Fusillade à Zurich

04 juillet 2014 15:24; Act: 05.07.2014 08:51 Print

Dix ans après, le drame résonne encore

Il y a dix ans, un conseiller de la Banque cantonale zurichoise a tiré sur deux de ses supérieurs avant de se suicider. Depuis la firme a modifié sa formation et sa communication.

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Après avoir tiré sur ses deux supérieur, le tireur est remonté directement dans son bureau où il a fini par retourner l'arme contre lui. (Photo: Keystone)

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La fusillade à la Banque cantonale zurichoise ayant fait trois morts remonte au 5 juillet 2004. Lundi matin, huit heures. Pour la plupart des employés, la semaine démarrait, semblable aux autres. Pas pour ce gestionnaire de fortune de 56 ans. A bord de sa smart rouge, en tenue décontractée, armé d'un pistolet militaire, il est venu au travail à dessein de tuer. La suite, c'est la police cantonale zurichoise qui la relate aux journalistes: l'homme monte au troisième étage de la succursale de Tessinerplatz, s'introduit dans une salle de réunion où trois responsables tiennent leur séance journalière et tire.

Il vise d'abord son supérieur, le chef du département de planification et conseils financiers. Une balle dans la tête, il mourra à l'hôpital.

Le pistolet s'enraye, les deux autres personnes présentes dans la salle tentent de s'échapper. L'un parvient à se réfugier dans un bureau attenant. L'autre, le chef adjoint du département, est abattu de deux balles dans la tête, par derrière, alors qu'il prenait la fuite par le couloir.

Le tireur monte ensuite directement dans son bureau, au quatrième étage, où il retourne l'arme contre lui. Ce jour du 5 juillet 2004 aura été le dernier pour ces trois hommes.

Formés à gérer les conflits

Durant des années, la Banque cantonale de Zurich a commémoré ces événements. Ces hommages ne se déroulent plus de manière officielle aujourd'hui. «Spontanément, chaque jour anniversaire, une pensée se dirige aux victimes et à leurs familles, avant tout de la part des collaborateurs en poste au moment des faits», précise Igor Moser, porte-parole de la BCZ.

Le drame demeure plus ou moins présent dans le quotidien de l'entreprise, indique la BCZ. En dix ans, beaucoup de changements surviennent, des employés partent, d'autres arrivent. Certaines adaptations ont été apportées. L'homme qui a pu échapper aux tirs a, lui, quitté l'établissement il y a quelques années.

Un conflit de travail. Tel était le mobile du crime avancé alors par la police. «Un mélange de blessures personnelles, de pression au travail et d'une incapacité à communiquer», thèse formulée par celui qui dirigeait alors la banque, Hans Vögeli. A l'issue d'une enquête interne, quelques mois plus tard, la banque a pris des mesures pour éviter un nouveau drame.

La gestion de conflits a été intégrée au cursus interne de formation continue. «Après la fusillade, tous les collaborateurs de la Banque cantonale de Zurich ont été formés à surmonter les tensions», indique Igor Moser.

Ils ont appris à trouver des solutions constructives, en cas de désaccords. Au menu également, des conseils sur l'attitude à adopter lors de situations délicates, en matière de communication et de sociabilité, des thèmes aujourd'hui encore essentiels dans la formation des cadres à la BCZ.

Trouver de l'aide à l'externe

Des recommandations et des directives particulières existent en cas d'entretiens d'évaluation du personnel difficiles. «Avec la possibilité, selon la situation, de faire appel à des consultants externes, de manière anonyme et confidentielle», explique M. Moser. Le réseau de conseillers s'est d'ailleurs étendu depuis.

Les commentaires sont plus rares sur d'éventuels changements dans la manière de communiquer à l'interne. Les cultures changent constamment, les influences sont multiples, indique seulement la banque. Elle tire un bilan positif du dernier sondage mené auprès de ses employés. Les collaborateurs sont satisfaits de leurs supérieurs, souligne le porte-parole. En revanche, pas un mot ne filtre sur d'éventuelles modifications du dispositif de sécurité.

(ats)