Justice

22 février 2011 10:50; Act: 22.02.2011 11:03 Print

Elle déleste son mari de 2,5 millions

Une paysanne lucernoise, dépendante aux jeux d’argent, a dépouillé son mari parce qu’il était pingre. Elle risque la prison, mais son époux l’aime toujours.

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Interpol a recherché Hanni S. jusque sur l’île de Bali. Elle avait détourné des millions sur le compte de son mari. (Photo: dr)

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Hanni S.* n’a pas froid aux yeux. Parce qu’elle ne supportait plus la pingrerie de son mari, cette paysanne lucernoise de 59 ans a quitté le domicile conjugal pour s’enfuir à Bali, en mai 2008. Dans une lettre d’aveux à son mari Fritz, expédiée de Singapour, la femme avoue être devenue dépendante aux jeux d’argent, ce qui l’a poussée à falsifier des signatures pour accéder à la fortune fraîchement acquise par Fritz et son frère.

Tout débute en 2005, lorsque Hanni remporte le jackpot au casino, ce qui lui rapporte 465'134 francs. Rebelote en mars 2006. L’ancienne téléphoniste encaisse la coquette somme de 253'898 francs. Tout cet argent ne disparaît pas systématiquement dans de nouvelles mises. Pour que les vieux animaux qu’elle héberge chez elle soient bien soignés, Hanni engage du personnel, mais elle ment à son mari en lui racontant qu’il s’agit de volontaires.

Entre-temps, Fritz et son frère ont réussi à vendre du terrain à construire pour 3,7 millions de francs, en novembre 2006. Cette richesse fraîchement acquise ne change en rien les habitudes spartiates et très économes du paysan lucernois. Sa femme en souffre. Elle est en manque de liquidités et décide de s’attaquer à ce pactole en falsifiant des signatures, rapporte le «Blick». Or l’argent sur le compte de Fritz et de son frère commence à diminuer de façon suspecte, ce qui incite la banque à convoquer Fritz et son frère pour un entretien, début mai 2008. Ce jour-là, Hanni empoche 50'000 francs et s’envole pour Singapour. On ignore si Hanni va subir un traitement médical contre la dépendance à l’argent. Quant à Fritz, il avoue humblement encore aimer sa femme, malgré tout.

Vendredi dernier, Hanni comparaissait devant ses juges. La procureure générale exige une peine de deux ans et neuf mois, partiellement avec sursis. Le jugement tombera plus tard.

*Nom connu de la rédaction

(rga)