Journée de la bonne action

20 mai 2019 09:16; Act: 20.05.2019 11:45 Print

Elle a renoncé à tout pour le bien des animaux

par Bettina Zanni/cam - La militante pour le droit des animaux Esther Geisser est très engagée en faveur du bien-être des chats. Mais elle a dû faire des sacrifices personnels pour cela.

Sur ce sujet
Une faute?

Une fois de plus, Esther Geisser est très remontée. Le Gouvernement australien prévoit de tuer quelque deux millions de chats errants d'ici à 2020 afin de protéger les espèces indigènes. «Cette manière de faire me met en colère. Bien que la castration soit depuis longtemps une méthode respectueuse des animaux, ils préfèrent les tuer», déplore la militante dans son bureau à Esslingen (ZH).

La chatte Sima, sauvée alors qu'elle ne pesait que 700 grammes, se blottit dans son petit lit sur son bureau. Pendant un court instant, la colère disparaît des yeux d'Esther: «Pour Sima, la vie est une partie de plaisir. Elle me procure beaucoup de joie.»

«Ne rien lâcher jusqu'à ce que nous ayons attrapé tous les chats»

En Suisse aussi, il y a un vrai problème, selon Esther Geisser. Depuis des décennies, et depuis 2008 en tant que présidente de l'association de défense des animaux Network for Animal Protection (Netap), elle se bat pour la dignité des chats, entourée de nombreux bénévoles. Dans les fermes ou encore dans les jardins, ils se chargent de capturer les chats errants et non castrés.

«Nous ne lâchons rien jusqu'à ce que nous ayons attrapé tous les chats d'une colonie», explique l'Alémanique. Son association a déjà stérilisé plus de 10'000 félins à travers toute la Suisse et 110'000 au niveau international, chats et chien confondus.

En 2018, Esther Geisser a lancé une pétition qui a récolté plus de 115'000 signatures. Le texte demande une obligation de castrer/stériliser tous les chats autorisés à sortir. «La Suisse pourrait montrer l'exemple en instaurant une telle obligation.» Pour l'heure, seuls 58 parlementaires soutiennent sa pétition. Pas de quoi décourager la protectrice des animaux. Elle envisage de lancer une initiative populaire si le monde politique ne s'active pas enfin.

Elle a sacrifié sa carrière

Tout au long de sa vie, Esther Geisser a dû faire de nombreux sacrifices pour venir en aide aux animaux. Elle a ainsi renoncé à faire des études en médecine vétérinaire afin d'avoir suffisamment de temps pour s'engager bénévolement dans différents projets. «J'aurai aimé devenir vétérinaire, mais cela demande davantage d'années d'étude que le droit. Et avoir des connaissances de droit est également très utile pour défendre les animaux.»

Elle a aussi renoncé à son poste de cheffe du personnel d'une entreprise financière internationale pour venir en aide «aux membres les plus faibles de notre société». En 2014, elle a finalement décidé de se consacrer pleinement à Netap. «J'ai troqué mes talons aiguilles contre des bottes en caoutchouc.»

Jamais de pause

Désormais, sa vie tout entière tourne autour des animaux. «Mes dernières vraies vacances remontent à huit ans.» Esther Geisser explique qu'elle a toujours su que sa vie aller prendre une telle tournure. «À l'âge de 5 ans, j'ai compris que la viande ne poussait pas sur les arbres. C'est à ce moment-là que j'ai arrêté d’en manger.» Et c'est à l'âge de 7 ans qu'elle a sauvé son premier chaton, trouvé dans l'enceinte d'une ferme. «L'agricultrice m'a dit que le chaton allait être noyé comme tous les autres si son mari le trouvait. Je l'ai donc pris avec moi.»