23 août 2006 23:26; Act: 23.08.2006 20:51 Print

Elle meurt sous les coups de son mari, pour «l’honneur»

Elle refusait de voiler son visage. Elle est morte, en juillet 2006, sous les coups de son mari. Cela s’appelle un «crime d’honneur».

Une faute?

Le mari, un Pakistanais de 24 ans, a été inculpé de meurtre par le Ministère public tessinois. Selon l’acte d’accusation paru hier dans plusieurs médias du Tessin, l’accusé n’aurait pas supporté le mode de vie occidental de sa femme, une Suissesse d’origine pakistanaise de quatre ans sa cadette.

Celle-ci s’efforçait en outre de trouver un emploi. L’homme aurait donc agi pour sauver l’honneur de sa famille. Deux jours avant le drame, il a acheté un marteau d’un demi-kilo, qu’il a utilisé pour frapper au moins quatre fois son épouse alors qu’elle dormait. Il s’est ensuite automutilé au moyen d’un couteau. En sang, il a averti ses voisins qui ont appelé la police.

L’homme a prétendu que sa femme l’avait agressé et qu’il avait dû se défendre. Des explications rejetées par le ministère public. Le meurtrier présumé devrait comparaître prochainement devant le Tribunal de Bellinzone pour meurtre, a confirmé hier à l’ATS un porte-parole du ministère public.

Selon Amnesty International, des milliers de femmes et de filles meurent ou sont mutilées, chaque année, par des membres de leur famille, au nom de l’honneur. Il s’agit de les punir, notamment pour une relation illicite, réelle ou supposée. Ce peut être une simple discussion avec un voisin de sexe masculin. Le Pakistan, la Jordanie ou la Turquie, notamment, connaissent ce genre de pratiques.

ert/ats