Genève

03 mars 2014 17:23; Act: 03.03.2014 17:28 Print

Didier Burkhalter: «Pas de raison de tout bloquer»

Il n'y a aucune raison de stopper les discussions avec l'Union européenne (UE) à la suite du vote du 9 février sur l'immigration de masse, a affirmé lundi à Genève le président de la Confédération.

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08.02.2015 Le «oui» du peuple et des cantons suisses à l'initiative «contre l'immigration de masse» pèse depuis une année sur les relations entre Berne et l'Union européenne (UE). 10.12 Les ambassadeurs des Etats membres de l'UE ont adopté mercredi les «conclusions» sur les relations avec la Suisse. Les Vingt-Huit estiment que les bilatérales et l'accord de Schengen/Dublin sont menacés par l'initiative «contre l'immigration de masse» et demandent à la Suisse de «respecter ses engagements aux termes de l'accord sur la libre-circulation et des autres accords». 08.12 Les pays de l'UE soutiennent la décision de la Commission européenne de ne pas renégocier l'accord sur la libre circulation avec la Suisse. Selon eux, la mise en oeuvre de l'initiative de l'UDC sur l'immigration de masse menace aussi les Accords bilatéraux I et Schengen/Dublin. 05.03 La Suisse avait décidé d'allouer 306 millions de francs pour sa participation au nouveau programme Erasmus, mais Bruxelles attendait un plus grand investissement, a confirmé mercredi Johann Schneider-Ammann. Après l'acception de l'initiative de l'UDC, Bruxelles a décidé d'écarter la Suisse du programme d'échange d'étudiants «Erasmus plus». 05.03 Le site www.helpline-blocher.org, lancé pour recueillir les messages d'étudiants qui s'estiment pénalisés par le vote du 9 février et ses conséquences sur le programme Erasmus, a déjà recueilli des centaines de témoignages. 03.03 Il n'y a aucune raison de stopper les discussions avec l'Union européenne (UE) à la suite du vote du 9 février sur l'immigration de masse, a affirmé lundi à Genève le président de la Confédération, Didier Burkhalter. 02.03 Johann Schneider-Ammann défend la décision de ne pas intégrer l'UDC au sein du groupe de travail institué pour la mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration de masse. 28.02 Le Conseil fédéral n'a pas intégré l'UDC dans le groupe de travail chargé de mettre en oeuvre l'initiative sur l'immigration de masse, a-t-on appris vendredi. La ministre de justice et police Simonetta Sommaruga ainsi que le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann ont convoqué une rencontre le 13 mars. 27.02 Depuis le scrutin du 9 février, les administrations cantonales romandes enregistrent une hausse des demandes de naturalisations. Dans le canton de Vaud notamment, elles ont passé à 23,3 démarches par jour du 10 au 25 février, alors que leur nombre s'élevait à 15,8 dossiers du 1er janvier au 9 février. 26.02 La Commission européenne a confirmé mercredi que la Suisse ne participerait plus aux programmes «Horizon 2020» et «Erasmus plus» qu'au titre d'Etat tiers. Quelque 10'000 étudiants suisses au total ont bénéficié du dispositif Erasmus entre 2010 et 2013. 21.02.14 «Dorénavant, la zizanie est un luxe», a déclaré vendredi Johann Schneider-Ammann 14.02 Le conseiller d'Etat genevois MCG Mauro Poggia regrette que son parti ait soutenu l'initiative UDC «Contre l'immigration de masse». 13.02.14 Le ministre de l'Economie, Johann Schneider-Ammann, est convaincu que la Suisse trouvera des solutions pragmatiques à la mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration, mais craint toutefois une perte d'attractivité pour les entreprises. 12.02 Le fromage helvétique pourrait faire les frais du vote sur l'immigration, selon les promoteurs d'un des produits symboliques de la Suisse. 12.02 Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, estime que la Suisse a plus à perdre que l'Union européenne. 12.02 Le président du PS Christian Levrat propose d'appliquer l'initiative de l'UDC sur l'immigration de masse dans les cantons où elle a été acceptée. 12.02 L'ambassadeur de l'UE en Suisse, Richard Jones, avertit la Suisse: «Ce n'est pas du bluff. (...) Aucun Etat-membre n'est prêt à faire un trait sur la libre circulation des personnes.» 11.02 «La situation est difficile, mais ce n'est pas la fin du monde», a déclaré mardi Didier Burkhalter, entendu en matinée par la commission de politique extérieure du Conseil national. Pour Micheline Calmy-Rey, c'est une erreur d'uniquement réagir à l'UDC en évoquant une catastrophe sans défendre d'alternative, a-t-elle plaidé mardi à Genève. Il faudra «travailler plus et plus longtemps pour compenser la diminution de l'apport migratoire», prédit l'ancien conseiller fédéral Pascal Couchepin (PLR/VS) dans «Le Temps» de mardi 11.02.2014. A l'image de plusieurs représentants européens de la droite populiste, la présidente du FN Marine Le Pen s'est félicitée du vote des Suisses. «De notre point de vue, le résultat soulève beaucoup de problèmes», a déclaré Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement d'Angela Merkel. Les frontaliers italiens ont exprimé lundi leur inquiétude quant au vote des Suisses sur l'immigration de masse. «Les frontaliers seront mis au même niveau que les migrants clandestins», a regretté Antonio Locatelli, président des frontaliers de la région Verbania-Cusio-Ossola (It). Le député UMP François Fillon estime que le vote des Suisses est «naturel» et qu'il faut s'en inspirer. 10.02.14 Le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius a indiqué lundi que le vote de la veille était une «mauvaise nouvelle à la fois pour l'Europe et pour les Suisses, puisque la Suisse refermée sur elle-même, ça va la pénaliser». La presse européenne se faisait largement l'écho du scrutin lundi, s'interrogeant sur l'avenir des relations de la Suisse avec l'Union européenne. L'hebdomadaire allemand «Die Zeit»: «La Suisse dit «Fuck the EU» «The Independent» relève que le scrutin plonge les relations entre la Suisse et l'UE «dans la confusion». «Les Suisses ne veulent plus de la libre circulation des Européens dans leur pays», a titré le site du «Soir». Pour «Die Welt», la Suisse est «un pays divisé». «La Suisse claque la porte de l'Union européenne» écrit «El Pais». A Berne, quelque 500 à 600 personnes ont manifesté leur désapprobation. Des manifestations spontanées ont eu lieu dans plusieurs villes alémaniques dimanche soir, comme ici à Zurich. Pour Simonetta Sommaruga, «il faut faire vite», le texte fixe un délai de trois ans pour sa mise en oeuvre, tout en laissant de nombreuses questions ouvertes. Les conseillers fédéraux Didier Burkhlater et Simonetta Sommaruga ont pris acte du choix des Suisses. Le texte a été accepté par 50,3% des voix. L'initiative a été soutenue par 1,46 million de personnes. Plus de 1,44 million d'autres ont dit «non». Dimanche 9 février 2014, les Suisses se sont rendus aux urnes pour s'exprimer sur l'initiative UDC contre l'immigration de masse.

