Tessin

03 décembre 2019 11:50; Act: 03.12.2019 12:37 Print

Devoir à faire à la maison: «Décrivez vos seins»

Un prof de sciences de 60 ans, dont le comportement déplacé choquait ses collègues et les parents d'élèves, a été renvoyé cet automne.

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L'enseignant renvoyé a fait recours, évoquant un «malentendu». (Photo: AFP)

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Devoir à faire à la maison: «Décrire mon sein». Voilà ce qui était écrit dans l'agenda scolaire d'une élève de 13 ans domiciliée dans la région de Bellinzone (TI). L'enseignant à l'origine de cette consigne, un homme de 60 ans qui n'était pas loin de la retraite, a été licencié. Signalé au département de l'Education, de la Culture et des Sports, le professeur a fait recours.

L'affaire est aussi délicate que rare. Selon Tio/20minuti, on compte sur les doigts d'une main le nombre de fois où un enseignant a été renvoyé ces dernières années. La plupart du temps, pour des fautes graves. Que s'est-il donc passé dans cette école tessinoise? Les faits remontent à l'année dernière, mais le licenciement du sexagénaire n'est devenu effectif que cet automne.

«Un malentendu»

En décembre dernier, plusieurs collègues du prof de sciences ont rédigé une lettre anonyme, qui a été transmise au Decs. Dans cette missive, il était question d'un comportement «hostile et fermé» envers le corps enseignant, de méthodes d'enseignement obsolètes et de devoirs «embarrassants pour les filles». C'est ce fameux devoir donné à des jeunes filles de 13 ans qui a été la goutte qui a fait déborder le vase. La consigne donnée aux élèves était de «décrire leurs caractéristiques physiques», y compris, pour les filles, leurs seins.

Cette demande a suscité l'indignation du corps enseignant et des familles: les parents d'une fille, en particulier, ont vivement protesté auprès de l'école. «Cette leçon s'inscrivait dans un cours de génétique. Ce n'était pas la première classe à qui j'ai confié cette tâche, je ne vois rien d'étrange à cela. C'était un malentendu», assure le sexagénaire, qui a fait appel de son licenciement devant le Tribunal administratif cantonal.

L'avocat du prof de sciences juge cette mesure «disproportionnée» selon l'avocat de l'enseignant, qui souligne que quelques mois avant ce scandale, son client avait reçu les félicitations du gouvernement pour ses 35 ans de service. De son côté, le Decs ne fait aucun commentaire.

(joc)