de certaines communes du Jura bernois au canton du Jura.»

Régler le cas de Moutier

Le gouvernement jurassien reconnaît le problème. «Ce n'est pas ce que nous souhaitons, mais nous acceptons cette conséquence négative, car il faut maintenant régler la situation de Moutier», enclave séparatiste dans le Jura bernois, assure le ministre jurassien Philippe Receveur.

«Les Jurassiens bernois peuvent éviter cet éclatement en votant oui», ajoute-t-il. Et de se dédouaner en rappelant qu'à l'origine, le mécanisme des votes en cascade a été inventé et introduit par le canton de Berne lors des plébiscites des années 70, divisant le Jura une première fois.

L'idée d'un canton unique n'est toutefois pas abandonnée, mais remise à plus tard, lorsque le Jura bernois en aura aussi envie. Les liens et la coopération parviendront à survivre et même à se développer si le «non» l'emporte, estime Victor Giordano. Il ne renonce pas à «un Jura entier», mais veut «un véritable projet d'avenir plutôt qu'un brouet indigeste et dangereux».

(ats)