Conseil fédéral

30 novembre 2016 11:41; Act: 02.12.2016 15:03 Print

Doris Leuthard sera à nouveau présidente

La conseillère fédérale argovienne sera élue une nouvelle fois à la tête du gouvernement le 7 décembre.

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Doris Leuthard, 53 ans, sera à nouveau présidente de la Confédération l'an prochain. Elle succédera à Johann Schneider-Ammann après son élection le 7 décembre prochain. Elle est aujourd'hui la doyenne du Conseil fédéral. Doris Leuthard a accédé au Conseil fédéral le 14 juin 2006, succédant ainsi au Fribourgeois Joseph Deiss. Elle avait été élue au premier tour déjà, devenant la 5e ministre femme dans la Confédération. En tenue de supporter à l'occasion du match de la Coupe du monde entre la Suisse et la France le 13 juin 2006. En 2007, avec Bill Gates, lors du Forum économique de Davos, rendez-vous incontournable pour la ministre, alors en charge de l'économie. En 2007, en Chine, dans le centre de recherches pour pandas géants à Chengdu. En 2007, promenade dans le Hanoï traditionnel, au Vietnam. Visite en 2007 de l'usine Holcim près de Ho Chi Minh Ville, au Vietnam. Visite d'une usine pharmaceutique au Mexique en 2008. Première séance du Conseil fédéral avec Doris Leuthard en tant que présidente le 13 janvier 2010. Avec Angela Merkel, en avril 2010. Visite d'un site de production d'ABB en avril 2010. Visite d'un site de production d'ABB en avril 2010. Avec le pape Benoît XVI au Vatican en mai 2010. Avec le pape Benoît XVI au Vatican en mai 2010. En costume traditionnel lors d'une fête folklorique à Schwyz en juin 2010. Doris Leuthard emmène le Conseil fédéral à vélo en Argovie, lors de la traditionnelle course d'école de son année présidentielle. Toute d'or vêtue pour le Léopard d'or à l'occasion de l'ouverture du festival de Locarno en août 2010. A Sotchi, en Russie, en compagnie du président Medvedev en août 2010. Le lendemain, en tenue de protection pour visiter une cave à fromages dans le canton d'Obwald. En septembre 2010, elle s'exprime devant l'assemblée de l'ONU à New York, juste devant le président, son prédécesseur au Conseil fédéral Joseph Deiss. Le traditionnel porter du cochon, à la foire OLMA à St-Gall en octobre 2010. Très en beauté en tenue de gala au bras du roi Harald de Norvège, à Oslo, en octobre 2010. Derrière l'époux de la ministre est au bras de la reine Sonja. Sommet de la Francophonie à Montreux en octobre 2010, l'occasion d'une rencontre avec Nicolas Sarkozy, alors président de la France. Rencontre avec le Premier ministre britannique David Cameron à Zurich, en décembre 2010. Le 27 septembre 2010, à la suite de l'élection de Simonetta Sommaruga et de Johann Schneider-Ammann au Conseil fédéral, elle se voit attribuer le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication. Près des Diablerets en juillet 2012, pour une marche en compagnie d'un éleveur de moutons et de chiens de protection des troupeaux. Le Conseil fédéral quasi in corpore entre Erstfeld et Sedrun, sur le cnantier de NLFA, en septembre 2012. En tenue de gala, avec son époux Roland Hausin, à l'occasion de la réception pour le président sud-coréen en janvier 2014. Casque vissé sur la tête, Doris Leuthard répond inlassablement à la presse pour une conférence de presse en vue du FOnds routier FORTA en mai 2014. En janvier 2016, avec la directrice du FMI Christine Lagarde, à l'occasion du Forum de Davos. Cornes «sataniques» et perfecto de cuir noir à l'occasion d'un concert d'AC/DC en juin 2016 à Berne, en compagnie de l'ancien président du PLR Philippe Müller. A Abu Dhabi, en juillet 2016, pour l'atterrissage de l'avion solaire Solar Impulse, avec Bertrand Piccard, le prince Albert de Monaco et André Borschberg.

Une faute?

Doris Leuthard, 53 ans, sera à nouveau présidente de la Confédération l'an prochain. Elle succédera à Johann Schneider-Ammann après son élection le 7 décembre prochain. Et c'est la seconde fois qu'elle accède à cette fonction. Elle avait en effet déjà été élue pour l'année 2010, devenant ainsi la première femme alémanique à ce poste.

Cette nouvelle présidence pourrait être l'apogée de la carrière de cette démocrate-chrétienne populaire et déterminée, qui restera dans l'Histoire comme la ministre qui a lancé la sortie du nucléaire.

