Rémunérations abusives

09 mars 2011 16:08; Act: 09.03.2011 16:15 Print

Désemparé, Minder critique le Parlement

Thomas Minder, l'auteur de l'initiative populaire «contre les rémunérations abusives», a critiqué mercredi les tergiversations du Parlement.

storybild

Thomas Minder écoute les débats au Parlement. (Photo: Reuters)

Sur ce sujet
Une faute?

Thomas Minder a critiqué mercredi les tergiversations du Parlement après la décision du Conseil national de renvoyer le contre-projet en commission. Mais il n'attendait rien d'autre.

Son initiative fait ainsi un détour supplémentaire et M. Minder compte avec une deuxième prolongation du délai pour traiter son texte, a-t-il confié à l'ATS, après avoir suivi les débats de la matinée au National. Il estime très peu probable que ce «Parlement léthargique» traite encore le projet durant la session d'été.

La conséquence serait donc une seconde prolongation du délai de traitement, a dit l'initiant. Il conserve tout de même un vague espoir: peut-être que le Parlement va sortir de sa torpeur en réalisant qu'il ne peut pas faire avaler au peuple un nouveau report.

Au bout du compte, les deux Chambres ont suffisamment prouvé qu'elles sont incapables de traiter une initiative bien formulée, que ce soit au niveau du contenu ou du temps, critique Thomas Minder. Selon lui, les commissions sont beaucoup trop grandes et plus elles tiennent de séances, plus leurs membres touchent des jetons de présence.


Démocratie détournée

Les élections fédérales de l'automne ne changeront rien à ces faiblesses du système, estime le patron de l'entreprise schaffhousoise de produits cosmétiques Trybol. Pour pallier ce problème, il mise sur une nouvelle initiative qu'il est en train de concocter. Elle exigerait que les initiatives soient soumises au peuple dans un délai d'un an, sans être traitées par le Parlement.

Si son initiative «contre les rémunérations abusives» est soumise un jour au souverain, elle sera acceptée, pense M. Minder. C'est ce qu'indiquent aussi les sondages. Mais si elle passe uniquement pour donner une leçon aux parlementaires de Berne plutôt que pour son contenu, c'est indigne d'une démocratie directe, déplore l'entrepreneur.

En voyant le sort de son initiative, déposée il y a 37 mois, Thomas Minder ne s'étonne pas du mécontentement qui règne envers le monde politique.

(ats)