Suisse

08 avril 2019 19:24; Act: 09.04.2019 11:23 Print

Discrimination: l'UDF a déposé son référendum

Le référendum vise à combattre l'extension de la norme pénale antiracisme à l'orientation sexuelle, «une restriction disproportionnée à la liberté d'expression et de conscience».

Le peuple devra vraisemblablement se prononcer sur l'extension de la loi antiracisme.
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L'Union démocratique fédérale a déposé lundi 70 349 signatures pour son référendum contre la norme antiraciste qui pénalise l'homophobie. Malgré la controverse qui a entaché la récolte de signatures, le peuple devra vraisemblablement se prononcer sur l'extension de la loi antiracisme.

L'UDF était soutenue dans sa récolte de paraphes par les Jeunes UDC et le groupe de travail Jeunesse et famille. Ils voient dans cette extension de la norme pénale antiracisme à l'orientation sexuelle une restriction disproportionnée à la liberté d'expression et de conscience.

Lors de la remise des signatures contre une loi dite de censure, les référendaires ont précisé qu'ils n'ont eux-mêmes rien contre les personnes homosexuelles, «des membres à part entière de notre société», précisent-ils dans un communiqué. «La haine et la discrimination (traitements inéquitables injustifiés) ne doivent pas être tolérées et sont heureusement mal vues et proscrites en Suisse», ajoutent-ils. Mais, selon eux, «cette loi de censure» va trop loin».

À tel point qu'il faut s'attendre à des plaintes absurdes, comme par exemple contre des boulangers qui, pour des raisons de conscience, refusent de faire un gâteau de mariage pour des couples de même sexe, écrit le comité référendaire dans son communiqué.

«Avec l'extension de la norme pénale, curés et pasteurs auront beaucoup de peine à citer des vérités bibliques», a précisé à Keystone-ATS le coprésident du comité et président de l'UDF Hans Moser.

Avec la réforme de la loi, adoptée par le parlement à la session d'hiver, la norme antiraciste sera étendue à la discrimination basée sur l'orientation sexuelle. Elle vise à protéger la communauté homosexuelle, bisexuelle, transgenre ou intersexe (LGBTI). Cette proposition est partie d'une initiative parlementaire du conseiller national Mathias Reynard (PS/VS).

Citoyens «suffisamment adultes»

La campagne de récolte des signatures a soulevé une polémique. Selon Mathias Reynard, une partie des paraphes a été obtenue en présentant le référendum «comme une récolte de signatures pour «lutter contre l'homophobie dans l'armée.»

L'UDF a rejeté les accusations et parle de cas isolés. Elle souligne que le parti ne peut pas contrôler qui convainc les gens et avec quels arguments. Il est «impossible d'exclure que de fausses collectes soient effectuées durant une collecte de signatures», mais «les citoyens sont suffisamment adultes pour réagir en signalant les abus», précise le parti sur son site internet.

(nxp/ats)