L'Argovienne pourrait en effet quitter le gouvernement après son mandat présidentiel. Quitte à se brûler les doigts, la conseillère fédérale a ouvert gros chantier sur gros chantier depuis son arrivée à la tête du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC).

Lorsque l'ancienne ministre de l'économie a repris fin 2010, au nez et à la barbe du PS, les rênes de ce dicastère, les critiques pleuvaient dans le camp rose-vert. On lui reprochait de n'être que le commis voyageur d'economiesuisse.

Sortie de l'atome

Soupçonnée aussi d'être l'alliée du lobby nucléaire, l'Argovienne a fait mentir ces augures en portant la décision de renoncer à l'atome, juste après la catastrophe de Fukushima et avant les élections fédérales de 2011.

La nouvelle stratégie énergétique que le Parlement a finalement adoptée non sans anicroche devra encore passer le cap d'une votation populaire, l'UDC ayant lancé le référendum. En attendant, la ministre de l'énergie a su convaincre la population de ne pas suivre la gauche et de rejeter les initiatives pour une économie verte et pour une sortie accélérée du nucléaire.

Profil particulier

La politicienne au profil particulier - une libérale ni chrétienne sociale ni catholique conservatrice - a trouvé des soutiens à géométrie variable au Parlement. Elle s'est battue contre la gauche pour décrocher en votation populaire un deuxième tunnel routier au Gothard. En attendant qu'il soit creusé, elle s'est rendue sur le site pour inaugurer non sans émotion le plus long tube ferroviaire du monde.

Et c'est contre la droite et le lobby routier que la conseillère fédérale a dû lutter pour repousser l'initiative dite de la vache à lait. Le financement des transports est un de ses grands chantiers. La solution pour le rail a passé le cap des urnes. L'équivalent routier FORTA devra passer le 12 février en votation.

Quelques échecs

On reproche à la démocrate-chrétienne de se montrer assez inflexible après avoir concocté des paquets bien ficelés. Elle a ainsi échoué devant le peuple avec son projet d'augmenter le prix de la vignette de 40 à 100 francs pour financer certains tronçons routiers.

L'acceptation contre son gré de l'initiative populaire de Franz Weber limitant les résidences secondaires lui a donné beaucoup de fil à retordre. Il a fallu un accord entre Vera Weber et la droite pour sortir le dossier de l'ornière.

L'Argovienne a dû subir les foudres du Valais, où son parti le PDC est roi, lors de la votation sur la nouvelle réglementation concernant les zones à bâtir. Elle est passée à deux doigts de la déconfiture avec la généralisation de la redevance radio/TV.

Manque de flair

Certains lui reprochent d'avoir manqué de flair politique, notamment en n'anticipant pas le débat sur le service public. Doris Leuthard devra affronter les foudres de la droite au National l'an prochain.

Reste à savoir si elle sera encore au Conseil fédéral lorsque le peuple se prononcera sur l'initiative pour la suppression de la redevance. Il est en revanche plus ou moins sûr qu'il reviendra à son successeur de finaliser l'ouverture totale du marché de l'électricité et la taxation de la mobilité.

Charme, humour et tempérament

La ministre, qui se passe parfois de venir commenter une décision devant la presse, sait défendre ses positions avec charme, humour et tempérament. En plus du français, elle s'exprime volontiers en italien ou en anglais.

Didactique, la conseillère fédérale ne sombre pas dans la langue de bois. Elle n'hésite pas à rappeler ses anciens collègues du Parlement à leur responsabilité. Elle s'est souvent adressée à eux sans détour ni notes écrites. «Vous pourrez peut-être l'éviter si vous supprimez la nature, mais c'est comme ça: les animaux mangent des animaux», a-t-elle lancé lors d'un des innombrables débats sur le loup.

Un fou-rire mémorable

Lors de la session de printemps 2010, Doris Leuthard s'était mise à rire lors de ses explications suite à une question d'un député UDC portant sur les 20 francs versés à l'association équestre par cheval examiné dans le cadre des épreuves de productivité.

Des détracteurs quand même

Mais lorsqu'elle était au département de l'Economie, ses détracteurs ont souvent eu la dent dure. Lors de la campagne sur l'initiative demandant d'interdire les exportations du matériel de guerre, la Jeunesse socialiste l'a montrée les mains ensanglantées sur une affiche.

Et son charisme n'est pas allé sans provoquer quelques grincements. Lorsqu'elle a annoncé être prête à renoncer à 10% de son salaire annuel de 400'000 francs pour fournir un emploi à un chômeur, certains ont critiqué un coup médiatique populiste.

(nxp/ats)