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«La Suisse n'a rien changé à l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'UE», a déclaré au Club suisse de la presse Didier Burkhalter. Il a rappelé que trois ans seraient nécessaires pour mettre en place un système de contingents. «Si tout se passe bien, cela permettrait d'être prêt avec les ordonnances d'application début 2017», a-t-il dit.

M. Burkhalter a évoqué un nouveau système de migration dans ses grandes lignes, «très proche de l'accord sur la libre circulation des personnes». «Tout est lié», a-t-il souligné.

«Le Conseil fédéral considère que la meilleure solution, à moyen terme, consiste à maintenir les accords bilatéraux, et même à les rénover et les consolider», a poursuivi le président de la Confédération.

«Cela signifie concrètement le développement d'une solution satisfaisante pour l'intégration de la Croatie, une manière de garantir la non-discrimination», a indiqué le chef du Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).

Aucune raison de stopper

«Nous estimons que la poursuite de l'ensemble des relations bilatérales est souhaitable. Tout ce qui concerne les éléments d'accès au marché doit être poursuivi, y compris le dossier de l'institutionnel», a poursuivi M. Burkhalter.

«Il serait dans l'intérêt commun d'ouvrir le débat sur la question institutionnelle», a-t-il ajouté. «Il n'y a aucune raison de stopper les discussions sur l'accord sur l'électricité, et la même chose pour les accords de coopération», a-t-il dit.

La Suisse n'a rien changé

«Franchement, on ne saisit pas vraiment bien le blocage (de l'UE) sur les accords de coopération. Si on regarde les choses, la Suisse n'a rien changé actuellement à l'accord sur la libre circulation. Sur la Croatie, de toute façon, cela ne change pas grand-chose, car il y aurait eu des contingents avec la Croatie pendant des années», a fait remarquer Didier Burkhalter.

«L'accord sur la recherche en particulier est un accord qui dit clairement que l'Europe veut rester dans le train de la recherche internationale en matière technologique. Et bien, il faut travailler avec les plus forts, il ne faut pas les exclure, la Suisse est à peu près numéro un», a souligné le président de la Confédération.

Et M. Burkhalter d'accuser l'UE de «réagir avec mauvaise humeur sur une décision populaire qui ne lui plaît pas».

Dans le domaine fiscal non plus, il n'y a aucune raison d'arrêter la discussion, que ce soit sur la fiscalité de l'épargne et des entreprises, a encore affirmé le président de la Confédération. Des solutions vont être proposées ces prochaines semaines par le Conseil fédéral sur la Croatie et la recherche, a-t-il indiqué.

(ats)